14 juin 2013

Violences racistes et policières à Argenteuil

par Collectif Contre l'Islamophobie en France

Dans la fin d’après-midi du mardi 11 juin aux environs de 19h près de la Basilique d’Argenteuil, les policiers de cette ville ont procédé au contrôle d'identité d'une femme portant le niqab. Bien qu'elle ait obtempéré, elle a été malmenée avant d’être conduite au poste de police.
















Rassemblement devant l'Hôtel de Ville d'Argenteuil, 14 juin

L’appel à témoin lancé par le CCIF hier a permis de préciser les éléments de cette affaire notamment avec le témoignage direct de la victime.

En effet, celle-ci a indiqué au responsable juridique du CCIF, que l’un des quatre agents de police aurait durci le ton et abusé de ses prérogatives en faisant preuve de zèle en arrachant violemment le sac de la victime et en la collant au mur. La victime assure avoir gardé son sang froid durant toute son interpellation. Cependant, les cris du policier sur la victime en pleurs ont suscité un attroupement et l'intervention d'un jeune demandant qu'on la relâche. Les versions diffèrent quant au nombre d’argenteuillais s’étant arrêtés pour s’enquérir de cette jeune femme (50, 60, 80 ?) révèlent toutes les imprécisions et la confusion médiatique de cette arrestation. Pour notre part, une commerçante, témoin de toute la scène, évoque quarante à cinquante personnes (commerçants, pères et mères de famille, élèves au sortir du collège, jeunes gens...), qui n'étaient pas là pour en découdre mais pour comprendre ce qui se passait, interpellés par cette interpellation musclée.

En aucun cas, il n'a été question de l’illégitimité du contrôle de la victime, elle-même ayant coopéré sans protester depuis le début de son interpellation. Les policiers ont répondu par un gazage massif à la bombe lacrymogène et ont tiré sans discernement au flash-ball pour disperser les gens, qui ont dû se réfugier dans les commerces. Ces agissements ont conduit le maire de la commune à saisir le préfet au motif, selon ses dires, "peut-être que l'usage de la force [par les forces de l'ordre] n'a pas été totalement proportionné".

La jeune femme a, entre-temps, été dirigée dans le fourgon de police par l’un des agents qui lui a lancé : « T’es contente de toi, fallait y réfléchir, c’est ta faute tout ça ». Direction le commissariat, où la victime a subi des invectives et des insultes de la part des agents. Au poste, les policiers sont chaleureusement accueillis par leurs collègues. Après une heure d’attente et d’intimidation, elle est auditionnée et interrogée sur : les raisons du port du niqab, le nombre de fois où elle a lu le Coran, l’Afghanistan.... A 21h, la jeune femme a quitté le commissariat son sac déchiré, un livre abimé et son téléphone brisé.

Ce matin 11h30, trois agents de police sont revenus à la charge en s’invitant au domicile de la victime pour s’assurer de son identité, qu'ils ont en principe contrôlé la veille, et de celle de sa sœur. On l’intimide et on demande à pénétrer chez elle, ce qu’elle refuse. Finalement les agents de police lui demandent de se présenter au commissariat à une heure ultérieure.

Le CCIF assure que tout sera mis en œuvre pour défendre les droits des victimes, nous lançons un appel aux autorités pour que l’enquête soit rapidement menée et que des mesures fortes soient prises pour rétablir la justice dans cette affaire.

Le CCIF appelle chacun des acteurs à un sens aigu des responsabilités et lance un appel à chaque argenteuillais afin de faire preuve de retenue et de sang-froid, qu’il s’agisse des victimes ou de tous les citoyens qui se sentent, inévitablement, indignés par la gravité des faits qui ont été énumérés.

Le CCIF ne souhaite pas que la communauté musulmane soit prise en otage et utilisée comme un instrument dans les manœuvres qui vont émailler la course aux municipales de 2014 à Argenteuil.

12 juin 2013

Vendredi 14 juin: Soirée festive avec Syriza Paris

http://syrizaparis.files.wordpress.com/2013/06/12-06-15syriza-trakt1.jpg

COMMUNIQUE DE BILAN DU RASSEMBLEMENT CONTRE L'ISLAMOPHOBIE DU 18 MAI 2013


par Mamans Toutes Egales 

Aux associations, réseaux, collectifs, syndicats, organisations et individus,

Le rassemblement initié par le collectif MAMANS TOUTES ÉGALES à la Fontaine des Innocents à Paris le 18 mai 2013 fut une vraie réussite avec la participation 300 personnes venant de la région parisienne, du Nord de la France et même de Belgique, avec la présence d’élues locales et régionales. Est à noter la grande pluralité et la richesse des interventions des organisations et collectifs participants et signataires (dont le nombre n'a jamais été aussi important, ce que nous saluons).

Ce rassemblement a bénéficié d’une large couverture médiatique tant au niveau national qu’international.

Cependant, au regard de la (longue) liste de signataires, nous regrettons le manque de mobilisation de nombre d'organisations et associations dans leur propres rangs. En effet, certaines organisations semblent avoir adopté la logique de la "mobilisation par représentation" et nous pensons que celle-ci risque d'être très insuffisante à l'avenir vu l'ampleur de l'offensive islamophobe.

MAMANS TOUTES ÉGALES exige l’abrogation de la circulaire Chatel, qui interdit aux mamans musulmanes portant un foulard d’accompagner les sorties scolaires et refuse les circulaires et règlements à venir qui voudraient perpétuer cette exclusion. Nous pensons qu'une victoire à court terme contre cette circulaire faciliterait une mobilisation plus large, à long terme, contre l’islamophobie. En effet, l’arrêt des exclusions de mamans voilées serait une victoire contre la discrimination que vivent les musulmans et, également, contre les lois et arrêtés liberticides.

Pour intensifier nos actions de lutte contre l’islamophobie tout en préservant la spécificité de MTE (lutter pour l’abrogation de la circulaire Châtel), nous vous proposons de constituer un front large contre l’islamophobie dans lequel MTE ne serait qu’un collectif parmi d’autres. Ce front doit s’envisager à l’échelle nationale et mobiliserait contre les mesures islamophobes qui s'annoncent.

Si ce projet de constitution de front contre l’islamophobie suscite votre intérêt, merci de nous en faire part par retour de mail.


MAMANS TOUTES EGALES, Montreuil le 6 juin 2013                                                                                                 

Meeting du Front Populaire de Tunisie

6 juin 2013

Hommage à Clément Méric à Paris, jeudi 6 juin

Un millier de personnes se sont rassemblées ce soir à Paris devant la fontaine Saint-Michel en hommage à Clément Méric, 18 ans, militant antiraciste, victime de la barbarie fasciste. Des rassemblements ont également eu lieu dans de nombreuses autres villes.








Un militant syndicaliste et antifasciste tué à Paris par l’extrême-droite !

En anglais: Nazi thugs kill French activist (Socialist Worker)

Communiqué de l'Union Syndicale Solidaires

Le mercredi 5 juin 2013, en sortant d’un magasin de vêtements, près de la gare Saint-Lazare, notre camarade Clément, syndicaliste à Solidaires Etudiant-e-s et militant à l’Action Antifasciste Paris-Banlieue a été battu à mort par des membres de l’extrême droite. La mort de notre camarade s’inscrit dans le contexte de la progression d’un mouvement fasciste violent en France et ailleurs en Europe. Clément est en état de mort cérébrale des suites de ses blessures à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Sa perte nous accable. Notre douleur et notre colère sont encore aggravées par la certitude que nombreux et nombreuses sont celles et ceux qui, militant-e-s antifacistes, personnes exposées à l’homophobie et/ou au racisme, auraient pu et peuvent encore en être victimes.

Aujourd’hui, toutes nos pensées vont à sa famille et à ses proches et à ses camarades de Solidaires Etudiant-e-s à qui nous exprimons toute notre solidarité.

Cet acte odieux est inséparable de la multiplication des agressions racistes, homophobes par des militants d’extrême droite ces derniers mois et de l'installation d'un climat de haine entretenu par des discours politiques stigmatisant qui ne sont pas l’exclusivité du Front national et des groupuscules fascistes..

Au-delà des suites policières et judiciaires, l’heure est au renforcement de la mobilisation antifasciste.

Avec Solidaires Etudiant-e-s, l'Union syndicale Solidaires appelle toutes celles et ceux qui condamnent cet acte odieux et refusent de laisser s'installer la vermine d'extrême droite à participer massivement aux nombreux rassemblements organisés aujourd'hui et dans les jours qui viennent, à Paris et dans les départements, notamment à celui de ce soir jeudi 6 juin à partir de 17h devant le passage du Havre, métro Saint Lazare et à rejoindre ensuite celui de Saint Michel à 18h30.


Communiqué du Front de Gauche 

Réaction au meurtre de Clement, militant antifasciste et appel à un rassemblement unitaire

Clément Méric, antifasciste, étudiant de Sciences Po où il militait au syndicat Sud a été tué hier en plein Paris par un groupe de militants d’extrême droite manifestement du Groupe JNR (Jeune Nationaliste Révolutionnaire).

Violemment frappé au sol il a été déclaré en état de mort cérébrale à l’hôpital Salpetrière.
Le Front de Gauche  est triste et en colère devant le meurtre politique de ce jeune de 18 ans. Il adresse ses condoléances à sa famille et ses camarades.
Le Front de Gauche s’adresse au Ministre de l’intérieur pour que les forces de police retrouvent rapidement les responsables de cet assassinat. Le FDG exige la dissolution des Groupes d’extrême droite qui multiplient les actes de violence et affichent avec de moins en moins de retenue la haine raciale et leurs convictions fascistes à Paris et à travers le pays depuis plusieurs semaines. Nous dénonçons le climat malsain qui voit la banalisation des idées d’extrême droite jusqu’au renvoi dos à dos de partis se réclamant de cette famille politique avec des forces démocratiques et antiracistes.
Le Front de Gauche soutient le rassemblement initié par les étudiants de Sciences Po en hommage à leur camarade à 12 h.
Nous appelons également ce jeudi 6 juin à 18h30 Place St Michel à un rassemblement unitaire le plus large possible pour dire notre horreur face à ce crime odieux et exiger la dissolution des groupes d’extrême droite responsables de la mort de Clément.

Communiqué du MRAP
Meurtre  de Clément Méric : dissolution immédiate des groupes fascistes
Le MRAP est bouleversé par le meurtre politique de Clément Méric Jeune Militant antifasciste. Il a payé de sa vie son combat contre la haine d'extrême-droite. Le MRAP adresse l'expression de toute sa compassion à sa famille durement frappée et sa solidarité militante à ses compagnons de lutte antifasciste.
Ce meurtre soulève la question de la recrudescence des agissements des groupes d'extrême-droite . Il s'inscrit dans dans la longue liste des provocations et violences d'extrême-droites de ces derniers mois, (occupation de la mosquée de Poitiers,  violence contre des hommes et femmes politiques, agressions d'homosexuels et de leurs organisations).
Même si les acteurs directs du crime ne sont pas les organisateurs des manifestations homophobes, les mots de ces derniers, leurs outrances « il va y voir du sang » , leurs invocations à la « guerre civile » étaient autant d'allumettes de la haine que les plus ultras n'avaient plus qu'à ramasser.
Les premières informatiosn révèlent que les meurtriers étaient membres des jeunesses nationalistes révolutionnaires, l'un des groupe fascistes les plus actifs ces derniers mois dans le climat politique homophobe, raciste et islamophobe qui sévit en France.
Le 28 mai 2013, le MRAP demandait la dissolution des groupes d'extrême-droite violents. Cette revendication est devenue une urgence politique Tous les groupes d'extrême-droite impliqués dans les actions violentes de ces derniers mois doivent être dissous sans plus tarder.
Ce crime survenant dans un contexte national et européen qui connaît la résurgence des thèses qui ont martyrisé l'Europe au siècle dernier, Le MRAP en appelle à une vigilance et une mobilisation renforcée de tous les démocrates contre les agissements fascistes.


Communiqué de la Gauche Anticapitaliste

Mortelle agression fasciste  à Paris.

Un jeune, étudiant à Sciences Po, syndicaliste à Sud-étudiant et militant antifasciste, a été agressé hier, à Paris, par trois skinheads qui appartiendraient à un groupe de l'extrême-droite radicale. 
 

Violemment frappé au visage et battu, Clément Méric est en état de mort cérébrale.
 

La Gauche anticapitaliste, membre du Front de gauche, exprime toute son émotion et sa solidarité à la famille et aux proches de Clément Méric.
 

Tout doit être fait pour retrouver les responsables de cet assassinat afin qu'ils soient jugés.
 

On a beaucoup vu ces groupes néo-nazi ces derniers temps au sein des manifestations contre le mariage pour tous en lien avec le Printemps français.
 

Il est intolérable de les voir parader ces groupes fascistes, racistes et homophobes dont l'idéologie est le copier-coller de l'idéologie nazie.
 

Leur développement dans d'autres pays européens est inquiétant. En Grèce, l'Aube dorée, dorénavant représenté au parlement, n'hésitent pas à s'en prendre violemment aux immigrés ou à quiconque ne partage pas son point de vue.
 

Cette agression fasciste ne doit pas rester sans réponse.
 

C'est dans l'unité qu'il faut riposter.
 

Dans l'immédiat, la Gauche anticapitaliste, membre du Front de gauche, appelle aux initiatives qui sont prévues aujourd'hui, à 12h devant Sciences Po, à 17h à Havre-Caumartin et à 18h30 Place Saint-Michel.
Une manifestation unitaire rassemblant tous les antifascistes, de tous les démocrates est à l'ordre du jour.
Il est de notre responsabilité à tous d'agir dans la durée pour mener une lutte politique contre la propagation d'une idéologie de violence et de haine qui se nourrit de la crise qui frappe des dizaines de millions de personnes en France et en Europe.
 

Le 6 mai 2013.

Aujourd'hui, le fascisme tue en France, par Attac 

Agression fasciste à Paris: Mobilisation ! par NPA

3 juin 2013

Solidaires de la résistance populaire en Turquie !

Soutien  aux campeurs
de Gezi Park à Taksim. 

RASSEMBLEMENT UNITAIRE
Le mardi 4 juin  à 19h
à la Fontaine des Innocents
Métro : Chatelet - Les Halles 

Ces dernières quarante huit heures ont été marquées par une formidable mobilisation populaire en Turquie qui a engrangé d'importants succès malgré une terrible répression policière.

Le point de départ de la mobilisation est un projet du gouvernement et de la mairie d'Istanbul de détruire le parc Gezi sur la place Taksim au cœur de la métropole pour le transformer en un complexe commercial et pseudo-"culturel". Ce projet écologiquement néfaste et démocratiquement illégitime a suscité une résistance courageuse qui est allée en s'amplifiant. 

Le mouvement lie désormais la défense de l'écologie urbaine, les droits démocratiques et la résistance à l'autoritarisme néo-libéral.

Malgré la répression policière qui a d'ores et déjà entraîné plus des centaines de blessés, la mobilisation a réussi à occuper en masse la place Taksim, obligeant la police à se retirer alors que des mouvements similaires se développe dans les autres villes du pays .

Le gouvernement Erdogan et son parti l'AKP montrent une nouvelle fois leur véritable visage : au service des puissants et autoritaire.

Nous saluons le succès de la mobilisation populaire en Turquie!

Nous exprimons notre solidarité aux occupants de la place Taksim et de tous ceux qui se sont joints à leur mobilisation à travers la Turquie. 

Nous soutenons tous les manifestants victimes de la barbarie policière et/ou qui subissent des poursuites judiciaires.

Nous appelons à participer aux rassemblements unitaires de solidarité dans toute la France, notamment, à Paris, à la Fontaine des Innocents à 19 heures mardi 4 juin
***
Un article écrit dimanche 2 juin qui fournit des éléments d'analyse politique du mouvement qui secoue la Turquie actuellement: Taksim partout ! Résistance partout ! Le mur de la peur est brisé en Turquie

31 mai 2013

Il faudra se mobiliser dans l'unité pour défendre nos droits et notre système de retraite

Communiqué de la Gauche Anticapitaliste

Après les brutales déclarations de Michel Issoudun, député PS et probable rapporteur de la prochaine loi sur les retraites, faites le 23 mai dernier, tout doit être fait pour une mobilisation sociale et politique d'ampleur.
D'autant plus qu'à cette déclaration viennent s'ajouter les "recommandations" de la commission de l'Union européenne. Recommandations qui sont des ordres à peine déguisés, comme vient de le rappeler aujourd'hui Barnier, commissaire européen.

F. Hollande peut faire mine de s'offusquer, la règle d'or qu'il a fait voter avec le Traité sur la stabilité institutionnalise la tutelle de la commission de Bruxelles sur les équilibres financiers des États, leurs politiques budgétaires.

Un groupe d'experts nommé par le gouvernement devrait rendre ses conclusions début juin, avant la conférence sociale des 20 et 21 juin et un projet de loi est prévu pour le début de l'automne.

L'allongement de la durée de cotisation, au-delà des 41,5 annuités, revient régulièrement. Le rapprochement des conditions de départ dans le public et dans le privé, jouant sur la période prise en compte pour le calcul du montant de la pension, est mentionné également, ainsi qu'une désindexation comme cela a déjà été acté pour les retraites complémentaires.

Par ailleurs, la commission de Bruxelles insiste pour exclure tout relèvement des cotisations.
Dans ces conditions, le maintien de l'âge de départ légal à la retraite à 62 ans devient formel puisqu'il se ferait au prix d'une diminution des pensions.

Cette nouvelle réforme d'inspiration libérale ne peut que plaire au Medef. L'argument de l'allongement de la durée de vie auquel le PS se réfère, après l'avoir écarté à l'époque de Sarkozy, nie les profondes inégalités entre les catégories sociales si on prend en compte la santé des retraitéEs.

Ce serait un nouveau recul social d'ampleur pour les droits des salariéEs.

Le temps est compté.

La responsabilité des organisations syndicales, des associations, des partis politiques militant pour une alternative à l'austérité est de trouver le chemin d'une action commune déterminée pour contraindre le gouvernement à ne pas durcir davantage les droits d'accès à la retraite.
Pour la Gauche anticapitaliste, membre du Front de gauche, le retour à la retraite à 60 ans à taux plein, reste une exigence sociale en rapport avec une qualité de vie qui devrait être un droit pour chaque citoyen.

Le 30 mai 2013.

30 mai 2013

La droite se cherche

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Où va l'UMP ? Va-t-on vers un 'Tea Party' à la française ?

Un article de Samy Johsua (Gauche Anticapitaliste)

(...) la mobilisation contre le mariage pour tous a montré l’enracinement des problématiques réactionnaires dans une partie de l’opinion. Toutes les institutions religieuses sont montées au créneau, révélant au passage que leur reconnaissance de la laïcité des institutions avait de sérieuses limites à leurs yeux, en plus de leur homophobie constitutive en tant qu’institution. Mais celle qui avait les moyens d’assurer la mobilisation visible est essentiellement de nature catholique. Malgré l’effondrement de la pratique religieuse et celle des vocations à la prêtrise, on a pu constater, avec au moins trois mobilisations à hauteur de 300000, l’ampleur de cette implantation. Laquelle, c’est une certitude, fera surgir une génération nouvelle de militants de droite, très ancrée à droite, et pour laquelle les frontières avec l’extrême droite ont été abolies dans la proximité de la mobilisation. C’est à la fois la possibilité d’un ressourcement  mais aussi source de problèmes massifs à venir. Parce qu’en définitive cette radicalisation reste marquée socialement dans les catégories favorisées et qu’elle est en décalage à la fois avec la majorité de la population (en particulier dans la jeunesse) et avec ses préoccupations majeures. Il n’est alors pas impossible que l’UMP ait trouvé là son « tea party » à la française. Un vrai mouvement social, assuré sur ses valeurs, mais les forçant à des positions extrêmes et à l’échec au final. D’autant que, et c’est paradoxal, si Marine Le Pen s’est tenue à l’écart des manifestations (son électorat étant très partagé), il est bien possible que ce soit vers elle que, finalement, ces secteurs se tournent. Une des spécificités du FN étant justement sa capacité à agglomérer des rejets qui peuvent être totalement contradictoires entre eux.

28 mai 2013

Les Alternatifs solidaires des luttes des immigrations post-coloniales Contribution dite « du 06 » Contre l'islamophobie ! Pour l'égalité des droits !

***  Le texte qui suit est une contribution des Alternatifs 06, et non la position des Alternatifs en tant que parti. Il a provoqué des réactions hostiles de la part d'autres militants.
Après la loi contre le voile à l'école et la loi anti-burqa, après la campagne contre les « prières de rue » et le « grand débat sur l’Islam », après l'offensive initiée par Luc Chatel contre les mamans voilées durant les sorties scolaires et la proposition de loi contre les nounous voilées, après la construction du mythe du garçon arabe des quartiers populaires, nécessairement plus macho et plus violent que les autres, les réactions à la décision de justice annulant le licenciement de la salariée voilée de la crèche Baby Loup désignent à nouveau les musulman-e-s comme des citoyen-ne-s entièrement à part et participent de la diabolisation de l'islam, jugé même par certains observateurs « incompatible avec la démocratie ».
Instrumentalisant une fois de plus la laïcité et les droits des femmes, le consensus entre la droite d'une part et le PS d'autre part, prend la forme de discours et prises de position favorables à une nouvelle loi qui interdirait le voile dans les entreprises et les associations.
Pressant le pouvoir politique d'adopter au plus vite cette loi, des figures médiatiques et responsables politiques – dont Harlem Désir, premier secrétaire du PS - défenseurs d'une laïcité excluante se mobilisent à nouveau.
Leur point commun : vouloir imposer dans le débat la thématique de la défense de la république contre l'intégrisme musulman, version francisée de la guerre des civilisations. Dans un contexte de racialisation des rapports sociaux, alimenté par les classes dominantes et leurs représentant-e-s politiques, cette nouvelle attaque accroît la division et la mise en concurrence des couches populaires.
Une fois de plus, les femmes voilées sont ignorées. Présentées au mieux de manière paternaliste, au pire de manière condescendante, on leur refuse le statut de sujet autonome. Elles seraient nécessairement victimes et contraintes de se soumettre ou manipulées par l'intégrisme. Certes, nous qui sommes féministes, nous n'oublions pas que le voile est un signe religieux particulier en ce sens qu'il est un marqueur sexuel lié à la domination masculine. Mais la question est bien de savoir si on respecte les femmes qui ont fait le choix de porter un voile et non de se prononcer pour ou contre le port du foulard.
C'est cette conception originelle de la laïcité favorable à la liberté de conscience instituée par la loi de 1905 -et défendue par exemple par une association comme la LDH- que la gauche radicale devrait porter tout en s'opposant à la conception religieuse de la laïcité -telle que pratiquée du temps de l'Empire dans les colonies françaises- qui renforce la stigmatisation des musulman-e-s.

Or, force est de constater que la gauche radicale ne s'est jamais vraiment impliquée dans la contre-offensive, aujourd'hui essentiellement menée par des intellectuel-le-s engagé-e-s, souvent proches d'elle et qui invitent à « prendre la mesure du racisme, voire de la haine, qui visent aujourd'hui nos concitoyens musulmans, ou perçus comme tels » (1)
Or, cette forme de racisme qui stigmatise - au prétexte de leur religion réelle ou supposée - une grande partie des habitants et surtout des habitantes des quartiers populaires s’en prend aussi aux populations les plus précaires(2), au salariat dans ses catégories les plus défavorisées (30% des milieux populaires, ouvrier-e-s et employé-e-s, sont issus de l'immigration post-coloniale). Ce sont aussi celles et ceux dont l’exclusion politique est la plus marquée et la plus préoccupante et dont la gauche radicale devrait mieux entendre les aspirations et partager davantage les luttes.
Il est temps de donner des signes à nos concitoyen-ne-s de culture musulmane pour qu'ils-elles puissent enfin se considérer comme des citoyen-ne-s à part entière. Il est temps de prendre pleinement en compte les légitimes aspirations des immigrations post-coloniales.
C'est pourquoi les Alternatifs proposent :
- L'abrogation de la loi de 2004 sur le voile à l'école et de toutes les lois anti-musulmanes qui ont suivi.
- Le droit de vote pour les résident-e-s étranger-e-s non communautaires aux élections locales et européennes, dans la perspective du vote de toutes et tous à tous les scrutins : la citoyenneté de résidence
- La reconnaissance du caractère systémique des discriminations raciales subies par les populations noires et arabes, françaises ou non et une véritable politique de lutte en faveur de l'égalité des droits, considérée comme politique publique prioritaire
- La mise en place d'une véritable politique d'affirmative action dans les quartiers populaires, notamment en matière de formation et d'emploi.
- La fin du traitement néo-colonial subi par les quartiers populaires et une justice équitable pour les victimes des violences policières. La dissolution des BAC et une réorientation de l'action policière dans les quartiers populaires
- La reconnaissance pleine et entière du fait colonial et des massacres commis au nom de la république.

En indiquant clairement sa volonté de partager les luttes des mouvements politiques autonomes issu-e-s des immigrations post-coloniales dans les quartiers populaires, la gauche radicale de notre pays marquerait sa solidarité avec les organisations et les peuples des pays du Sud, souvent ou en majorité de culture musulmane qui ont largement contribué à l'éclatant succès du récent Forum Social Mondial de Tunis.

1- Tribune parue dans Le Monde et aujourd'hui ouverte à pétition à l'adresse : http://www.change.org/petitions/contre-une-loi-stigmatisante-pour-une-commission-sur-l-islamophobie
2 - De nombreuses femmes musulmanes voilées n'ont pas d'autre activité que l'entretien et la garde des enfants. Pour elles, une nouvelle loi aurait pour conséquence de les priver de tout droit au travail.