26 juillet 2014

Agression israélienne contre Gaza: Ne laissons pas les crimes de guerre impunis!

Communiqué d'Ensemble!

(...) Au lieu de condamner des actes aussi odieux, la France choisit au contraire d'interdire une fois de plus de manifester à Paris samedi 26 juillet sa solidarité avec les victimes des bombes et de la colonisation. C'est la preuve que contrairement à leurs déclarations, Hollande et Valls choisissent leur camp, celui de la guerre du plus fort contre le plus faible. On n'avait jamais connu une telle position de la France sur la situation au Proche-Orient.
Et qu'on ne parle pas de « débordements » ou d'antisémitisme! La manifestation de mercredi 23 juillet s'est très bien déroulée. Celle de samedi doit être autorisée.
Ensemble! appelle le mouvement de solidarité avec la Palestine à rester uni dans la mobilisation.
C'est ainsi que nous éviterons toute récupération par des forces fascistes ou antisémites bien connues, qui n'ont rien à voir avec la cause du peuple palestinien ni avec les forces éprises de justice et de paix.
Nous serons dans la rue samedi 26 juillet à 15h Place de la République. 

22 juillet 2014

Les manifestations pour la Palestine continuent

Manifestation mercredi 23 juillet à 18h30 

de Denfert-Rochereau à Invalides

Le bom­bar­dement intensif de Gaza depuis 13 jours, avec plus de 3 000 raids aériens, a causé la mort de plus de 350 Pales­ti­niens, blessé plus de 2 500 autres et détruit des cen­taines d’habitations. Le bilan s’alourdit à chaque heure avec le début de l’offensive ter­restre qui a com­mencé jeudi 17 juillet. Même le domicile du Chef de l’antenne consu­laire fran­çaise à Gaza a été bombardé.

Col­lectif National pour une Paix Juste et Durable entre Israé­liens et Palestiniensmercredi 23 juillet 2014

Une nou­velle fois le pouvoir israélien déclenche un déluge de feu sur Gaza, au pré­texte de tirs de roquettes, mais avec pour objectif avoué de mettre fin au gou­ver­nement pales­tinien d’entente nationale, condition pourtant néces­saire à tout progrès vers une paix juste. Devant cette situation dra­ma­tique, les gou­ver­ne­ments occi­dentaux se can­tonnent une nou­velle fois à "dénoncer l’engrenage de la vio­lence" sans désigner le res­pon­sable de cette nou­velle tra­gédie, et appelant seulement le gou­ver­nement israélien à la "retenue". Le pré­sident François Hol­lande est même allé jusqu’à cau­tionner l’agression d’Israël contre la popu­lation de Gaza en déclarant, lors de son entretien télé­pho­nique avec Ben­jamin Neta­nyahou le 9 juillet dernier, qu’il appar­tenait au gou­ver­nement israélien de prendre toutes les mesures pour pro­téger la popu­lation face aux menaces"

L’Union euro­péenne dis­po­serait d’un moyen simple : la sus­pension de l’accord d’association avec Israël qui accorde des avan­tages éco­no­miques à ce pays. Cet accord est condi­tionné par le respect des droits humains, ce qui n’est pas le cas avec la colo­ni­sation et l’existence du mur qui sont illégaux selon le droit inter­na­tional.

Pour dénoncer cette pas­sivité cou­pable de nos gou­ver­nants, et obtenir des actions concrètes de la France auprès du pouvoir israélien et du Conseil de sécurité, le Col­lectif National pour une Paix Juste et Durable entre Pales­ti­niens et Israé­liens* appelle tous les mili­tants à manifester

mercredi 23 juillet à 18h30 de Denfert à Invalides

Pour l’arrêt immédiat des bom­bar­de­ments sur Gaza
Pour l’arrêt de l’agression israé­lienne en Cis­jor­danie et à Jéru­salem
Pour la levée du blocus, illégal et cri­minel, de Gaza
Pour des sanc­tions immé­diates contre Israël jusqu’au respect du droit inter­na­tional
Pour le soutien au peuple pales­tinien et au gou­ver­nement d’entente nationale 

La cause pales­ti­nienne n’a rien à voir avec l’extrême droite et n’accepte aucun soutien de leur part

*Agir Contre le Colo­nia­lisme Aujourd’hui (ACCA) - Alliance for Freedom and Dignity (AFD) - Alter­native Liber­taire (AL) - Amé­ri­cains contre la guerre (AAW) - Asso­ciation des Tra­vailleurs Magh­rébins de France (ATMF) - Asso­ciation des Tuni­siens en France (ATF) - Asso­ciation France Palestine Soli­darité (AFPS) - Asso­ciation Nationale des Elus Com­mu­nistes et Répu­bli­cains (ANECR) - Asso­ciation pour la Taxation des Tran­sac­tions finan­cières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) - Asso­ciation pour les Jume­lages entre les camps de réfugiés Pales­ti­niens et les villes Fran­çaises (AJPF) - Asso­ciation Répu­bli­caine des Anciens Com­bat­tants (ARAC) - Asso­ciation Uni­ver­si­taire pour le Respect du Droit Inter­na­tional en Palestine (AURDIP) - Cam­pagne Civile Inter­na­tionale pour la Pro­tection du Peuple Pales­tinien (CCIPPP) - Cedetim / IPAM - Col­lectif des Musulmans de France (CMF) - Col­lectif Faty Koumba - Col­lectif inter­uni­ver­si­taire pour la coopé­ration avec les Uni­ver­sités Pales­ti­niennes (CICUP)- Col­lectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP) - Comité de Vigi­lance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) - Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) Confé­dé­ration Générale du Travail (CGT) – Confé­dé­ration pay­sanne - Droit-Solidarité – Ensemble - Europe Eco­logie les Verts (EELV) – Fédé­ration des Tuni­siens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Fédé­ration Syn­dicale Uni­taire (FSU) - Gauche Uni­taire (GU) - Géné­ration Palestine - La Courneuve-Palestine - le Mou­vement de la Paix – les Alter­natifs - les Femmes en noir - Ligue des Droits de l’Homme (LDH) - Ligue Inter­na­tionale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section fran­çaise de la Women’s Inter­na­tional League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL) - Mou­vement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) - Mou­vement Jeunes Com­mu­nistes de France (MJCF) - Mou­vement Poli­tique d’Emancipation popu­laire (M’PEP) - Orga­ni­sation de Femmes Egalité – Nouveau Parti Anti­ca­pi­ta­liste (NPA) - Parti Com­mu­niste des Ouvriers de France (PCOF) - Parti Com­mu­niste Français (PCF) - Parti de Gauche (PG) - Par­ti­ci­pation et Spi­ri­tualité Musul­manes (PSM) - Une Autre Voix Juive (UAVJ) - Union des Tra­vailleurs Immigrés Tuni­siens (UTIT) - Union Générale des Etu­diants de Palestine (GUPS-France) - Union Juive Fran­çaise pour la Paix (UJFP) - Union Nationale des Etu­diants de France (UNEF) - Union syn­dicale Solidaires

20 juillet 2014

Quand un gouvernement dit 'socialiste' interdit des manifestations de solidarité avec la Palestine ...

... comme à Barbès et à Sarcelles cela provoque forcément des 'troubles à l'ordre public'.

Communiqué du NPA



Communiqué d'Ensemble!

Amplifier la solidarité avec le peuple palestinien, Défendre le droit de manifester

La guerre engagée par le gouvernement israélien contre le peuple palestinien fait chaque jour de nouvelles victimes.
Ce conflit meurtrier doit cesser, ce qui suppose l’arrêt des bombardements, la fin du blocus qui asphyxie Gaza depuis  7 ans, la libération des prisonniers palestiniens, l’arrêt et le démantèlement des colonies israéliennes en territoires occupés, l’arrêt du pillage des ressources palestiniennes...
Le soutien affiché de François Hollande à l’agression israélienne est inacceptable.
Ensemble! dénonce la volonté du gouvernement Valls de restreindre l'expression de la solidarité avec le peuple palestinien. 
Si les menaces pesants sur la manifestation de samedi étaient confirmées, ce serait un précédent d'une extrême gravité, une atteinte intolérable au droit de manifestation.
Ensemble!, membre du Front de Gauche, appelle à participer aux manifestations organisées dans les différentes régions en solidarité avec le peuple palestinien et participera à la manifestation parisienne le samedi 19 juillet.

Moi sur Facebook:

Hollande bans demonstrations in Paris and the multicultural suburb of Sarcelles against Israeli aggression in Gaza, and thousands demonstrate anyway, despite police provocation and complicity with violent fascist organisations like the Jewish Defence League (think English Defence League). Many tens of thousands of others were deterred or unable to attend (like me) - but we now know that Hollande, his right-wing prime minister Valls and interior minister Cazeneuve, are mere 'paper tigers'. Another nail in the coffin of Hollande's (and his government's) credibility, after their repeated capitulations to France's employers' organisations. This is truly a lame-duck' government - but a dangerous one.

Après l'interdiction de la manif de solidarité avec la Palestine, il faut que tous les militant-e-s à peu près de gauche du PS se posent la question de démissionner en bloc de ce parti dont l'appareil soutient à fond l'Etat terroriste d'Israël et couvre les agissements des groupes extrémistes pro-isréliens en France. Pas de demi-mesures ni d'excuses, ni de déclarations ambigües qui ne sont qu'un moyen de ne pas prendre position. Le problème n'est évidemment pas Hollande ou Valls, aussi coupables soient-ils, mais de toute la direction politique du PS. Et cela vaut aussi bien en politique économique et sociale qu'en poltique extérieure.

Paris, France

Communiqué

Malgré la dure répression ordonnée par Hollande 10 000 manifestants à Paris ce Samedi 19 juillet

Le président Hollande a déclaré aujourd’hui : « Ceux qui veulent à tout prix manifester en assumeront la responsabilité ». En nous mobilisant massivement, nous lui avons répondu : « Ceux qui veulent à tout prix user d’un droit démocratique fondamental ne céderont pas à vos menaces ».

Dès 14h, des centaines de manifestants ont répondu à l’appel des organisations palestiniennes et solidaires, bravant ainsi l'interdiction maintenue malgré nos recours juridiques et les appels nombreux qui jusqu’au sein du PS demandaient au gouvernement de cesser de se baser sur les mensonges de la LDJ pour attenter aux libertés publiques.
A 15h, plusieurs milliers de manifestants avaient rejoint le carrefour Barbès bouclé par un dispositif policier massif. Les manifestants venant de Gare du Nord ont été refoulés par les forces de l’ordre sur le boulevard Magenta, ce qui a vite créé un attroupement sur le parvis de la Gare.
A 16h, le paroxysme de cette journée de mobilisation populaire en soutien à la résistance palestinienne a été atteint : au moins 7000 personnes à Barbès, 1000 à la Gare du Nord et, en comptant les très nombreuses personnes empêchées de rallier les lieux de rassemblement, nous estimons à 10 000 le nombre total de personnes qui ont bravé la répression aujourd’hui.

Dans ces conditions, à Barbès, la tension est vite montée suite au bouclage de toutes les issues. Les personnes souhaitant quitter le rassemblement en ont été empêchées par les barrages policiers. Un sit in a été organisé, très vite pris pour cible par les tirs de flashball, de grenades lacrymogènes et grenades vomitives. Au moins 20 manifestants blessés et souffrant de troubles respiratoires, notamment des femmes et des enfants, ont été décomptés par les organisateurs. A ce stade, malgré les appels au calme répétés des manifestants, la tension est montée et l’escalade s’est poursuivie dans les heures suivantes.

A Gare du Nord, le rassemblement s’est déroulé de façon plus calme. Sans surprise, la police a réservé un traitement plus violent aux habitants du quartier populaire de Barbès, alors que la présence de nombreux touristes à Gare du Nord semble avoir favorisé une relative retenue ; cela rappelle les plus sombres heures de l’ère coloniale. Le rassemblement à Gare du Nord a été dissout à 17h15 ;un peu avant un cortège de 200 personnes avait réussi à rejoindre Barbès. Pendant ce temps, un millier de personnes ont réussi à trouver une issue au quadrillage policier de Barbès, et sont allés en manifestation spontanée défilant du boulevard Magenta à Châtelet, avant de se disperser dans le calme à 18h15. Ceci atteste qu’il était parfaitement possible qu’une manifestation ait lieu à Paris ce jour, comme partout en France. C’est la décision politique, pour ne pas dire idéologique, du gouvernement usant d’une violence disproportionnée qui a créé les conditions des troubles à l’ordre public, dont le gouvernement porte donc la totale responsabilité.

Nous restons mobilisés pour obtenir la libération de nos jeunes camarades interpellés. Notre vigilance est accrue après la condamnation d’un jeune à 4 mois de prison ferme la semaine dernière.

Nos mots d’ordre restent clairs : nous continuerons de nous battre pour pouvoir exprimer notre soutien à la lutte du peuple palestinien, et appelons d'ores et déjà à une manifestation nationale samedi 15h place de la République à Paris

Manifestation masssive à Londres

A cry of rage for Gaza fills the streets of London

Vidéo de la manifestation à Londres. A 3min 08 sec les manifestants s'arrêtent devant l'ambassade française pour protester contre l'interdiction des manifestations à Paris, Sarcelles et Toulouse.

Communiqué de presse de 6 députés socialistes contre l'interdiction de la manifestation parisienne: Nous, députés, pensons que les soutiens à la Palestine ont le droit de manifester samedi à Paris!

29 juin 2014

Du neuf à gauche ... vite !

Dimanche 25 mai, le résultat des élections européennes a été un jour de cauchemar politique pour des millions de salariés et de jeunes. Le Front National à 25%. Quelques jours auparavant, Jean-Marie le Pen affirme que face à l’«explosion démographique» et à l’ «invasion migratoire» qui soi-disant menaceraient l’Europe, «Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois». Rappelons qu’Ebola est un virus mortel foudroyant qui sévit en Afrique et touche de façon extrêmement violente des milliers de personnes. Une façon comme une autre pour Jean marie Le Pen d’appeler au génocide des africains. 

Ces propos scandaleux passent quasiment inaperçus dans le brouhaha médiatique. Et le Front National, qui sort en tête des élections européennes, se présente maintenant comme une force politique capable d’arriver au pouvoir lors de l’élection présidentielle de 2017… Quelques jours après, le grand déballage Bygmallion des surfacturations de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 alimente un peu plus la crise politique et le désaveu massif des citoyens envers les partis politiques. 

A gauche, les électeurs ont massivement déserté les urnes. Ce qui se traduit par un effondrement brutal du parti socialiste, première force politique responsable de la politique pro-patronale et ouvertement libérale de François Hollande et Manuel Valls qui est largement rejetée par les classes populaires. Mais sans qu’une alternative à gauche n’émerge pour le moment, ni du côté d’Europe Ecologie/Les Verts, ni du côté du Front de Gauche, et encore moins de l’extrême gauche.

Le Front de Gauche, représenté par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2012, et dont Ensemble ! est partie prenante a été trop divisé ces derniers mois pour être véritablement crédible. Il y a urgence à ouvrir une nouvelle page du Front de Gauche, à en faire une force politique porteuse de propositions, qui agisse en permanence aux côtés de ceux qui luttent dans les quartiers et les entreprises, qui soit une force de rassemblement des forces de gauche et écologistes opposées à la politique de Valls et Hollande.

Editorial de La Tulipe Rouge (n° 3, juin 2014)

20 juin 2014

Ensemble! et la lutte contre l'extrême-droite

Un compte-rendu complet de la réunion du Collectif national d'Ensemble! qui a eu lieu les 14-15 juin à Saint-Denis: 

Compte-rendu du CN d'Ensemble! des 14-15 juin 2014 par Ingrid Hayes


Et voici un extrait auquel je voudrais réagir :


(...) On ne s’étonnera pas que le Front National ait été au cœur des débats, qu’il s’agisse de sa nature (nature réelle, nature telle que perçue par la grande masse de la population), de la possibilité et des modalités de son accession au pouvoir ou, côté travaux pratiques, des moyens de s’opposer à lui et de le faire reculer. La ligne social-raciste qu’il développe aujourd’hui traduit-elle un changement de nature ? Quelles possibilités lui offre aujourd’hui, en perspective, le cadre de la Ve République ? Quel type de riposte mettre en place, entre les mobilisations de type « anti-fa » et l’idée qu’il faut tout concentrer sur notre capacité à proposer une perspective politique crédible ? 


Je pense que cette façon de poser le problème est trop réductrice. 


Qui parmi nous pensent que le racisme et le fascisme reculeront durablement en l'absence d'une "perspective politique crédible", donc d'une alternative de gauche aux politiques de régression sociale ? Qui parmi nous pensent que les actions de type 'anti-fa' sont une réponse suffisante au problème. Personne, je pense.


Les véritables questions qu'on doit poser sont comment s'organiser contre l'extrême-droite et aux côtés de qui, quelle priorité donner à ce combat, et comment articuler le combat antiraciste et antifasciste et les revendications 'sociales' ? 


Or, visiblement, certains camarades pensent - ou tendent à penser - soit qu'une lutte spécifique antifasciste porte nécessairement le danger de la constitution d'un 'front républicain' avec les Socialistes, soit à des actions ultraminoritaires qui nous coupent de la masse des travailleurs (c'est surtout le premier danger qui a été souligné, comme si le premier, voire le seul de nos problèmes était de nous démarquer du PS).


Bon nombre de camarades semblent considérer que notre premier souci n'est pas la faiblesse et les divisions de la résistance à l'extrême-droite mais le risque que nous nous trouvions 'hégémonisés' par le PS. On attend même de temps en temps - pas chez nous, bien sûr ! - que le PS serait 'pire' que le FN.


Je n'étais pas présent à tous les débats le weekend dernier, mais il y avait en effet dans la commission à laquelle j'ai assisté, au moins deux types d'intervention sur cette question (un débat qui par ailleurs a été très mal rendu par la rapporteuse lors de la séance plénière). 


Certains, comme moi, ont insisté sur l'urgence d'une riposte à la montée de l'extrême-droite et à ses idées racistes (islamophobes en particulier mais pas seulement bien évidemment) - une riposte à la fois idéologique et pratique. Si nous ne sommes pas attardés sur la nécessité de proposer une vraie politique de gauche, c'était en partie pour 'tordre le bâton' en faveur d'une ligne antifasciste combative, mais principalement parce que nous sommes tous d'accord là-dessus.


D'autres semblaient penser que la seule façon de barrer la route au FN est de démontrer que nous, la gauche, avons les meilleures réponses à la crise, qu'elle soit analysée principalement sous un angle institutionnel (crise du régime, nécessité d'une VIème république) ou économique et sociale.


Si ce n'est pas le cas des camarades présents au CN, on peut néanmoins souvent constater une certaine dérive chez ceux qui - disons-le de façon un peu caricaturale - 'minimisent' le danger du FN. On entend souvent des remarques comme quoi "de toute façon le FN n'arrivera jamais au pouvoir" ou "Valls est plus dangereux que Le Pen" ou encore que "le FN n'est pas un parti fasciste - la preuve, c'est il joue le jeu des institutions et modifie son discours sous la direction de Marine le Pen". Voire "il faut comprendre les électeurs de Le Pen, car ce sont de pauvres gens fragilisés par la crise qui attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations" (donc toute réponse sur le plan idéologique et antiraciste serait contre-productive).


Il y a bien sûr une part de vérité dans certaines de ces affirmations. Ce sont des questions complexes, et je ne dis pas que les camarades qui tiennent ce type de discours ne sont pas capables de les nuancer. Mais cette tendance est inquiétante car elle peut conduire à des conclusions réactionnaires - comme le refus de participer aux mobilisations pour l'anniveraire de la mort de Clément Méric parce que cela nous conduiraient à manifester aux côtés de militants du PS.. 


Il faut bien sûr éviter de caricaturer les positions des uns et des autres. Ceux comme moi qui pensent que la lutte contre l'extrême-droite doit être au centre de notre politique ne défendent ni le 'front républicain' ni une perspective de confrontations systématiques et parfois symmétriques de type 'anti-fa' (des blousons noirs contre d'autres blousons noirs - parfois de la même marque). De telles actions, surtout quand elles remplacent un travail patient d'explication et d'agitation, nous isole de la masse des travailleurs qui peuvent légitimement penser que nous ne sommes pas si différents que cela des 'fachos'.


Mettre la lutte contre le FN et l'extrême-droite au centre de notre politique signifie pour moi oeuvrer à la création d'un mouvement populaire, inclusif (pas d'anathèmes contre des militants du PS, par exemple), massif et dynamique. Un mouvement qui ne demande pas aux gens d'être d'accord sur tout. Tu haïs le FN et ses idées ? Tu veux une société tolérante, ouverte, multiculturelle ? Rejoins-nous, on s'en fout pour qui tu votes ou ce que tu penses de la révolution ou si tu pratiques une religion. La seule chose qu'on te demande, c'est de toujours penser à comment tu peux convaincre le maximum de gens autour de toi (si tu veux simpler "casser du faf" on te défendra, mais on pense que tu te trompes de méthode).


Dans un tel cadre, les militants se posent inévitablement des questions : l'immigration doit-elle être limitée ? doit-on interdire le FN ? la police peut-elle être un rempart contre les Nazis ? la violence peut-elle être nécessaire ? faut-il s'opposer à toutes les oppressions ? pourquoi des gouvernements 'socialistes' n'ont-ils jamais introduit le droit de vote pour les étrangers aux élections locales ? qu'est-ce que l'islamisme et faut-il le combattre au même titre que le fascisme ? On peut évidemment en débattre, mais pas au dépends de l'agitation et de l'action sur des thèmes qui font accord entre nous. 


Un mouvement contre l'extrême-droite, uni et populaire, ne peut pas être limité à ceux qui ont "tout" compris. L'unité qu'il nous faut, c'est l'unité dans l'action (de masse) et non l'unité des analyses. Autrement dit, mettons-nous d'accord sur une série de mots d'ordre simples et clairs, donc mobilisateurs, et organisons une vaste campagne de propagande avec des mobilisations de rue, des concerts, des festivals ...


Un tel mouvement garderait son indépendance vis-à-vis des institutions et des partis. Mais il ne se priverait pas du concours de qui que ce soit, sauf ceux qui prêchent la haine contre tel ou tel groupe de la population. 


Bien sûr, ce ne serait pas sans poser quelques problèmes. Faudra-t-il prendre position contre telle ou telle déclaration de Manuel Valls ou d'André Gerin (pour ne nommer que ces deux-là, un peu au hasard) ? Probablement. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut refuser de travailler avec des élus socialistes ou communistes - et encore moins des militants - s'ils refusent de les condamner publiquement. Faudra-t-il demander à ceux qui veulent adhérer qu'ils prennent position, disons, (encore un peu au hasard) contre le sionisme ? Certainement pas, à condition qu'à leur tour ils ne refusent pas de travailler avec des militants pro-palestiniens.


Ce sont toutes des questions qui doivent être clarifiées. Mais un front anti-FN et anti-extrême-droite n'est certainement pas le meilleur cadre pour le faire.


Un tel mouvement se concentrerait essentiellement sur ce qui nous unit, et sur des actions concrètes en direction de la population. Il produirait des tracts simples, avec des explications claires, écrits en un français (ou d'autres langues ) compréhensible. Il produirait des badges, des affiches, avec un logo identifiable par tou-te-s. Il irait dans les quartiers. Il contacterait les syndicats, les responsables d'associations de quartier, communautaires, religieuses ... 


Pour cela plusieurs modèles existent dans d'autres pays (Angleterre, Allemagne ...). Il n'y a pas de raison que cela n'existe pas chez nous.


Tout cela signifie-t-il qu'il faut oublier les questions sociales, la question politique, la nécessité de faire une révolution pour éradiquer le causes du racisme ? Bien sûr que non, mais ce n'est pas le rôle d'un tel mouvement. Nous avons des outils pour expliquer aux gens que la fascisme ne vient pas de nulle part, qu'il est l'enfant du capitalisme, et que pour détruire le fascisme il faut détruire le capitalisme (donc pas faire confiance au PS etc.) Ces outils, ce sont nos partis politiques (PCF, Ensemble! NPA ...) qui continueront, tout en participant à un mouvement large, à défendre leurs idées et à proposer une stratégie pour débarrasser le monde définitivement du racisme et de la peste brune.


A mon avis, rien ne serait pire à l'heure actuelle que de nous contenter de faire des leçons de politique à des gens qui sont consternés par la montée du FN et de ces idées. 


Il faut prendre des initiatives, faire la démonstration qu'on peut faire quelque chose, qu'on peut faire reculer le FN, ne serait-ce que momentanément - pour ensuite être mieux placés pour démontrer que, bien sûr, cela ne suffira jamais pour l'éliminer complètement.


Il ne faut jamais banaliser ni relativiser le danger fasciste ni mettre cette lutte au deuxième plan sous quelque prétexte que ce soit (par exemple que cela peut arranger le PS, devenu l'ennemi numéro Un);


Il ne faut jamais oublier que le fond de l'affaire, c'est le racisme, quelque soit le vernis 'social' appliqué par les penseurs fascistes les plus intelligents - et souvent les plus radicaux (comme du temps du parti national-socialiste allemand). 


Il ne faut jamais oublier que les fascistes visent à détruire ou à neutraliser TOUT le mouvement ouvrier, y compris ce qui reste de la social-démocratie, les syndicats etc. 


Enfin, il ne faut jamais oublier que ceux et celles qui sont visé-e-s en premier lieu - les Noirs, les Arabes, les Musulman-e-s, les Juifs, les Rroms, peut-même bientôt comme c'est déjà le cas dans certains pays, les immigrés de l'Europe de l'Est - ont le droit de résister, et que nous devons les soutenir, avec comme objectif de construire un 'tous ensemble' contre l'extrême-droite. Mais il ne faut pas oublier, non plus, que, pour certains, l'antifascisme - qu'il soit du type 'républicain' ou de gauche - ne va pas de soi, car la république et la gauche coloniale, ils les connaissent trop bien. Cet antifascisme-là est souvent un antifascisme européen et 'blanc' (c'est faciement vérifiable en regardant les images des rassemblements pour Clément, malheureusement). 


Pour que cela change, il faut, non pas discourir sur l'"universalisme" ou "les valeurs de la république", ni même sur la lutte des classes, mais construire des alliances sur des bases saines (pas question, évidemment, d'accepter des mouvements ouvertement antisémites, islamophobes ou homophobes, par exemple). 


C'est dans la lutte contre un ennemi commun que l'unité de notre classe se forgera.














18 juin 2014

Rassemblement pour le droit des mères voilées d'accompagner les sorties scolaires


Mercredi 18 juin, rue de Grenelle à Paris, une centaine de personnes s'est rassemblée pas loin du Ministère de l'Education Nationale au nom de l'égalité des droits. Parmi les mots d'ordre, "La laïcité, c'est l'égalité" et "Non aux discriminations". Des membres du collectif Mamans Toutes Egales étaient présent-e-s, ainsi que des militantes de Femmes en Lutte 93, des adhérent-e-s d'Ensemble et du Front de Gauche, l'élu communiste Hervé Bramy, l'historien et sociologue Jean Baubérot et d'autres que je n'ai pas pu identifier. Les mères voilées, souvent accompagnées de leurs enfants, ont mis de l'ambiance, notamment après l'arrivée d'un cortège syndical protestant contre la réforme des rythmes scolaires. La jonction des luttes n'était pas évidente, mais les mères ont donné de la voix, criant "Tous ensemble!" et invitant les syndicalistes à les rejoindre.  



15 juin 2014

Appel du 18 juin 2014 : Oui à la laïcité, non aux discriminations


Nous Femmes voilées interdites de sorties scolaires, mais aussi parents d'élèves, femmes, syndicalistes, politiques, militant-e-s associatifs, femmes et hommes politiques, intellectuel-le-s, citoyen-ne-s,  lançons un appel pour le respect de la laïcité et la fin des traitements discriminatoires

A l’heure où la France fait la Une des journaux du monde entier, où la patrie des droits humains est devenue la patrie du rejet des étrangers, des « autres », de toutes celles et de tous ceux qui ne correspondent pas à la norme dominante (blanc, homme, chrétien, riche…), nous lançons cet appel pour tenter un sursaut et faire émerger de l'intelligence, du désir d’être ensemble quelles que soient nos différences.


Parce que nous portons un foulard nous n’avons pas le droit d’accompagner nos enfants aux sorties scolaires, mais nous avons le droit de nous présenter aux élections de délégués de parents d’élèves, nous avons le droit de siéger dans les conseils d’écoles, nous avons le droit de participer aux activités dans l’enceinte de l’école mais nous sommes surtout les bienvenues pour faire des gâteaux…

Nous ne pouvons pas trouver les arguments cohérents pour expliquer cela à nos enfants, sans parler des doutes et interrogations qu’ils vivent chaque jour face à l’exclusion de leur mère. Que penser à leur âge de la maltraitance subie par leur maman de la part de l’institution scolaire ?

Malgré la multiplication des agressions, des discriminations et des humiliations... que nous subissons chaque jour devant nos enfants, nos voisins, les parents d’élèves, les enseignants, nous poursuivons nos mobilisations et nos actions, pour que la laïcité, qui articule la neutralité des institutions et les libertés individuelles des citoyens, soit enfin respectée et appliquée.

Notre résistance face à toutes ces intimidations s’amplifie chaque jour afin de poursuivre notre but : Citoyennes de ce monde, nous revendiquons l’égalité pour toutes. Nous exigeons l’arrêt des traitements discriminatoires.
Rien ne nous fera reculer, nous sommes déterminées à être présentes, engagées à part entière dans cette société, à l’école comme dans nos quartiers, au travail comme dans nos familles. Partout où nos droits sont bafoués.

Nous, signataires de cet appel, demandons l’abrogation de la circulaire Chatel, cette circulaire sexiste et islamophobe, ainsi que toutes les lois et circulaires discriminatoires qui l’ont précédée.

Islamophobie, Discriminations, Sexisme, Injustice, Inégalités, Stigmatisation : Ça suffit.

Nous invitons les femmes, les parents d'élèves, la société civile, les journalistes, les intellectuels, les enseignants, les politiques, les mouvements féministes et les associations à nous rejoindre et à soutenir ce combat : celui de la laïcité, celui de l’égalité, à mettre fin à ces peurs sans cesse agitées favorisant la montée de l'extrémisme qui contribue à monter les populations les unes contre les autres.

Nous appelons à un rassemblement
le mercredi 18 juin à 14h
 devant le ministère de l’éducation nationale
afin d'exiger l’abrogation de la circulaire Chatel
Angle de la rue bellechasse et de la rue Grenelle paris 7eme metro Solferino ou rue du bac

À l'initiative des collectifs  B Mamans Toutes Egales », « Sorties Scolaires : avec Nous ! » et « Toi plus moi plus ma maman »

Premiers signataires :
Clémentine Autain Ensemble-FDG, Jean Baubérot Sociologue, Saïd Bouamama Sociologue, Hervé Bramy PCF, Patrick Braouezec Ensemble-FDG, Christine Delphy Sociologue, Fabrice Dhume Sociologue, Rokhaya Diallo Journaliste, Didier Fassin Anthropologue, Anissa Fathi MTE, Françoise Lorcerie Politologue, Noël Mamère EELV, Christine Poupin NPA, Raphaël Liogier Universitaire, Souiri Khadija Sorties Scolaires Avec Nous
Associations:
ARDLFM, CFPE, Collectif Les mots sont importants, Commission féministe du NPA, CRI, PIR, UJFP, 8 mars pour toutes

Anissa Fathi pour le MTE

26 mai 2014

Après les élections européennes du 25 mai 2014

COMMUNIQUE DU COLLECTIF DIONYSIEN CONTRE LE FRONT NATIONAL ET L’EXTREME DROITE
Le résultat des élections européennes, avec le Front National en tête dans le pays, est une catastrophe et un danger extrême. Les difficultés que subit la population, et qui nourrissent de telles dérives, ne se sont pas résorbées depuis 2012, au contraire. Mais la réponse qu’apporte le Front National ne mène à rien, sauf à diviser notre peuple en mettant en avant le racisme et la xénophobie. Il le montre dans les villes qu’il dirige depuis mars dernier. Dans notre ville, sur fond d’une abstention énorme, le FN est distancé à la 3ème place, preuve que sa progression n’est pas fatale et que la résistance est possible.
Le Collectif anti FN de Saint –Denis appelle à se rassembler encore plus largement contre cette extrême droite. Elle ne sera efficacement combattue que si une autre politique, vraiment sociale, permet d’améliorer la situation de la majorité de la population. Il y a urgence. Et que nous réaffirmions et faisions partager nos valeurs humanistes et progressistes…
Pour agir ensemble contre le FN et l’extrême droite, le Collectif organise une réunion mercredi 28 mai à 19h à la bourse du travail.
Saint-Denis, le 26 mai 2014

Les conditions de cette campagne électorale européenne, éclair et sous-médiatisée, ont contribué au triste résultat majeur de ce soir : une victoire du Front National et une forte abstention qui amplifie la crise démocratique. Le rejet des politiques en place, à l'échelle européenne et nationale, s'est largement exprimé. Le PS, seul aujourd'hui à gouverner, avec moins de 15%, subit une défaite cinglante qui contribue à délégitimer l'orientation de François Hollande et Manuel Valls.
La droite ne profite pas pour autant de cette situation (sans gommer en quoi que ce soit les différences entre droite et gauche, le cumul des scores du centre, de l’UMP, du PS et du PRG, les partis de l’alternance qui gouvernent le pays depuis la création de la Vème République, est de 45%). C’est un désaveu massif des politiques menées depuis des années tant par la droite que par la gauche et c’est le signe de la crise de la crise politique française qui va s’accélérer et le signe de la crise majeure des institutions de la Vème République qui, derrière une impression de stabilité, réduisent d’années en années la légitimité des gouvernements en place.
La très forte poussée du Front National exprime la désespérance produite par l'austérité, le surchômage, la perte de perspective commune. La progression de l'extrême droite, dangereuse et mortifėre, appelle à redoubler d'efforts pour que les voies de l'alternative de gauche triomphent sur le repli, la xénophobie, l'autoritarisme.
Le Front de Gauche, malgré un résultat décevant, peut œuvrer à la refondation d'une force de transformation sociale et écologiste, seule à même d'améliorer les conditions de vie du plus grand nombre et de reprendre le chemin de l'émancipation humaine. A l'échelle européenne, les partis de la Gauche européenne progressent et en Grèce, Syriza, avec Alexis Tsipras, est le 1er parti avec 28%.
Nous nous félicitons de l'élection des députés du FDG et de la GUE ainsi que du résultat de notre candidate Myriam Martin, porte-parole d'Ensemble, qui a obtenu 5,5% en menant une belle bataille dans le grand Ouest dans un esprit fédérateur.
La dynamique autour du "Non de gauche" en 2005 contre le Traité Constitutionnel Européen comme celle autour du Front de gauche lors de la présidentielle de 2012 avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas au rendez-vous. Notre espace politique reste en-deçà de ses possibilités et de ce qui est nécessaire face à un gouvernement qui met la gauche à droite et la menace d'une droite extrême en embuscade. Nous appelons solennellement ce soir l'ensemble des composantes du Front de Gauche à prendre la mesure des efforts de réorganisation interne et d'ouverture à produire pour favoriser l'implication citoyenne, le respect de la diversité des sensibilités politiques, l'unité la plus large et la démocratie. Il en va de sa relance et de son attractivité. Il faut dans le même temps tendre la main à toutes celles et ceux qui, dans les mouvements sociaux, à EE-LV, au PS, au NPA, à Nouvelle Donne, chez les féministes présentes de façon autonome dans cette élection, ne se reconnaissent pas dans l'orientation gouvernementale et veulent construire une alternative sociale et écologiste. L'heure est venue d'impulser un nouveau front large à gauche porteur de majorités alternatives.
Paris, le 25 mai, 23 heures.