5 septembre 2009

Sarkozy condamne la "violence aveugle" en Afghanistan

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Deux incidents en Afghanistan. Des missiles de l'OTAN sont lancés sur des villageois dans la province de Kunduz. Parmi la centaine (au moins) de victimes, il n'y avait, selon la première déclaration du responsable local des forces d'intervention, aucune victime civile. C'est toujours ça, la première réaction des militaires (comme de notre police) quand ils tuent des innocents - nier les faits ou mentir sur leurs causes pour semer le trouble, le temps de préparer leur défense. Maintenant ils admettent qu'il y a eu de nombreux tués chez les Afghans non-combattants.

L'autre incident a eu lieu dans la région de la Kapisa, au nord-ouest de Kaboul. Cette fois-ci ce sont des troupes françaises et non allemandes qui ont la tâche de nous protéger contre des attaques terroristes dans les rues de Paris (euh ...). Un militaire français a été tué et quatre sont grièvement blessés par une bombe artisanale. Toutes les victimes sont des militaires. La tragédie, c'est que le soldat dont les parents vont bientôt recevoir les dépouilles était un jeune réunnionais de 22 ans. Si nos dirigeants veulent faire la guerre à l'étranger, qu'ils envoient leur propres fils et filles se faire tuer.

Et Nicolas Sarkozy, donc, a exprimé sa "grande émotion" et condamné la violence "aveugle" ? Mais vous avez deviné, il s'agit de la mort au combat du militaire français. Tragique, bien sûr. Mais violence "aveugle" ? Notre président se moque de nous, il se moque des jeunes militaires et de leurs familles, et il se moque de toutes les victimes (très majoritairement des civils afghans) de cette guerre stupide, inutile et comme on dit en anglais "unwinnable" ('ingagnable').

(Source : Libération du 5 septembre 2009)

Pendant ce temps, les partisans ou les complices de la guerre montrent des signes de nervosité. En Grande-Bretagne, le député travailliste Eric Joyce, un sous-secrétaire du ministre de la Défense, vient de démissionner de son poste en motivant son geste par sa crainte que la guerre est devenue trop impopulaire et trop dangereuse pour l'alliance atlantique dont il est un fervent supporter (comme tout le gouvernement et la grande majorité des députés de gauche, à quelques exceptions honorables près).

En France, où le mouvement antiguerre n'a jamais eu le même retentissement qu'en Angleterre (grâce en grande partie à l'attitude du Parti socialiste), Martine Aubry appelle aujourd'hui même à "un vrai débat" sur la présence française dans le "bourbier" afghan. Si le PS sent le vent tourner, il y a certainement quelque chose qui se passe.

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