10 août 2014

Elections irlandaises de mai 2014: un tremblement de terre politique

Des élections locales en Irlande ont eu lieu le 23 mai 2014, en même temps que celles pour le parlement européen et deux élections partielles pour le Dail, le parlement irlandais.
Aux européennes, les grands gagnants ont été Sinn Fein (+3 sièges) et des candidats indépendants, le grand perdant Fianna Fail (parti d’opposition de droite au parlement irlandais). Le parti au pouvoir, Fine Gael, a réussi à conserver ses 4 sièges, malgré une forte chute en pourcentage des voix (-8%). La gauche radicale, divisée, a perdu son seul siège. Un des deux sièges au Dail en jeu a été gagné par une candidate du Socialist Party (extrême gauche).
Pour mémoire, le gouvernement irlandais issu des élections législatives de 2011 est une coalition entre Fine Gael (droite) et Labour, aucun parti n’ayant obtenu une majorité absolue. Ces élections avaient témoigné de l’état d’instabilité du système politique après trois années de crise – une situation qui est confirmée par les élections de 2014.

L’article de Kieran Allen décrit bien la situation politique, complexe et fluctuante, dans ce pays dont on peut dire qu’il a été à la pointe de la ‘révolution néolibérale’ en Europe pendant les années du Tigre celte, puis une des premières victimes, avec d’autres pays comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal, de la crise économique et financière des années 2008 et suivantes. Il a paru dans le numéro 371 de Socialist Worker (Irlande) (juin-juillet 2014).
Un article de Kieran Allen (traduit en français)

(...) La politique irlandaise est essentiellement clientéliste, et des élus qui pensent que le changement peut venir de l’intérieur de cette structure fondamentalement anti-démocratique se trompent. Ils finissent par voter des budgets austéritaires en échange de quelques ‘faveurs’ des gestionnaires professionnels.
Mais la nouvelle donne électorale aura des conséquences plus profondes et plus durables parce qu’elle sonne le glas du système irlandais bi-partisan et demi (2 ½-party system).
Entre 1932 et 2002, Fianna Fail obtenait en moyenne 45% des suffrages, et Fine Gael 30%. Les deux partis totalisaient donc les trois-quarts des suffrages. Le Labour Party (le ‘demi’) avait les faveurs de 11% des électeurs, et servait de temps en temps de force d’appoint à un des partis de droite.
En 2014 le contraste est énorme. FF et FG ont obtenu ensemble 49% des suffrages aux municipales, et 44% aux européennes. A Dublin, en faisant la moyenne des municipales et des européennes, ils ont atteint seulement 28%. (...)
Lire l'article ...
Site de l'alliance People Before Profit

Marxism 2014 à Londres du 10 au 14 juillet

A Londres chaque année au mois de juillet, le Socialist Workers Party organise son université d'été, Marxism, qui attire plusieurs milliers de personnes, dont des délégations venues de plusieurs pays d'Europe et au-delà.

Les thèmes traités sont très variés, qu'ils soient liés à l'actualité ou plus théoriques, et chacun-e peut participer aux débats - à condition d'être bref ! - et peu importe son niveau de sophistication politique, on est toujours applaudi. C'est donc dans une ambiance détendue que se déroule l'événement, dans les amphis de l'Institute d'Education de l'université de Londres, au bar, à la terrasse et sur les pelouses.

Marxism a lieu dans le quartier huppé de Bloomsbury, non loin du British Museum et d'Oxford Street.

Ici on peut écouter les presque 200 débats ...

Peter Hain, député et ancien ministre travailliste, sur l'Afrique du Sud aujourd'hui
Un débat dans le grand amphi

Gilbert Achcar dédicace ses ouvrages



Débat avec Panos Garganas du SEK (Grèce), et intervention d'un militant de Marx21/Die Linke (Allemagne)
Débat sur la gauche radicale en Europe, avec des contributions sur l'Espagne, la France, l'Irlande, la Grèce et l'Allemagne (au micro, un militant du NPA)


Baba Aye de la Socialist Workers League du Nigéria introduit le débat sur Boko Haram








30 juillet 2014

L'Ecosse: vers l'indépendance ?

Les Ecossais votent pour ou contre l'indépendance en septembre 2014 - c'est bientôt.
La gauche radicale écossaise et britannique, à quelques exceptions près, soutient l'indépendance. Mais quelle indépendance ? Le gouvernement d'une Ecosse souveraine pourrait-il conduire le pays vers le socialisme - ou au moins mener une politique qui va à l'encontre de l'orthodoxie néolibérale ?

C'est à cette question que tente de répondre DAVE SHERRY du Socialist Workers Party en Ecosse.

L'article fait partie d'un dossier paru sur le site d'Ensemble! Merci à François Coustal pour l'énorme travail fourni. Je dois cependant exprimer un désaccord sur un point d'histoire, qui a une importance symbolique et peut-être plus.


En effet, il écrit dans l'introduction : "
Le rattachement - par la force, faut-il le préciser … - de l’Ecosse à la Couronne britannique remonte à 1707. Si la revendication d’indépendance - et de séparation d’avec le Royaume-Uni - n’a pas eu en Ecosse la même force et la même profondeur que, par exemple, en Irlande, il existe cependant depuis longtemps un mouvement en ce sens, marqué à gauche et même partie intégrante du mouvement ouvrier ou, au moins, de sa fraction la plus radicale."


Or, il n'est pas exact d'affirmer que l'Union de 1707 - il s'agit de l'abolition du parlement écossais et en même temps la représentation de l'Ecosse au parlement de l'Angleterre, qui devient alors le parlement britannique - a été créée "par la force". Ce rattachement a suscité une vive opposition dans certaines couches de la population, y compris dans la rue, mais il a bien et bel été voté par le parlement écossais. Le gouvernement anglais a exercé de fortes pressions, et a probablement acheté un certain nombre de députés écossais, mais aucun historien à ma connaissance ne soutient l'idée d'un coup de force. 


Comme écrit François, le nationalisme écossais en tant que mouvement politique n'a pas été aussi fort que celui d'Irlande. Ceci s'explique en grande partie par le fait que l'Ecosse n'était pas un pays opprimé comme l'Irlande. Les classes dirigeantes écossaises - divisées en 1707 sur la question de l'Union -y ont rapidement trouvé leur intérêt, et ont participé pleinement - et non de façon subalterne - à l'essor industriel et commercial du Royaume-Uni, y compris et peut-être même surtout dans sa dimension impérialiste et militaire. La ville de Glasgow, dont la fortune a en grande partie été bâtie sur le commerce avec le Nouveau Monde et donc sur l'esclavage, était considérée au dix-neuvième siècle comme "la deuxième ville de l'empire britannique".


Il ne faut pas oublier, non plus, le soutien de l'establishment protestant écossais pour les Unionistes en Irlande du Nord, contre les rebelles catholiques et nationalistes irlandais.

Les travailleurs, eux, se sont battus contre leurs patrons écossais, anglais ou autres, sans en général que leurs luttes aient une quelconque caractère nationaliste.


Cette union (plus ou moins) volontaire a été facilitée par des termes particuliers, qui laissaient intacts le système de droit écossais (basé sur le droit romain, à la différence du système anglais) et le rôle prépondérant de l'Eglise d'Ecosse (presbytérienne). Le système d'enseignement a également évolué indépendamment de celui de l'Angleterre et du Pays de Galles. Mais beaucoup d'institutions de la société civile sont complètement intégrées avec celles de l'Angleterre - c'est le cas de la grande majorité des syndicats ouvriers, par exemple.


L'union politique et l'intégration économique avec l'Angleterre ne signifiaient pourtant pas que l'Ecosse a perdu sa particularité, ni que le sentiment légitime d'appartenir à une nation s'est estompé. Mais il serait faux d'assimiler le nationalisme écossais à ce lui d'un pays opprimé comme l'Irlande avant l'indépendance ou la Palestine aujourd'hui. Tout comme il est faux d'affirmer, comme font certains militants de gauche, que la classe ouvrière écossaise, qui a démontré à de nombreuses reprises sa combativité, est plus 'à gauche' que celle de l'Angleterre. 

C'est ce qui justifie le slogan "Oui à l'indépendance ! Non au nationalisme!"


Note: Pour aller plus loin, lire l'article 'Socialists and Scottish Independence', Neil Davidson, International Socialism, numéro 114, avril 2007 (en anglais).

A bas l'Union ! Soutien à l'indépendance de l'Ecosse !

par Dave Sherry

Le référendum va décider si le peuple soutient la perspective d’une Ecosse indépendante. C’est une consultation simple, avec un bulletin « Oui » et un bulletin « Non ». En Ecosse, les membres du Parti socialiste des travailleurs (Socialist Workers Party, SWP) défendent et font compagne pour le « Oui ».

En Ecosse, les socialistes ne peuvent pas rester en retrait et simplement attendre le résultat du vote. Nous avons la possibilité de nous lier avec des gens qui veulent quelque chose de plus que ce que le Parti national écossais (SNP) peut leur offrir.

Les Conservateurs, les Travaillistes et les Libéraux – Démocrates sont contre l’indépendance. Mais, au sein du Parti travailliste, il y a des désaccords sur les conséquences électorales d’un tel alignement sur les Conservateurs. Régulièrement, les sondages n’accordent qu’un tiers aux partisans de l’indépendance et le camp du « Oui » a été jusqu’alors incapable de retourner l’opinion publique en sa faveur. Si beaucoup, notamment des syndicalistes, n’ont pas été convaincus, c’est parce que le camp du « Oui » n’a pas présenté de stratégie contre l’austérité ni expliqué en quoi l’indépendance bénéficierait à la classe ouvrière. 

Le SNP et son dirigeant, Alex Salmond, dominent la campagne du « Oui » et se présentent comme des nationalistes qui penchent à gauche. Mais, en fait, Salmond a autrefois travaillé comme économiste à la Banque royale d’Ecosse et est totalement dévoué au capitalisme. Tous ceux qui soutiennent l’indépendance ne partagent pas la vision qui est celle de Salmond d’une Ecosse capitaliste. On peut être pour l’indépendance sur une base anti-impérialiste, partisan de la rupture avec le Royaume-Uni et ne pas s’aligner sur les nationalistes. 

Un vote en faveur du « Oui » affaiblirait l’Etat britannique et son rôle d’allié soumis des Etats-Unis. La Grande-Bretagne est une puissance impérialiste qui veut intervenir en Syrie et en Iran. C’est l’une des raisons pour lesquelles David Cameron cherche désespérément à préserver l’unité de la Grande-Bretagne. 

La campagne « Sauvegardons l’Union » soutient totalement l’idée réactionnaire d’une identité britannique fondée sur l’impérialisme, le racisme et l’hystérie anti-immigrés. Tous ceux-là vont utiliser le centenaire de la Première guerre mondiale et les Jeux du Commonwealth afin de faire la propagande du glorieux passé impérial. 

Il ne s’agit pas de l’unité de la classe ouvrière britannique, mais de l’unité de l’Etat Il ne s’agit pas de l’unité de la classe ouvrière britannique, mais de l’unité de l’Etat britannique. Il ne s’agit pas de célébrer le mouvement chartiste, les suffragettes ou la grande grève des mineurs…

Les socialistes qui argumentent contre l’indépendance fournissent une couverture de gauche aux partisans de l’Union. Il faut défendre une véritable alternative ouvrière et socialiste. Sinon, nous abandonnerons le terrain aux nationalistes et aux partisans de l’Union. La dévolution s’est traduite par une délégation de pouvoir pour réaliser les coupes budgétaires. En 2010, le gouvernement écossais, dirigé par le SNP, a accepté « avec répugnance » la diminution sauvage de sa subvention, décidée par les Conservateurs. 

Ensuite, Alex Salmond, premier ministre écossais et dirigeant du SNP, a prétendu qu’après tout une diminution de 35% du budget consacré au logement n’était pas si terrible, comparée à une diminution de 65% de ce même budget en Angleterre et au Pays de Galles. Il a aussi affirmé qu’une Ecosse indépendante resterait membre de l’OTAN, l’alliance militaire occidentale.Quitter l’OTAN était l’une des revendications les plus populaires présentées par ce parti. La polémique crée par la décision de l’abandonner a constitué un tournant majeur du débat sur l’indépendance. Les remous à ce sujet montrent la nécessité d’une intervention socialiste, sérieuse et sans concession au nationalisme.

Sous la direction de Salmond, le SNP a cherché à se positionner comme l’héritier de la tradition social-démocrate, afin de récupérer l’électorat travailliste déçu. Mais, en réalité, le SNP est soumis à un agenda favorable aux milieux d’affaire.

L’aura de Salmond a été ébranlée par la révélation de ses liens avec Rupert Murdoch. Le journal Sun l’a soutenu, ainsi que le SNP. Il y a eu des révélations sur le fait qu’il avait rencontré Murdoch et que, tout comme Jeremy Hunt (membre du Cabinet conservateur), il avait promis en retour d’appuyer sa tentative de s’assurer le contrôle total de BskyB. L’option du SNP en faveur d’une Ecosse capitaliste était clair depuis son choix lors de l’adoption du premier budget dont il était responsable, en 2007. De l’argent a été dépensé
pour permettre la baisse des tarifs pour les entreprises privées, au détriment des services publics locaux. 

L’an dernier, John Swinney, le ministre des finances (SNP), a déclaré qu’il « essayait de fournir tout le soutien possible au monde des affaires » afin que l’Ecosse atteigne « les plus hauts taux de compétitivité du Royaume-Uni ».

L’existence d’un sentiment national écossais n’est pas discutable et il n’y a vraiment aucune raison à ce que l’Ecosse ne puisse pas devenir un Etat national capitaliste comme tous les autres. Il est tout à fait hypocrite de combattre le nationalisme écossais en expliquant qu’il est complètement réactionnaire tout en faisant silence sur le nationalisme britannique ou, pire encore, en soutenant ce dernier.

Mais il ne faut pas non plus avoir d’illusions sur le genre d’Ecosse qu’envisage le SNP. Il souhaite conserver la famille royale, la livre sterling, la Banque d’Angleterre et l’OTAN. C’est un parti dont le seul objectif est de parvenir à l’indépendance de l’Ecosse, et rien d’autre. 

En 1910, le socialiste révolutionnaire James Connolly - né à Edinburgh - a écrit à propos de l’Irlande : « si, demain, l’armée britannique se retire et si le drapeau vert flotte sur la forteresse de Dublin, vos efforts seront restés vains… sauf si vous instaurez une république socialiste ». 

La solution proposée par le SNP est simple : c’est le gouvernement d’Edinburgh. Il n’y aura aucune transformation du système gouvernemental ni de la société corrompue dont ce système de gouvernement est une pièce maîtresse. C’est un peu comme si on affirmait que Coca Cola abîme vos dents s’il est mis en bouteille à Londres, mais que si les usines d’embouteillage sont à Edinburgh, alors c’est super ! 

Une Ecosse indépendante ne sera pas une Ecosse socialiste. Les Ecossais ne sont pas plus à gauche que les Anglais et il n’y a pas de voie parlementaire écossaise au socialisme. Si le peuple vote en faveur de l’indépendance, les travailleurs auront toujours besoin d’unité pour la lutte contre ceux qui les exploitent. Mais la rupture avec la Grande-Bretagne sera une petite victoire pour la classe ouvrière mondiale. C’est donc une cause qu’il faut défendre.

Traduction de F. Coustal

29 juillet 2014

Déclaration du NPA

http://www.npa2009.org/communique/palestine-le-gouvernement-ne-nous-fera-pas-taire

Ce matin, notre camarade Alain Pojolat, qui avait déposé au nom de l’ensemble des organisateurs, dont le NPA, la déclaration en préfecture des manifestations qui ont ensuite étaient interdites, a été inculpé et comparaîtra devant le Tribunal de Grande Instance de Paris le 22 octobre 2014.

L’offensive israélienne a déjà fait plus de 1 100 morts ​ en majorité des civils et de nombreux enfant, ​plus de 6 000 blesséEs​. La "prison à ciel ouvert" qu'était Gaza s'est transformée en champ de ruines​, suscitant partout dans le monde, y compris à Tel Aviv des manifestations de solidarité au peuple palestinien. L’urgence pour le gouvernement Hollande-Valls n’est pas de mettre ​tout en œuvre pour faire cesser ce massacre, mais de tenter d’interdire des manifestations à Paris​, ​de criminaliser le mouvement de solidarité ​ et ainsi d'affirmer son soutien à la politique criminelle de l'Etat d'Israël.

Le NPA revendique fièrement sa participation à ces deux manifestations du 19 et 26 juillet qui ont regroupé des milliers de personnes ​malgré leur interdiction​ pour dénoncer l’agression israélienne contre le peuple palestinien et l’alignement du gouvernement français sur le gouvernement d’extrême-droite de Nethanyaou.

Le NPA appelle l’ensemble des forces démocratiques, associations, syndicats, partis et tous celles et ceux qui sont attachés à la liberté d’expression à réagir contre cette tentative d’intimidation. Cela commence par répondre massivement à l’appel à manifester samedi 2 août à Paris : toujours déterminéEs à faire entendre notre solidarité au peuple palestinien​, à exiger la fin de l'offensive et la levée du blocus de Gaza​.

26 juillet 2014

Sur la manifestation de solidarité avec la Palestine interdite par le 'socialiste' Valls





Nous étions malgré l'interdiction de manifester quelques milliers - 5 000 selon la police - à se rassembler le samedi 26 juillet à la Place de la République. Si le NPA et Ensemble! (membre du front de Gauche) ont clairement appelé à manifester même en cas d'interdiction, tel n'a pas été le cas du PCF et du PG, même si des militant-e-s de ces deux partis étaient présent-e-s. Une information comme quoi un rassemblement statique avait été autorisé a circulé sur les réseaux sociaux peu de temps avant l'heure annoncée de la manifestation, mais beaucoup des personnes qui avaient tenu à être présentes n'en avaient pas entendu parler. Il s'agissait bien d'un refus délibéré d'obéir au diktat du ministre de l'intérieur, qui la veille avait eu l'impudence de participer à la rupture du jeûne à la mosquée d'Evry. La majorité des manifestants étaient visiblement des citoyen-ne-s ordinaires d'origine maghrébine, mais des mlitant-e-s de gauche ainsi que d'associations musulmanes, du Parti des Indigènes de la République ou de la campagne Boycott, Divestissement, Sanctions étaient bien présent-e-s.

Ne laissons pas les crimes de guerre impunis ! Communiqué d'Ensemble!

François Hollande complice des crimes du gouvernement israélien Communiqué du Parti de Gauche



Pétition et déclaration Partie Communiste Français

Malgré l'interdiction, nous manifesterons notre solidarité avec les Palestiniens! NPA

Agression israélienne contre Gaza: Ne laissons pas les crimes de guerre impunis!

Communiqué d'Ensemble!

(...) Au lieu de condamner des actes aussi odieux, la France choisit au contraire d'interdire une fois de plus de manifester à Paris samedi 26 juillet sa solidarité avec les victimes des bombes et de la colonisation. C'est la preuve que contrairement à leurs déclarations, Hollande et Valls choisissent leur camp, celui de la guerre du plus fort contre le plus faible. On n'avait jamais connu une telle position de la France sur la situation au Proche-Orient.
Et qu'on ne parle pas de « débordements » ou d'antisémitisme! La manifestation de mercredi 23 juillet s'est très bien déroulée. Celle de samedi doit être autorisée.
Ensemble! appelle le mouvement de solidarité avec la Palestine à rester uni dans la mobilisation.
C'est ainsi que nous éviterons toute récupération par des forces fascistes ou antisémites bien connues, qui n'ont rien à voir avec la cause du peuple palestinien ni avec les forces éprises de justice et de paix.
Nous serons dans la rue samedi 26 juillet à 15h Place de la République. 

22 juillet 2014

Les manifestations pour la Palestine continuent

Manifestation mercredi 23 juillet à 18h30 

de Denfert-Rochereau à Invalides

Le bom­bar­dement intensif de Gaza depuis 13 jours, avec plus de 3 000 raids aériens, a causé la mort de plus de 350 Pales­ti­niens, blessé plus de 2 500 autres et détruit des cen­taines d’habitations. Le bilan s’alourdit à chaque heure avec le début de l’offensive ter­restre qui a com­mencé jeudi 17 juillet. Même le domicile du Chef de l’antenne consu­laire fran­çaise à Gaza a été bombardé.

Col­lectif National pour une Paix Juste et Durable entre Israé­liens et Palestiniensmercredi 23 juillet 2014

Une nou­velle fois le pouvoir israélien déclenche un déluge de feu sur Gaza, au pré­texte de tirs de roquettes, mais avec pour objectif avoué de mettre fin au gou­ver­nement pales­tinien d’entente nationale, condition pourtant néces­saire à tout progrès vers une paix juste. Devant cette situation dra­ma­tique, les gou­ver­ne­ments occi­dentaux se can­tonnent une nou­velle fois à "dénoncer l’engrenage de la vio­lence" sans désigner le res­pon­sable de cette nou­velle tra­gédie, et appelant seulement le gou­ver­nement israélien à la "retenue". Le pré­sident François Hol­lande est même allé jusqu’à cau­tionner l’agression d’Israël contre la popu­lation de Gaza en déclarant, lors de son entretien télé­pho­nique avec Ben­jamin Neta­nyahou le 9 juillet dernier, qu’il appar­tenait au gou­ver­nement israélien de prendre toutes les mesures pour pro­téger la popu­lation face aux menaces"

L’Union euro­péenne dis­po­serait d’un moyen simple : la sus­pension de l’accord d’association avec Israël qui accorde des avan­tages éco­no­miques à ce pays. Cet accord est condi­tionné par le respect des droits humains, ce qui n’est pas le cas avec la colo­ni­sation et l’existence du mur qui sont illégaux selon le droit inter­na­tional.

Pour dénoncer cette pas­sivité cou­pable de nos gou­ver­nants, et obtenir des actions concrètes de la France auprès du pouvoir israélien et du Conseil de sécurité, le Col­lectif National pour une Paix Juste et Durable entre Pales­ti­niens et Israé­liens* appelle tous les mili­tants à manifester

mercredi 23 juillet à 18h30 de Denfert à Invalides

Pour l’arrêt immédiat des bom­bar­de­ments sur Gaza
Pour l’arrêt de l’agression israé­lienne en Cis­jor­danie et à Jéru­salem
Pour la levée du blocus, illégal et cri­minel, de Gaza
Pour des sanc­tions immé­diates contre Israël jusqu’au respect du droit inter­na­tional
Pour le soutien au peuple pales­tinien et au gou­ver­nement d’entente nationale 

La cause pales­ti­nienne n’a rien à voir avec l’extrême droite et n’accepte aucun soutien de leur part

*Agir Contre le Colo­nia­lisme Aujourd’hui (ACCA) - Alliance for Freedom and Dignity (AFD) - Alter­native Liber­taire (AL) - Amé­ri­cains contre la guerre (AAW) - Asso­ciation des Tra­vailleurs Magh­rébins de France (ATMF) - Asso­ciation des Tuni­siens en France (ATF) - Asso­ciation France Palestine Soli­darité (AFPS) - Asso­ciation Nationale des Elus Com­mu­nistes et Répu­bli­cains (ANECR) - Asso­ciation pour la Taxation des Tran­sac­tions finan­cières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) - Asso­ciation pour les Jume­lages entre les camps de réfugiés Pales­ti­niens et les villes Fran­çaises (AJPF) - Asso­ciation Répu­bli­caine des Anciens Com­bat­tants (ARAC) - Asso­ciation Uni­ver­si­taire pour le Respect du Droit Inter­na­tional en Palestine (AURDIP) - Cam­pagne Civile Inter­na­tionale pour la Pro­tection du Peuple Pales­tinien (CCIPPP) - Cedetim / IPAM - Col­lectif des Musulmans de France (CMF) - Col­lectif Faty Koumba - Col­lectif inter­uni­ver­si­taire pour la coopé­ration avec les Uni­ver­sités Pales­ti­niennes (CICUP)- Col­lectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP) - Comité de Vigi­lance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) - Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) Confé­dé­ration Générale du Travail (CGT) – Confé­dé­ration pay­sanne - Droit-Solidarité – Ensemble - Europe Eco­logie les Verts (EELV) – Fédé­ration des Tuni­siens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Fédé­ration Syn­dicale Uni­taire (FSU) - Gauche Uni­taire (GU) - Géné­ration Palestine - La Courneuve-Palestine - le Mou­vement de la Paix – les Alter­natifs - les Femmes en noir - Ligue des Droits de l’Homme (LDH) - Ligue Inter­na­tionale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section fran­çaise de la Women’s Inter­na­tional League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL) - Mou­vement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) - Mou­vement Jeunes Com­mu­nistes de France (MJCF) - Mou­vement Poli­tique d’Emancipation popu­laire (M’PEP) - Orga­ni­sation de Femmes Egalité – Nouveau Parti Anti­ca­pi­ta­liste (NPA) - Parti Com­mu­niste des Ouvriers de France (PCOF) - Parti Com­mu­niste Français (PCF) - Parti de Gauche (PG) - Par­ti­ci­pation et Spi­ri­tualité Musul­manes (PSM) - Une Autre Voix Juive (UAVJ) - Union des Tra­vailleurs Immigrés Tuni­siens (UTIT) - Union Générale des Etu­diants de Palestine (GUPS-France) - Union Juive Fran­çaise pour la Paix (UJFP) - Union Nationale des Etu­diants de France (UNEF) - Union syn­dicale Solidaires

20 juillet 2014

Quand un gouvernement dit 'socialiste' interdit des manifestations de solidarité avec la Palestine ...

... comme à Barbès et à Sarcelles cela provoque forcément des 'troubles à l'ordre public'.

Communiqué du NPA



Communiqué d'Ensemble!

Amplifier la solidarité avec le peuple palestinien, Défendre le droit de manifester

La guerre engagée par le gouvernement israélien contre le peuple palestinien fait chaque jour de nouvelles victimes.

Ce conflit meurtrier doit cesser, ce qui suppose l’arrêt des bombardements, la fin du blocus qui asphyxie Gaza depuis  7 ans, la libération des prisonniers palestiniens, l’arrêt et le démantèlement des colonies israéliennes en territoires occupés, l’arrêt du pillage des ressources palestiniennes...
Le soutien affiché de François Hollande à l’agression israélienne est inacceptable.
Ensemble! dénonce la volonté du gouvernement Valls de restreindre l'expression de la solidarité avec le peuple palestinien. 
Si les menaces pesants sur la manifestation de samedi étaient confirmées, ce serait un précédent d'une extrême gravité, une atteinte intolérable au droit de manifestation.
Ensemble!, membre du Front de Gauche, appelle à participer aux manifestations organisées dans les différentes régions en solidarité avec le peuple palestinien et participera à la manifestation parisienne le samedi 19 juillet.

Moi sur Facebook:

Hollande bans demonstrations in Paris and the multicultural suburb of Sarcelles against Israeli aggression in Gaza, and thousands demonstrate anyway, despite police provocation and complicity with violent fascist organisations like the Jewish Defence League (think English Defence League). Many tens of thousands of others were deterred or unable to attend (like me) - but we now know that Hollande, his right-wing prime minister Valls and interior minister Cazeneuve, are mere 'paper tigers'. Another nail in the coffin of Hollande's (and his government's) credibility, after their repeated capitulations to France's employers' organisations. This is truly a lame-duck' government - but a dangerous one.

Après l'interdiction de la manif de solidarité avec la Palestine, il faut que tous les militant-e-s à peu près de gauche du PS se posent la question de démissionner en bloc de ce parti dont l'appareil soutient à fond l'Etat terroriste d'Israël et couvre les agissements des groupes extrémistes pro-isréliens en France. Pas de demi-mesures ni d'excuses, ni de déclarations ambigües qui ne sont qu'un moyen de ne pas prendre position. Le problème n'est évidemment pas Hollande ou Valls, aussi coupables soient-ils, mais de toute la direction politique du PS. Et cela vaut aussi bien en politique économique et sociale qu'en poltique extérieure.

Paris, France

Communiqué

Malgré la dure répression ordonnée par Hollande 10 000 manifestants à Paris ce Samedi 19 juillet

Le président Hollande a déclaré aujourd’hui : « Ceux qui veulent à tout prix manifester en assumeront la responsabilité ». En nous mobilisant massivement, nous lui avons répondu : « Ceux qui veulent à tout prix user d’un droit démocratique fondamental ne céderont pas à vos menaces ».

Dès 14h, des centaines de manifestants ont répondu à l’appel des organisations palestiniennes et solidaires, bravant ainsi l'interdiction maintenue malgré nos recours juridiques et les appels nombreux qui jusqu’au sein du PS demandaient au gouvernement de cesser de se baser sur les mensonges de la LDJ pour attenter aux libertés publiques.
A 15h, plusieurs milliers de manifestants avaient rejoint le carrefour Barbès bouclé par un dispositif policier massif. Les manifestants venant de Gare du Nord ont été refoulés par les forces de l’ordre sur le boulevard Magenta, ce qui a vite créé un attroupement sur le parvis de la Gare.
A 16h, le paroxysme de cette journée de mobilisation populaire en soutien à la résistance palestinienne a été atteint : au moins 7000 personnes à Barbès, 1000 à la Gare du Nord et, en comptant les très nombreuses personnes empêchées de rallier les lieux de rassemblement, nous estimons à 10 000 le nombre total de personnes qui ont bravé la répression aujourd’hui.

Dans ces conditions, à Barbès, la tension est vite montée suite au bouclage de toutes les issues. Les personnes souhaitant quitter le rassemblement en ont été empêchées par les barrages policiers. Un sit in a été organisé, très vite pris pour cible par les tirs de flashball, de grenades lacrymogènes et grenades vomitives. Au moins 20 manifestants blessés et souffrant de troubles respiratoires, notamment des femmes et des enfants, ont été décomptés par les organisateurs. A ce stade, malgré les appels au calme répétés des manifestants, la tension est montée et l’escalade s’est poursuivie dans les heures suivantes.

A Gare du Nord, le rassemblement s’est déroulé de façon plus calme. Sans surprise, la police a réservé un traitement plus violent aux habitants du quartier populaire de Barbès, alors que la présence de nombreux touristes à Gare du Nord semble avoir favorisé une relative retenue ; cela rappelle les plus sombres heures de l’ère coloniale. Le rassemblement à Gare du Nord a été dissout à 17h15 ;un peu avant un cortège de 200 personnes avait réussi à rejoindre Barbès. Pendant ce temps, un millier de personnes ont réussi à trouver une issue au quadrillage policier de Barbès, et sont allés en manifestation spontanée défilant du boulevard Magenta à Châtelet, avant de se disperser dans le calme à 18h15. Ceci atteste qu’il était parfaitement possible qu’une manifestation ait lieu à Paris ce jour, comme partout en France. C’est la décision politique, pour ne pas dire idéologique, du gouvernement usant d’une violence disproportionnée qui a créé les conditions des troubles à l’ordre public, dont le gouvernement porte donc la totale responsabilité.

Nous restons mobilisés pour obtenir la libération de nos jeunes camarades interpellés. Notre vigilance est accrue après la condamnation d’un jeune à 4 mois de prison ferme la semaine dernière.

Nos mots d’ordre restent clairs : nous continuerons de nous battre pour pouvoir exprimer notre soutien à la lutte du peuple palestinien, et appelons d'ores et déjà à une manifestation nationale samedi 15h place de la République à Paris

Manifestation masssive à Londres


A cry of rage for Gaza fills the streets of London

Vidéo de la manifestation à Londres. A 3min 08 sec les manifestants s'arrêtent devant l'ambassade française pour protester contre l'interdiction des manifestations à Paris, Sarcelles et Toulouse.

Communiqué de presse de 6 députés socialistes contre l'interdiction de la manifestation parisienne: Nous, députés, pensons que les soutiens à la Palestine ont le droit de manifester samedi à Paris!

29 juin 2014

Du neuf à gauche ... vite !

Dimanche 25 mai, le résultat des élections européennes a été un jour de cauchemar politique pour des millions de salariés et de jeunes. Le Front National à 25%. Quelques jours auparavant, Jean-Marie le Pen affirme que face à l’«explosion démographique» et à l’ «invasion migratoire» qui soi-disant menaceraient l’Europe, «Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois». Rappelons qu’Ebola est un virus mortel foudroyant qui sévit en Afrique et touche de façon extrêmement violente des milliers de personnes. Une façon comme une autre pour Jean marie Le Pen d’appeler au génocide des africains. 

Ces propos scandaleux passent quasiment inaperçus dans le brouhaha médiatique. Et le Front National, qui sort en tête des élections européennes, se présente maintenant comme une force politique capable d’arriver au pouvoir lors de l’élection présidentielle de 2017… Quelques jours après, le grand déballage Bygmallion des surfacturations de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 alimente un peu plus la crise politique et le désaveu massif des citoyens envers les partis politiques. 

A gauche, les électeurs ont massivement déserté les urnes. Ce qui se traduit par un effondrement brutal du parti socialiste, première force politique responsable de la politique pro-patronale et ouvertement libérale de François Hollande et Manuel Valls qui est largement rejetée par les classes populaires. Mais sans qu’une alternative à gauche n’émerge pour le moment, ni du côté d’Europe Ecologie/Les Verts, ni du côté du Front de Gauche, et encore moins de l’extrême gauche.

Le Front de Gauche, représenté par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2012, et dont Ensemble ! est partie prenante a été trop divisé ces derniers mois pour être véritablement crédible. Il y a urgence à ouvrir une nouvelle page du Front de Gauche, à en faire une force politique porteuse de propositions, qui agisse en permanence aux côtés de ceux qui luttent dans les quartiers et les entreprises, qui soit une force de rassemblement des forces de gauche et écologistes opposées à la politique de Valls et Hollande.

Editorial de La Tulipe Rouge (n° 3, juin 2014)

20 juin 2014

Ensemble! et la lutte contre l'extrême-droite

Un compte-rendu complet de la réunion du Collectif national d'Ensemble! qui a eu lieu les 14-15 juin à Saint-Denis: 

Compte-rendu du CN d'Ensemble! des 14-15 juin 2014 par Ingrid Hayes


Et voici un extrait auquel je voudrais réagir :


(...) On ne s’étonnera pas que le Front National ait été au cœur des débats, qu’il s’agisse de sa nature (nature réelle, nature telle que perçue par la grande masse de la population), de la possibilité et des modalités de son accession au pouvoir ou, côté travaux pratiques, des moyens de s’opposer à lui et de le faire reculer. La ligne social-raciste qu’il développe aujourd’hui traduit-elle un changement de nature ? Quelles possibilités lui offre aujourd’hui, en perspective, le cadre de la Ve République ? Quel type de riposte mettre en place, entre les mobilisations de type « anti-fa » et l’idée qu’il faut tout concentrer sur notre capacité à proposer une perspective politique crédible ? 


Je pense que cette façon de poser le problème est trop réductrice. 


Qui parmi nous pensent que le racisme et le fascisme reculeront durablement en l'absence d'une "perspective politique crédible", donc d'une alternative de gauche aux politiques de régression sociale ? Qui parmi nous pensent que les actions de type 'anti-fa' sont une réponse suffisante au problème. Personne, je pense.


Les véritables questions qu'on doit poser sont comment s'organiser contre l'extrême-droite et aux côtés de qui, quelle priorité donner à ce combat, et comment articuler le combat antiraciste et antifasciste et les revendications 'sociales' ? 


Or, visiblement, certains camarades pensent - ou tendent à penser - soit qu'une lutte spécifique antifasciste porte nécessairement le danger de la constitution d'un 'front républicain' avec les Socialistes, soit à des actions ultraminoritaires qui nous coupent de la masse des travailleurs (c'est surtout le premier danger qui a été souligné, comme si le premier, voire le seul de nos problèmes était de nous démarquer du PS).


Bon nombre de camarades semblent considérer que notre premier souci n'est pas la faiblesse et les divisions de la résistance à l'extrême-droite mais le risque que nous nous trouvions 'hégémonisés' par le PS. On attend même de temps en temps - pas chez nous, bien sûr ! - que le PS serait 'pire' que le FN.


Je n'étais pas présent à tous les débats le weekend dernier, mais il y avait en effet dans la commission à laquelle j'ai assisté, au moins deux types d'intervention sur cette question (un débat qui par ailleurs a été très mal rendu par la rapporteuse lors de la séance plénière). 


Certains, comme moi, ont insisté sur l'urgence d'une riposte à la montée de l'extrême-droite et à ses idées racistes (islamophobes en particulier mais pas seulement bien évidemment) - une riposte à la fois idéologique et pratique. Si nous ne sommes pas attardés sur la nécessité de proposer une vraie politique de gauche, c'était en partie pour 'tordre le bâton' en faveur d'une ligne antifasciste combative, mais principalement parce que nous sommes tous d'accord là-dessus.


D'autres semblaient penser que la seule façon de barrer la route au FN est de démontrer que nous, la gauche, avons les meilleures réponses à la crise, qu'elle soit analysée principalement sous un angle institutionnel (crise du régime, nécessité d'une VIème république) ou économique et sociale.


Si ce n'est pas le cas des camarades présents au CN, on peut néanmoins souvent constater une certaine dérive chez ceux qui - disons-le de façon un peu caricaturale - 'minimisent' le danger du FN. On entend souvent des remarques comme quoi "de toute façon le FN n'arrivera jamais au pouvoir" ou "Valls est plus dangereux que Le Pen" ou encore que "le FN n'est pas un parti fasciste - la preuve, c'est il joue le jeu des institutions et modifie son discours sous la direction de Marine le Pen". Voire "il faut comprendre les électeurs de Le Pen, car ce sont de pauvres gens fragilisés par la crise qui attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations" (donc toute réponse sur le plan idéologique et antiraciste serait contre-productive).


Il y a bien sûr une part de vérité dans certaines de ces affirmations. Ce sont des questions complexes, et je ne dis pas que les camarades qui tiennent ce type de discours ne sont pas capables de les nuancer. Mais cette tendance est inquiétante car elle peut conduire à des conclusions réactionnaires - comme le refus de participer aux mobilisations pour l'anniveraire de la mort de Clément Méric parce que cela nous conduiraient à manifester aux côtés de militants du PS.. 


Il faut bien sûr éviter de caricaturer les positions des uns et des autres. Ceux comme moi qui pensent que la lutte contre l'extrême-droite doit être au centre de notre politique ne défendent ni le 'front républicain' ni une perspective de confrontations systématiques et parfois symmétriques de type 'anti-fa' (des blousons noirs contre d'autres blousons noirs - parfois de la même marque). De telles actions, surtout quand elles remplacent un travail patient d'explication et d'agitation, nous isole de la masse des travailleurs qui peuvent légitimement penser que nous ne sommes pas si différents que cela des 'fachos'.


Mettre la lutte contre le FN et l'extrême-droite au centre de notre politique signifie pour moi oeuvrer à la création d'un mouvement populaire, inclusif (pas d'anathèmes contre des militants du PS, par exemple), massif et dynamique. Un mouvement qui ne demande pas aux gens d'être d'accord sur tout. Tu haïs le FN et ses idées ? Tu veux une société tolérante, ouverte, multiculturelle ? Rejoins-nous, on s'en fout pour qui tu votes ou ce que tu penses de la révolution ou si tu pratiques une religion. La seule chose qu'on te demande, c'est de toujours penser à comment tu peux convaincre le maximum de gens autour de toi (si tu veux simpler "casser du faf" on te défendra, mais on pense que tu te trompes de méthode).


Dans un tel cadre, les militants se posent inévitablement des questions : l'immigration doit-elle être limitée ? doit-on interdire le FN ? la police peut-elle être un rempart contre les Nazis ? la violence peut-elle être nécessaire ? faut-il s'opposer à toutes les oppressions ? pourquoi des gouvernements 'socialistes' n'ont-ils jamais introduit le droit de vote pour les étrangers aux élections locales ? qu'est-ce que l'islamisme et faut-il le combattre au même titre que le fascisme ? On peut évidemment en débattre, mais pas au dépends de l'agitation et de l'action sur des thèmes qui font accord entre nous. 


Un mouvement contre l'extrême-droite, uni et populaire, ne peut pas être limité à ceux qui ont "tout" compris. L'unité qu'il nous faut, c'est l'unité dans l'action (de masse) et non l'unité des analyses. Autrement dit, mettons-nous d'accord sur une série de mots d'ordre simples et clairs, donc mobilisateurs, et organisons une vaste campagne de propagande avec des mobilisations de rue, des concerts, des festivals ...


Un tel mouvement garderait son indépendance vis-à-vis des institutions et des partis. Mais il ne se priverait pas du concours de qui que ce soit, sauf ceux qui prêchent la haine contre tel ou tel groupe de la population. 


Bien sûr, ce ne serait pas sans poser quelques problèmes. Faudra-t-il prendre position contre telle ou telle déclaration de Manuel Valls ou d'André Gerin (pour ne nommer que ces deux-là, un peu au hasard) ? Probablement. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut refuser de travailler avec des élus socialistes ou communistes - et encore moins des militants - s'ils refusent de les condamner publiquement. Faudra-t-il demander à ceux qui veulent adhérer qu'ils prennent position, disons, (encore un peu au hasard) contre le sionisme ? Certainement pas, à condition qu'à leur tour ils ne refusent pas de travailler avec des militants pro-palestiniens.


Ce sont toutes des questions qui doivent être clarifiées. Mais un front anti-FN et anti-extrême-droite n'est certainement pas le meilleur cadre pour le faire.


Un tel mouvement se concentrerait essentiellement sur ce qui nous unit, et sur des actions concrètes en direction de la population. Il produirait des tracts simples, avec des explications claires, écrits en un français (ou d'autres langues ) compréhensible. Il produirait des badges, des affiches, avec un logo identifiable par tou-te-s. Il irait dans les quartiers. Il contacterait les syndicats, les responsables d'associations de quartier, communautaires, religieuses ... 


Pour cela plusieurs modèles existent dans d'autres pays (Angleterre, Allemagne ...). Il n'y a pas de raison que cela n'existe pas chez nous.


Tout cela signifie-t-il qu'il faut oublier les questions sociales, la question politique, la nécessité de faire une révolution pour éradiquer le causes du racisme ? Bien sûr que non, mais ce n'est pas le rôle d'un tel mouvement. Nous avons des outils pour expliquer aux gens que la fascisme ne vient pas de nulle part, qu'il est l'enfant du capitalisme, et que pour détruire le fascisme il faut détruire le capitalisme (donc pas faire confiance au PS etc.) Ces outils, ce sont nos partis politiques (PCF, Ensemble! NPA ...) qui continueront, tout en participant à un mouvement large, à défendre leurs idées et à proposer une stratégie pour débarrasser le monde définitivement du racisme et de la peste brune.


A mon avis, rien ne serait pire à l'heure actuelle que de nous contenter de faire des leçons de politique à des gens qui sont consternés par la montée du FN et de ces idées. 


Il faut prendre des initiatives, faire la démonstration qu'on peut faire quelque chose, qu'on peut faire reculer le FN, ne serait-ce que momentanément - pour ensuite être mieux placés pour démontrer que, bien sûr, cela ne suffira jamais pour l'éliminer complètement.


Il ne faut jamais banaliser ni relativiser le danger fasciste ni mettre cette lutte au deuxième plan sous quelque prétexte que ce soit (par exemple que cela peut arranger le PS, devenu l'ennemi numéro Un);


Il ne faut jamais oublier que le fond de l'affaire, c'est le racisme, quelque soit le vernis 'social' appliqué par les penseurs fascistes les plus intelligents - et souvent les plus radicaux (comme du temps du parti national-socialiste allemand). 


Il ne faut jamais oublier que les fascistes visent à détruire ou à neutraliser TOUT le mouvement ouvrier, y compris ce qui reste de la social-démocratie, les syndicats etc. 


Enfin, il ne faut jamais oublier que ceux et celles qui sont visé-e-s en premier lieu - les Noirs, les Arabes, les Musulman-e-s, les Juifs, les Rroms, peut-même bientôt comme c'est déjà le cas dans certains pays, les immigrés de l'Europe de l'Est - ont le droit de résister, et que nous devons les soutenir, avec comme objectif de construire un 'tous ensemble' contre l'extrême-droite. Mais il ne faut pas oublier, non plus, que, pour certains, l'antifascisme - qu'il soit du type 'républicain' ou de gauche - ne va pas de soi, car la république et la gauche coloniale, ils les connaissent trop bien. Cet antifascisme-là est souvent un antifascisme européen et 'blanc' (c'est faciement vérifiable en regardant les images des rassemblements pour Clément, malheureusement). 


Pour que cela change, il faut, non pas discourir sur l'"universalisme" ou "les valeurs de la république", ni même sur la lutte des classes, mais construire des alliances sur des bases saines (pas question, évidemment, d'accepter des mouvements ouvertement antisémites, islamophobes ou homophobes, par exemple). 


C'est dans la lutte contre un ennemi commun que l'unité de notre classe se forgera.