10 octobre 2014

Montée de la droite xénophobe en Grande-Bretagne



En Grande-Bretagne, à Clacton (sud-est de l'Angleterre), l'UKIP, un parti raciste et xénophobe, a remporté un siège au parlement lors d'une élection partielle, avec une avance de 12 400 voix sur le candidat de droite et 60% des suffrages exprimés (la participation était de 51%). 

Le vote combiné des trois principaux partis représentés au parlement (conservateur, travailliste et libéral-démocrate) s'est effondré, passant de 9 votants sur 10 à moins de 4. Le cas est un peu particulier, car le candidat victorieux était le député sortant, un transfuge du parti de David Cameron. Mais le symbole est fort, car l'UKIP gagne ici son premier député national, après sa première place aux élections européennes (33% des voix, 24 sièges; la participation était de 34%). 

En même temps, son candidat dans une autre partielle a manqué d'être élu de seulement 600 voix, juste derrière le candidat travailliste, grâce à un transfert massif des voix de droite et du centre-droit.

Il existe des analyses différentes de ce phénomène. Certains tendent à minimiser le caractère raciste de l'électorat de l'UKIP, considérant que son vote exprime plutôt un ras-le-bol de la politique (l'"anti-politique") et/ou son impact sur la base électorale ouvrière du Parti travailliste.

A mon avis ce serait une grave erreur de sous-estimer le danger, même si une distinction doit être faite entre le parti de Nigel Farage et l'extrême-droite classique et souvent violente, comme le British National Party et l'English Defence League - notamment dans la manière de le combattre.

Communiqué du Socialist Workers Party

5 octobre 2014

Non au racisme, à l’islamophobie et à la guerre ! Communiqué du Front de Gauche thématique "antiracismes"


Le Front de gauche thématique « antiracismes » appelle à se mobiliser partout contre la poussée d’islamophobie constatée depuis l’assassinat, par un groupe terroriste en Algérie, du guide montagne français Hervé Gourdel, suite au lancement de la nouvelle intervention militaire, activement soutenue par la France, des Etats-Unis en IrakCe terrible évènement a aussitôt été instrumentalisé à des fins racistes. De toute part, les Français-e-s de confession musulmane ont été accusé-e-s de ne pas condamner suffisamment les actes terroristes et sommé-e-s de s’en désolidariser, comme si elles et ils en étaient a priori solidaires. Dans Le Figaro du 26 septembre, Ivan Roufiol, s’est même pris de critiquer le premier ministre Manuel Valls, non pour son soutien à la nouvelle aventure guerrière décidée par François Hollande, mais parce qu’il n’oserait pas dire clairement que ce qui est en cause c’est l’islam lui-même en tant que religion…

Dans un tel climat délétère, nous refusons d’autant plus « l’union sacrée » à laquelle nous exhorte François Hollande afin d’aller, de nouveau, bombarder la population irakienne. Comme toutes les entreprises guerrières des grandes puissances impérialistes dans la région depuis plus d’une décennie, ces bombardements, loin de mettre un terme aux exactions des groupes terroristes ou d’apporter la « paix » et la « démocratie » aux populations visées, ne font que déstabiliser encore plus ces pays, alimenter l’islamophobie et rendre le monde plus dangereux.


Nous appelons à l’unité de toutes celles et de tous ceux qui s’opposent à ces politiques bellicistes, qui font le lit de la xénophobie et du racisme et s’accompagnent de lois liberticides, pour défendre le droit de tou-te-s et de chacun-e de vivre dans l’égalité et le respect de ce qui forge nos identités, nos convictions ou nos croyances.

28 septembre 2014

Rassembler les forces progressistes pour censurer Valls et construire une alternative


Tract national d'Ensemble!
La politique de Hollande et de Valls, c’est la soumission sans fin à l’appétit sans bornes de la finance et des grands patrons.
La prime misérable de 40 euros aux retraité-e-s les plus pauvres n’y change rien. Après des dizaines de milliards déjà offerts aux patrons, c’est l’heure du « pacte de responsabilité » : 35 milliards d’euros d’allègement des cotisations sociales pour les patrons, 50 milliards de coupes budgétaires pour nous.
Le gouvernement décrète la fin de la prévention dentaire en milieu scolaire, des coupes sombres dans le budget de la CAF, le gel des aides sociales, la fermeture de services hospitaliers, la baisse des dotations pour les collectivités, des suppressions de postes dans les services publics…
Les cadeaux répétés aux patrons ne créent pas d’emplois. Les riches n’ont jamais été aussi riches, le chômage ne cesse d’augmenter.
D’élection en élection, de sondage en sondage, cette politique est désavouée par la population. Europe Ecologie a quitté le gouvernement. Désormais, avec les députés EELV ce sont 32 députés socialistes « frondeurs » qui n’ont pas accordé leur confiance à ce gouvernement. Hollande n’a plus aucune légitimité. S’appuyant sur un système politique d’un autre âge, tel un monarque, il entend pourtant poursuivre sa politique de droite et désarmer la gauche.

è Faire converger les résistances, construire l’alternative de gauche

Alors que la misère explose, et que le racisme et l’extrême droite prospèrent sur le désespoir, il faut mettre un coup d’arrêt à la politique austéritaire de Hollande et Valls.
Des mobilisations sociales et écologistes se développent : à Air France contre la création de filiales permettant d’embaucher des salarié-e-s payé-e-s au rabais, dans les hôpitaux contre les coupes budgétaires, chez les retraité-e-s, pour la santé et la protection sociale, contre les projets productivistes comme la ferme des « mille vaches » ou Europa City.
Faisons converger les résistances sociales et écologistes, les associations, syndicats, partis, les citoyen-ne-s qui, à gauche, s’opposent au gouvernement.
Avec le Collectif national « Alternative À l’Austérité » apparu lors de la manifestation contre l’austérité « Maintenant ça suffit ! » le 12 avril, censurons l’austérité dans la rue.

è Face à la crise, un pacte de solidarité, vite !

Engageons un processus de débats et d’initiative avec toutes les forces qui veulent une alternative démocratique, sociale et écologique à la politique austéritaire du gouvernement, qu’elles soient dans les mouvements sociaux, au Front de gauche, à la gauche du PS, au sein d’EELV, au NPA, et tou-te-s les citoyen-ne-s qui le souhaitent. Construisons une coalition sociale et politique qui porte une alternative politique globale et rende possible une autre majorité sociale et politique, un autre gouvernement :
8 Gagnons une augmentation du SMIC à 1700€, le droit au travail, à un logement pour tou-te-s.
8 Suspendons le pacte de responsabilité, arrêtons les coupes dans les dépenses publiques.
8 Réduisons le temps de travail, créons des emplois dans les services publics, en particulier dans la santé et la protection sociale.
8 Refusons de payer la dette publique aux banquiers et mettons en œuvre une réforme fiscale d’ampleur qui contribue à une redistribution de la richesse, produite par les salarié-e-s, au bénéfice de la population.
8 Initions un processus constituant pour rompre avec le système antidémocratique de la Ve
République.
8 Engageons la transition écologique et énergétique à partir des besoins sociaux (développement de transports collectifs gratuits, construction et rénovation de logements sociaux).

contact@ensemble-fdg.org l 20 rue Chaudron 75010 Paris l www.ensemble-fdg.org

23 septembre 2014

Un projet de loi contre le terrorisme qui met en cause les libertés publiques


Communiqué d'Ensemble!

C'est dans un climat d'union nationale, avec les inévitables surenchères, que le projet de loi présenté par le ministre de l'intérieur a été adopté par les députés le 18 septembre.

Surfant sur l'horreur suscitée par les exactions de l'EI parmi la population des territoires conquis, la décapitation de deux journalistes et d'un travailleur humanitaire, le gouvernement a fait passer un texte qui met en place une justice préventive rendue par une autorité administrative.

La confiscation du passeport pour un délai allant de 6 mois à 2 ans, sur décision administrative, sera possible à partir de l'intention de se rendre dans les territoires dominés par l'organisation terroriste.

Sachant que le Hamas est considéré comme une organisation terroriste, cette mesure concerne directement les militantEs de la solidarité avec la Palestine lorsqu'ils veulent se rendre dans la bande de Gaza.

L'apologie d'actes terroristes sera passible du code pénal, et non d'une appréciation relative à la liberté de la presse, et permettra une comparution immédiate. Outre que la notion d'apologie relève pour une grande part d'un point de vue subjectif, la logique de ce texte tend à assimiler opinion et passage à l'acte, l'apologie du terrorisme étant donc assimilé à un acte terroriste.

L'autorité administrative pourra bloquer les sites djihadistes et un nouveau délit est constitué, celui pour entreprise individuelle à visée terroriste.
Mais, ce projet de loi s'attaque également aux hackers et au piratage de systèmes informatiques en prévoyant 10 ans de prison et 1 million d'amende.
Il allonge la durée de conservation des écoutes administratives en les portant à 30 jours au lieu de 10 actuellement.

Sans débat public et presque en catimini, le gouvernement profite d'une situation internationale délétère pour s'attaquer aux libertés publiques. Le choix de la procédure en accéléré signifie qu'il n'y aura qu'un seul passage à l'Assemblée nationale et un au Sénat.

Dorénavant, c'est au Sénat qu'il faut tout faire pour mettre en échec ce projet de loi.
Pour « Ensemble! Mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire », les parlementaires soucieux de l'Etat de droit, des libertés publiques, en particulier les éluEs du Front de gauche, doivent voter contre un tel texte.

Le 22 septembre 2014

31 août 2014

Valls 2… Une alternative de gauche, vite !

Pour une fois, la notion de 'rentrée politique' - les attaques contre les travailleurs, les guerres et les catastrophes sanitaires et écologiques, elles, ne prennent pas de vacances - prend tout son sens en ce mois de septembre 2014.

Le licenciement pour faute politique et lèse-majesté de deux ministres censés représenter la gauche du PS, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, la formation du gouvernement Valls 2 avec la promotion d'Emmanuel Macron, un ancien banquier d'affaires favorable à la suppression des 35 heures, les premières mesures en faveur des patrons - sous couvert d'"amour pour l'entreprise" - et des propriétaires, avec le 'détricotage' de la Loi Duflot, les divisions qui apparaissent à l'intérieur même du Parti Socialiste, représente plus qu'un simple remaniement.

Il ne s'agit pas d'une inflexion de la ligne, mais d'un virage considérable à droite. Hollande-Valls, c'est l'amour des patrons - qu'ils confondent cyniquement avec l'entreprsie en oubliant qu'une entreprise, c'est d'abord et surtout les salariés qui la font tourner - et la guerre faite aux travailleurs, aux chômeurs, aux jeunes et aux immigrés.

Voici les premières réactions d'Ensemble!, composant du Front de Gauche:

Valls 2… Une alternative de gauche, vite !


La nomination d'Emmanuel Macron, un banquier, au ministère de l'Économie symbolise la soumission du gouvernement Valls 2 aux exigences de la finance et des grands patrons.
Gattaz et le Medef n’ont plus qu’à applaudir !
Après des dizaines de milliards offerts par Hollande aux patrons avec le Crédit d’Impôt Compétitivité, avec Valls 2, ce sera « encore plus loin, encore plus fort » :
·      le « pacte de responsabilité » : 35 milliards d’allègement des cotisations sociales pour les patrons, 50 milliards de coupes budgétaires pour nous (gel des aides sociales, déremboursement de médicaments, fermeture de services hospitaliers, baisse des dotations pour les collectivités, suppressions de postes dans les services publics…).
·      la remise en cause des 35h, la suspension ou l’abaissement des seuils sociaux ouvrant des obligations aux entreprises en matière de représentation des personnels, qui priverait nombre de salarié-e-s du droit à être représenté-e-s auprès de leurs employeurs
·      le traité du Grand Marché Transatlantique Union Européenne/États-Unis : une déréglementation totale des normes sociales et environnementales au profit d’une seule norme, celle du libre-échange, et d’un seul pouvoir, celui des multinationales.
Le gouvernement Valls-Hollande en donne toujours plus au patronat pour soi-disant créer des emplois.
Pourtant, la baisse continue des cotisations depuis près de 20 ans n’a pas amélioré la situation de l’emploi mais a augmenté les dividendes offerts aux actionnaires. Le chômage ne cesse d’augmenter (3,6 à 5 millions de demandeurs d’emploi). Les riches n’ont jamais été aussi riches. La France est le pays d’Europe qui verse le plus de dividendes aux actionnaires (plus de 40 milliards en 2014).
Les parlementaires qui affirment refuser la politique d'austérité ne doivent pas accorder la confiance à ce nouveau gouvernement.
Faire converger les résistances, construire l’alternative de gauche
Alors que le racisme et l’extrême droite prospèrent sur le désespoir, il faut mettre un coup d’arrêt à l’austérité : refuser de payer la dette illégitime et mettre en œuvre une réforme fiscale d’ampleur qui permette une redistribution de la richesse produite au bénéfice de la population, développer les services publics, investir pour la transition écologique (transports collectifs, logements), et la satisfaction des besoins sociaux (salaires, protection sociale, réduction du temps de travail…).
Pour mettre en échec ce gouvernement et construire une nouvelle majorité sociale et politique, alternative et anti-austéritaire, il est décisif de faire converger les résistances sociales et écologiques, les associations, syndicats, partis, les citoyen-ne-s, qui à gauche s’opposent à l’austérité.
Il faut déployer et ancrer la bataille anti-austérité à partir du pôle de résistance sociale et politique apparu pour la manifestation « maintenant ça suffit ! » contre l’austérité le 12 avril.
Ensemble! propose aussi d’engager un processus d’Assises de la gauche de transformation sociale et écologique, qui rassembleraient toutes les forces qui veulent une alternative à la politique de Hollande et de Valls, qu’elles soient au Front de Gauche, à la gauche du PS, au sein d’EELV, au NPA, et tou-te-s les citoyen-ne-s qui le souhaitent.
Tract d'Ensemble! Saint-Denis:


En un été, le gouvernement Hollande-Valls aura achevé d’anéantir les espoirs nés de la défaite de Sarkozy. En juillet, ils soutiennent la guerre lancée par Israël et interdisent, du jamais vu, des manifestations de solidarité avec les Palestiniens. En août, on vire les ministres qui osent critiquer (un petit peu) les politiques d’austérité. Ces mêmes politiques qui mettent à genoux les peuples en Grèce, au Portugal, en Espagne, etc.
La nomination d'Emmanuel Macron, un ancien banquier favorable à la suppression des 35h, au ministère de l'Economie symbolise la soumission de ce gouvernement aux exigences de la finance et des grands patrons. Gattaz et le Medef ne peuvent qu’à applaudir Valls.
Un « gouvernement de combat » contre le Peuple
Déjà, la réforme des retraites, l’ANI (casse du code du travail) ou le pacte de responsabilité (50 milliards de cadeaux aux patrons) avaient démontré l’orientation libérale de ce gouvernement. Valls 2, ce sera encore plus fort : suppression des droits sociaux dans les entreprises, baisse des dépenses publiques et des aides sociales, etc. Avec comme conséquences de nouvelles régressions pour l’école, la santé, la culture…
Les politiques suivies par Sarkozy puis par Hollande sont un désastre : le chômage ne cesse d’augmenter (3,6 millions de demandeurs d’emploi) et la pauvreté explose (14% des français). L’Etat, disent-ils, n’a plus d’argent, les entreprises non plus, c’est pour cela qu’il faudrait les aider. Pourtant, le pays n’a jamais été aussi riche. Et les riches n’ont jamais été aussi riches. La France est le pays d’Europe qui verse le plus de dividendes aux actionnaires (plus de 40 milliards en 2014). Et ils trouvent les milliards nécessaires à leur politique guerrière.
S’opposer aux politiques d’austérité, reconstruire une alternative à gauche
La crise politique qui frappe le gouvernement témoigne qu’un changement radical d'orientation devient une urgence : il faut rompre avec les politiques d'austérité et anti-démocratiques en France et en Europe. Les députés PS et Verts qui affirment refuser la politique d'austérité ne devront pas, eux non plus, accorder la confiance à ce nouveau gouvernement qui n’a strictement rien de socialiste, ni d’écologiste.
Ce gouvernement doit être mis en échec. Il faut dans les mobilisations sociales et au plan politique que s'affirme une large alliance porteuse d'une alternative sociale, démocratique, écologique et pacifiste en réponse aux régressions qu'on veut nous imposer. Il est temps que le peuple fasse irruption sur la scène politique, pour REPRENDRE LE POUVOIR.
ENSEMBLE ! Mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire, avec le Front de Gauche, y mettra toutes ses forces.

Pour nous rejoindre ou prendre contact avec ENSEMBLE Saint-Denis : ensemblesaintdenis93@gmail.com


10 août 2014

Elections irlandaises de mai 2014: un tremblement de terre politique

Des élections locales en Irlande ont eu lieu le 23 mai 2014, en même temps que celles pour le parlement européen et deux élections partielles pour le Dail, le parlement irlandais.
Aux européennes, les grands gagnants ont été Sinn Fein (+3 sièges) et des candidats indépendants, le grand perdant Fianna Fail (parti d’opposition de droite au parlement irlandais). Le parti au pouvoir, Fine Gael, a réussi à conserver ses 4 sièges, malgré une forte chute en pourcentage des voix (-8%). La gauche radicale, divisée, a perdu son seul siège. Un des deux sièges au Dail en jeu a été gagné par une candidate du Socialist Party (extrême gauche).
Pour mémoire, le gouvernement irlandais issu des élections législatives de 2011 est une coalition entre Fine Gael (droite) et Labour, aucun parti n’ayant obtenu une majorité absolue. Ces élections avaient témoigné de l’état d’instabilité du système politique après trois années de crise – une situation qui est confirmée par les élections de 2014.

L’article de Kieran Allen décrit bien la situation politique, complexe et fluctuante, dans ce pays dont on peut dire qu’il a été à la pointe de la ‘révolution néolibérale’ en Europe pendant les années du Tigre celte, puis une des premières victimes, avec d’autres pays comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal, de la crise économique et financière des années 2008 et suivantes. Il a paru dans le numéro 371 de Socialist Worker (Irlande) (juin-juillet 2014).
Un article de Kieran Allen (traduit en français)

(...) La politique irlandaise est essentiellement clientéliste, et des élus qui pensent que le changement peut venir de l’intérieur de cette structure fondamentalement anti-démocratique se trompent. Ils finissent par voter des budgets austéritaires en échange de quelques ‘faveurs’ des gestionnaires professionnels.
Mais la nouvelle donne électorale aura des conséquences plus profondes et plus durables parce qu’elle sonne le glas du système irlandais bi-partisan et demi (2 ½-party system).
Entre 1932 et 2002, Fianna Fail obtenait en moyenne 45% des suffrages, et Fine Gael 30%. Les deux partis totalisaient donc les trois-quarts des suffrages. Le Labour Party (le ‘demi’) avait les faveurs de 11% des électeurs, et servait de temps en temps de force d’appoint à un des partis de droite.
En 2014 le contraste est énorme. FF et FG ont obtenu ensemble 49% des suffrages aux municipales, et 44% aux européennes. A Dublin, en faisant la moyenne des municipales et des européennes, ils ont atteint seulement 28%. (...)
Lire l'article ...
Site de l'alliance People Before Profit

Marxism 2014 à Londres du 10 au 14 juillet

A Londres chaque année au mois de juillet, le Socialist Workers Party organise son université d'été, Marxism, qui attire plusieurs milliers de personnes, dont des délégations venues de plusieurs pays d'Europe et au-delà.

Les thèmes traités sont très variés, qu'ils soient liés à l'actualité ou plus théoriques, et chacun-e peut participer aux débats - à condition d'être bref ! - et peu importe son niveau de sophistication politique, on est toujours applaudi. C'est donc dans une ambiance détendue que se déroule l'événement, dans les amphis de l'Institute d'Education de l'université de Londres, au bar, à la terrasse et sur les pelouses.

Marxism a lieu dans le quartier huppé de Bloomsbury, non loin du British Museum et d'Oxford Street.

Ici on peut écouter les presque 200 débats ...

Peter Hain, député et ancien ministre travailliste, sur l'Afrique du Sud aujourd'hui
Un débat dans le grand amphi

Gilbert Achcar dédicace ses ouvrages



Débat avec Panos Garganas du SEK (Grèce), et intervention d'un militant de Marx21/Die Linke (Allemagne)
Débat sur la gauche radicale en Europe, avec des contributions sur l'Espagne, la France, l'Irlande, la Grèce et l'Allemagne (au micro, un militant du NPA)


Baba Aye de la Socialist Workers League du Nigéria introduit le débat sur Boko Haram








30 juillet 2014

L'Ecosse: vers l'indépendance ?

Les Ecossais votent pour ou contre l'indépendance en septembre 2014 - c'est bientôt.
La gauche radicale écossaise et britannique, à quelques exceptions près, soutient l'indépendance. Mais quelle indépendance ? Le gouvernement d'une Ecosse souveraine pourrait-il conduire le pays vers le socialisme - ou au moins mener une politique qui va à l'encontre de l'orthodoxie néolibérale ?

C'est à cette question que tente de répondre DAVE SHERRY du Socialist Workers Party en Ecosse.

L'article fait partie d'un dossier paru sur le site d'Ensemble! Merci à François Coustal pour l'énorme travail fourni. Je dois cependant exprimer un désaccord sur un point d'histoire, qui a une importance symbolique et peut-être plus.


En effet, il écrit dans l'introduction : "
Le rattachement - par la force, faut-il le préciser … - de l’Ecosse à la Couronne britannique remonte à 1707. Si la revendication d’indépendance - et de séparation d’avec le Royaume-Uni - n’a pas eu en Ecosse la même force et la même profondeur que, par exemple, en Irlande, il existe cependant depuis longtemps un mouvement en ce sens, marqué à gauche et même partie intégrante du mouvement ouvrier ou, au moins, de sa fraction la plus radicale."


Or, il n'est pas exact d'affirmer que l'Union de 1707 - il s'agit de l'abolition du parlement écossais et en même temps la représentation de l'Ecosse au parlement de l'Angleterre, qui devient alors le parlement britannique - a été créée "par la force". Ce rattachement a suscité une vive opposition dans certaines couches de la population, y compris dans la rue, mais il a bien et bel été voté par le parlement écossais. Le gouvernement anglais a exercé de fortes pressions, et a probablement acheté un certain nombre de députés écossais, mais aucun historien à ma connaissance ne soutient l'idée d'un coup de force. 


Comme écrit François, le nationalisme écossais en tant que mouvement politique n'a pas été aussi fort que celui d'Irlande. Ceci s'explique en grande partie par le fait que l'Ecosse n'était pas un pays opprimé comme l'Irlande. Les classes dirigeantes écossaises - divisées en 1707 sur la question de l'Union -y ont rapidement trouvé leur intérêt, et ont participé pleinement - et non de façon subalterne - à l'essor industriel et commercial du Royaume-Uni, y compris et peut-être même surtout dans sa dimension impérialiste et militaire. La ville de Glasgow, dont la fortune a en grande partie été bâtie sur le commerce avec le Nouveau Monde et donc sur l'esclavage, était considérée au dix-neuvième siècle comme "la deuxième ville de l'empire britannique".


Il ne faut pas oublier, non plus, le soutien de l'establishment protestant écossais pour les Unionistes en Irlande du Nord, contre les rebelles catholiques et nationalistes irlandais.

Les travailleurs, eux, se sont battus contre leurs patrons écossais, anglais ou autres, sans en général que leurs luttes aient une quelconque caractère nationaliste.


Cette union (plus ou moins) volontaire a été facilitée par des termes particuliers, qui laissaient intacts le système de droit écossais (basé sur le droit romain, à la différence du système anglais) et le rôle prépondérant de l'Eglise d'Ecosse (presbytérienne). Le système d'enseignement a également évolué indépendamment de celui de l'Angleterre et du Pays de Galles. Mais beaucoup d'institutions de la société civile sont complètement intégrées avec celles de l'Angleterre - c'est le cas de la grande majorité des syndicats ouvriers, par exemple.


L'union politique et l'intégration économique avec l'Angleterre ne signifiaient pourtant pas que l'Ecosse a perdu sa particularité, ni que le sentiment légitime d'appartenir à une nation s'est estompé. Mais il serait faux d'assimiler le nationalisme écossais à ce lui d'un pays opprimé comme l'Irlande avant l'indépendance ou la Palestine aujourd'hui. Tout comme il est faux d'affirmer, comme font certains militants de gauche, que la classe ouvrière écossaise, qui a démontré à de nombreuses reprises sa combativité, est plus 'à gauche' que celle de l'Angleterre. 

C'est ce qui justifie le slogan "Oui à l'indépendance ! Non au nationalisme!"


Note: Pour aller plus loin, lire l'article 'Socialists and Scottish Independence', Neil Davidson, International Socialism, numéro 114, avril 2007 (en anglais).

A bas l'Union ! Soutien à l'indépendance de l'Ecosse !

par Dave Sherry

Le référendum va décider si le peuple soutient la perspective d’une Ecosse indépendante. C’est une consultation simple, avec un bulletin « Oui » et un bulletin « Non ». En Ecosse, les membres du Parti socialiste des travailleurs (Socialist Workers Party, SWP) défendent et font compagne pour le « Oui ».

En Ecosse, les socialistes ne peuvent pas rester en retrait et simplement attendre le résultat du vote. Nous avons la possibilité de nous lier avec des gens qui veulent quelque chose de plus que ce que le Parti national écossais (SNP) peut leur offrir.

Les Conservateurs, les Travaillistes et les Libéraux – Démocrates sont contre l’indépendance. Mais, au sein du Parti travailliste, il y a des désaccords sur les conséquences électorales d’un tel alignement sur les Conservateurs. Régulièrement, les sondages n’accordent qu’un tiers aux partisans de l’indépendance et le camp du « Oui » a été jusqu’alors incapable de retourner l’opinion publique en sa faveur. Si beaucoup, notamment des syndicalistes, n’ont pas été convaincus, c’est parce que le camp du « Oui » n’a pas présenté de stratégie contre l’austérité ni expliqué en quoi l’indépendance bénéficierait à la classe ouvrière. 

Le SNP et son dirigeant, Alex Salmond, dominent la campagne du « Oui » et se présentent comme des nationalistes qui penchent à gauche. Mais, en fait, Salmond a autrefois travaillé comme économiste à la Banque royale d’Ecosse et est totalement dévoué au capitalisme. Tous ceux qui soutiennent l’indépendance ne partagent pas la vision qui est celle de Salmond d’une Ecosse capitaliste. On peut être pour l’indépendance sur une base anti-impérialiste, partisan de la rupture avec le Royaume-Uni et ne pas s’aligner sur les nationalistes. 

Un vote en faveur du « Oui » affaiblirait l’Etat britannique et son rôle d’allié soumis des Etats-Unis. La Grande-Bretagne est une puissance impérialiste qui veut intervenir en Syrie et en Iran. C’est l’une des raisons pour lesquelles David Cameron cherche désespérément à préserver l’unité de la Grande-Bretagne. 

La campagne « Sauvegardons l’Union » soutient totalement l’idée réactionnaire d’une identité britannique fondée sur l’impérialisme, le racisme et l’hystérie anti-immigrés. Tous ceux-là vont utiliser le centenaire de la Première guerre mondiale et les Jeux du Commonwealth afin de faire la propagande du glorieux passé impérial. 

Il ne s’agit pas de l’unité de la classe ouvrière britannique, mais de l’unité de l’Etat Il ne s’agit pas de l’unité de la classe ouvrière britannique, mais de l’unité de l’Etat britannique. Il ne s’agit pas de célébrer le mouvement chartiste, les suffragettes ou la grande grève des mineurs…

Les socialistes qui argumentent contre l’indépendance fournissent une couverture de gauche aux partisans de l’Union. Il faut défendre une véritable alternative ouvrière et socialiste. Sinon, nous abandonnerons le terrain aux nationalistes et aux partisans de l’Union. La dévolution s’est traduite par une délégation de pouvoir pour réaliser les coupes budgétaires. En 2010, le gouvernement écossais, dirigé par le SNP, a accepté « avec répugnance » la diminution sauvage de sa subvention, décidée par les Conservateurs. 

Ensuite, Alex Salmond, premier ministre écossais et dirigeant du SNP, a prétendu qu’après tout une diminution de 35% du budget consacré au logement n’était pas si terrible, comparée à une diminution de 65% de ce même budget en Angleterre et au Pays de Galles. Il a aussi affirmé qu’une Ecosse indépendante resterait membre de l’OTAN, l’alliance militaire occidentale.Quitter l’OTAN était l’une des revendications les plus populaires présentées par ce parti. La polémique crée par la décision de l’abandonner a constitué un tournant majeur du débat sur l’indépendance. Les remous à ce sujet montrent la nécessité d’une intervention socialiste, sérieuse et sans concession au nationalisme.

Sous la direction de Salmond, le SNP a cherché à se positionner comme l’héritier de la tradition social-démocrate, afin de récupérer l’électorat travailliste déçu. Mais, en réalité, le SNP est soumis à un agenda favorable aux milieux d’affaire.

L’aura de Salmond a été ébranlée par la révélation de ses liens avec Rupert Murdoch. Le journal Sun l’a soutenu, ainsi que le SNP. Il y a eu des révélations sur le fait qu’il avait rencontré Murdoch et que, tout comme Jeremy Hunt (membre du Cabinet conservateur), il avait promis en retour d’appuyer sa tentative de s’assurer le contrôle total de BskyB. L’option du SNP en faveur d’une Ecosse capitaliste était clair depuis son choix lors de l’adoption du premier budget dont il était responsable, en 2007. De l’argent a été dépensé
pour permettre la baisse des tarifs pour les entreprises privées, au détriment des services publics locaux. 

L’an dernier, John Swinney, le ministre des finances (SNP), a déclaré qu’il « essayait de fournir tout le soutien possible au monde des affaires » afin que l’Ecosse atteigne « les plus hauts taux de compétitivité du Royaume-Uni ».

L’existence d’un sentiment national écossais n’est pas discutable et il n’y a vraiment aucune raison à ce que l’Ecosse ne puisse pas devenir un Etat national capitaliste comme tous les autres. Il est tout à fait hypocrite de combattre le nationalisme écossais en expliquant qu’il est complètement réactionnaire tout en faisant silence sur le nationalisme britannique ou, pire encore, en soutenant ce dernier.

Mais il ne faut pas non plus avoir d’illusions sur le genre d’Ecosse qu’envisage le SNP. Il souhaite conserver la famille royale, la livre sterling, la Banque d’Angleterre et l’OTAN. C’est un parti dont le seul objectif est de parvenir à l’indépendance de l’Ecosse, et rien d’autre. 

En 1910, le socialiste révolutionnaire James Connolly - né à Edinburgh - a écrit à propos de l’Irlande : « si, demain, l’armée britannique se retire et si le drapeau vert flotte sur la forteresse de Dublin, vos efforts seront restés vains… sauf si vous instaurez une république socialiste ». 

La solution proposée par le SNP est simple : c’est le gouvernement d’Edinburgh. Il n’y aura aucune transformation du système gouvernemental ni de la société corrompue dont ce système de gouvernement est une pièce maîtresse. C’est un peu comme si on affirmait que Coca Cola abîme vos dents s’il est mis en bouteille à Londres, mais que si les usines d’embouteillage sont à Edinburgh, alors c’est super ! 

Une Ecosse indépendante ne sera pas une Ecosse socialiste. Les Ecossais ne sont pas plus à gauche que les Anglais et il n’y a pas de voie parlementaire écossaise au socialisme. Si le peuple vote en faveur de l’indépendance, les travailleurs auront toujours besoin d’unité pour la lutte contre ceux qui les exploitent. Mais la rupture avec la Grande-Bretagne sera une petite victoire pour la classe ouvrière mondiale. C’est donc une cause qu’il faut défendre.

Traduction de F. Coustal

29 juillet 2014

Déclaration du NPA

http://www.npa2009.org/communique/palestine-le-gouvernement-ne-nous-fera-pas-taire

Ce matin, notre camarade Alain Pojolat, qui avait déposé au nom de l’ensemble des organisateurs, dont le NPA, la déclaration en préfecture des manifestations qui ont ensuite étaient interdites, a été inculpé et comparaîtra devant le Tribunal de Grande Instance de Paris le 22 octobre 2014.

L’offensive israélienne a déjà fait plus de 1 100 morts ​ en majorité des civils et de nombreux enfant, ​plus de 6 000 blesséEs​. La "prison à ciel ouvert" qu'était Gaza s'est transformée en champ de ruines​, suscitant partout dans le monde, y compris à Tel Aviv des manifestations de solidarité au peuple palestinien. L’urgence pour le gouvernement Hollande-Valls n’est pas de mettre ​tout en œuvre pour faire cesser ce massacre, mais de tenter d’interdire des manifestations à Paris​, ​de criminaliser le mouvement de solidarité ​ et ainsi d'affirmer son soutien à la politique criminelle de l'Etat d'Israël.

Le NPA revendique fièrement sa participation à ces deux manifestations du 19 et 26 juillet qui ont regroupé des milliers de personnes ​malgré leur interdiction​ pour dénoncer l’agression israélienne contre le peuple palestinien et l’alignement du gouvernement français sur le gouvernement d’extrême-droite de Nethanyaou.

Le NPA appelle l’ensemble des forces démocratiques, associations, syndicats, partis et tous celles et ceux qui sont attachés à la liberté d’expression à réagir contre cette tentative d’intimidation. Cela commence par répondre massivement à l’appel à manifester samedi 2 août à Paris : toujours déterminéEs à faire entendre notre solidarité au peuple palestinien​, à exiger la fin de l'offensive et la levée du blocus de Gaza​.

26 juillet 2014

Sur la manifestation de solidarité avec la Palestine interdite par le 'socialiste' Valls





Nous étions malgré l'interdiction de manifester quelques milliers - 5 000 selon la police - à se rassembler le samedi 26 juillet à la Place de la République. Si le NPA et Ensemble! (membre du front de Gauche) ont clairement appelé à manifester même en cas d'interdiction, tel n'a pas été le cas du PCF et du PG, même si des militant-e-s de ces deux partis étaient présent-e-s. Une information comme quoi un rassemblement statique avait été autorisé a circulé sur les réseaux sociaux peu de temps avant l'heure annoncée de la manifestation, mais beaucoup des personnes qui avaient tenu à être présentes n'en avaient pas entendu parler. Il s'agissait bien d'un refus délibéré d'obéir au diktat du ministre de l'intérieur, qui la veille avait eu l'impudence de participer à la rupture du jeûne à la mosquée d'Evry. La majorité des manifestants étaient visiblement des citoyen-ne-s ordinaires d'origine maghrébine, mais des mlitant-e-s de gauche ainsi que d'associations musulmanes, du Parti des Indigènes de la République ou de la campagne Boycott, Divestissement, Sanctions étaient bien présent-e-s.

Ne laissons pas les crimes de guerre impunis ! Communiqué d'Ensemble!

François Hollande complice des crimes du gouvernement israélien Communiqué du Parti de Gauche



Pétition et déclaration Partie Communiste Français

Malgré l'interdiction, nous manifesterons notre solidarité avec les Palestiniens! NPA