13 septembre 2009

Unité à la Fête de l'Humanité ?










Samedi 12 septembre à 17h à la Fête de l'Humanité, j'ai passé 2 heures debout à écouter un beau panel de représentants de la gauche radicale au stand du Parti de Gauche : Eric Coquerel du PdG, Jean-Luc Boislaroussie des Alternatifs (FASE), Christian Picquet de la Gauche Unitaire, Pierre Laurent du PCF, Pierre-François Grond du NPA et pour conclure, bien sûr, Jean- Luc Mélenchon du PdG.

Unanimité sur la nécessité de se présenter ensemble partout, sans le Parti socialiste, au premier tour des élections régionales de 2010 et même au-delà (le 'paquet de 3' des régionales, présidentielle et législatives - et pourquoi pas après suggère Grond pour le NPA). Des nuances sur l'idée de participer aux ateliers thématiques avec le PS (Mélenchon en particulier contre).

Unanimité également - c'est au moins ce que j'ai cru comprendre - sur l'unité de toute la gauche au deuxième tour, donc fusion des listes avec le PS sans le Modem sur des bases 'techniques' ou 'démocratiques'. Sur la possibilité d'un accord programmatique avec le PS, des doutes persistent, surtout au vu des dernières déclarations de Marie-George Buffet. Des différences sur la participation aux exécutifs (que faire si la gauche radicale arrive en tête de la gauche ?).

Unité également et peut-être surtout dans les luttes - et cette fois-ci c'est une unité qui peut inclure le PS.

Encourageant, le fait que le NPA puisse corriger ses erreurs sectaires du passé (la décision absurde de se présenter seul aux dernières élections européennes) - à défaut bien sûr de les reconnaître.

Quelques sorties inquiétantes de Mélenchon sur "la France, sixième puissance industrielle au monde" et la défense nationale (en faisant référence aux menaces impérialistes sur les gouvernements de gauche en Amérique latine).

Globalement, de l'espoir pour qu'une gauche radicale anticapitaliste forte émerge pour concurrencer sérieusement le PS sur sa gauche. (Lutte Ouvrière, comme toujours, n'entend pas participer à ce Front, et se dit opposée à tout compromis avec le PS, au premier comme au deuxième tour, alors qu'ils se sont alliés avec les socialistes et d'autres réformistes dès le premier tour aux dernières municipales.)

Sur l'attitude un peu ambigue du Parti communiste, voici un article de Sylvia Zappi dans Le Monde (14/09/2009) :

Marie-George Buffet a réussi sa démonstration : avec plus de 600 000 personnes comptabilisées en trois jours à la Fête de L'Humanité, qui se tenait à La Courneuve, la numéro un communiste a pu montrer que le PCF continue à peser à gauche. L'affiche musicale était belle, certes, mais les débats ont également attiré beaucoup de monde. Et dans les allées, les discussions sur les contours des alliances aux régionales passionnaient autant que les concerts.

"Notre fête est un acte fort de résistance", s'est félicité la secrétaire nationale, lors de la réception donnée samedi. Du PS aux Verts, en passant par le Parti de gauche et Lutte ouvrière, toute la gauche était représentée, à l'exception du NPA dont les dirigeants ont boudé la réception. Mme Buffet s'est efforcée d'assurer, d'un côté, à ses partenaires du Front de gauche qu'elle était favorable à des listes autonomes aux régionales et, d'un autre, de montrer au PS qu'elle ne coupait pas les ponts. Elle a donc lancé un appel en faveur d'"un débat d'idées pour l'émergence d'un projet" à gauche. Le PS s'est empressé de répondre positivement. "La priorité, c'est le rassemblement de la gauche", a insisté Martine Aubry, dimanche.

La secrétaire nationale a aussi précisé sa stratégie pour les régionales. Pour elle, ce sera avec le Front de gauche - l'alliance avec le Parti de gauche et la Gauche unitaire : "Remettons l'ouvrage sur le chantier pour donner plus de forces au Front de gauche", a dit Mme Buffet. Le PCF propose à ses partenaires de "coorganiser" des "ateliers sur le projet" et d'inviter l'ensemble des organisations de gauche et écologiste à en débattre.

Sur sa faim

Mais M. Mélenchon restait sur sa faim. Pour lui, l'ambiguïté d'un possible élargissement de l'alliance électorale aux socialistes n'était pas levée. "Il n'y a pas de plate-forme partagée avec le PS, alors disons-le !", bougonnait le député européen. La direction du PCF s'est efforcée d'éteindre la polémique. "Le choix du Front de gauche est durable. Mais nous voulons, lors des ateliers, pousser les contradictions qu'il y a dans toutes les formations et élargir ce front", lui répondait Pierre Laurent, numéro deux, un peu plus tard.

En clair, le PCF espère attirer des militants socialistes et écolos. Une "offre nationale" sera faite le 24 octobre, a insisté M. Laurent, pour mieux souligner que la ligne communiste ne sera pas à la carte selon les régions. La précision vaut tant pour M. Mélenchon que pour la base, qui s'impatiente. "Les militants en ont marre des alliances avec le PS. Cette fois-ci, la coupe est pleine !", assure ainsi Anne Joulain, conseillère municipale à Poitiers. Le NPA, lui, a posé ses conditions : le "refus de participer à tout exécutif" avec le PS et les Verts. Et prépare ses listes au cas où elles ne seraient pas reprises.

Sylvia Zappi

4 commentaires:

John Mullen a dit…

Je ne sais pas quoi penser de la positions du NPA présentée par PF Grond. Ce weekend le comité politique national du NPA va discuter de la question; après il y aura des aller-retour entre les comités et le national avant une décision définitive ( alliance ou pas) en novembre ou décembre.

Il y a une minorité bien organisée au NPA absolument contre toute alliance avec le PG ou le PCF, et il n'est pas impossible que se présenter seul soit la décision finale. Il faut que touts les membres du NPA travaillent pour l'unité.

Colin Falconer a dit…

Et puis il y en au NPA qui sont contre tout vote pour le PS au 2ème tour.

Ce n'est pas gagné au PCF non plus. Il est vrai que la tonalité de ce meeting à la Fête de l'Huma était très unitaire, mais il est effectivement difficile à savoir au nom de qui ils parlent.

Mélenchon joue un rôle clé, et sa position paraît assez claire : unité PCF, PdG, NPA et autres au 1er tour, listes communes 'techniques' ou 'démocratiques' au 2ème (mais sans le Modem), pas d'accord programmatique avec le PS. Mais il n'exclut pas la participation aux exécutifs, en posant la question pertinente : si on a des élus, et surtout si on est majoritaire à gauche, qu'est-ce qu'on fait par rapport à ceux qui votent pour nous ? Les électeurs votent pour qu'on fasse quelque chose.

Rudi a dit…

Bonjour,

L'article me semble gravement incomplet. Il n'évoque nulle part que dans ce débat la position du PCF était volontairement pas claire : Pierre Laurent a soigneusement évité de répondre aux demandes de tous les autres intervenants de se présenter sans le PS au premier tour.

À force de vouloir critiquer en permanence le "sectarisme" du NPA, on finit pas oublier que sa position concernant le PS est juste, et que les manoeuvres du PCF qui navigue entre l'antilibéralisme et le PS sont l'obstacle politique premier à une alliance. L'unité sans indépendance par rapport au PS mènera à la catastrophe. En 2004 le PCF a présenté des listes communes avec le PS au premier tour dans 16 régions sur 22.

Amicalement.

Colin Falconer a dit…

Oui, je serais moins optimiste aujourd'hui, vu les dernières déclaration de M-G Buffet. Mais la tonalité de la réunion était très unitaire, peut-être parce que c'est ce que l'assistance voiulait entendre.

Je persiste à croire que le NPA a fait un grand revirement sur la question des candidatures unitaires. J'espère que la tendance la plus sectaire ne gagnera pas - aller aux régionales seules serait une nouvelle erreur très grave, et pour la gauche radicale et pour le NPA lui-même.

Parmi les militants du NPA j'en connais beaucoup qui disent qu'ils ne voteront "jamais" pour les "socialos" (ne peut-on pas arrêter d'utiliser ces surnoms enfantins, "socialos", "cocos", "trotskards" ?) - même au 2ème tour. Ce n'est pas une attitude adulte.

Je n'étais pas d'accord avec l'attitude du NPA au 2ème tour des élections municipales de St Denis. Autant j'ai défendu son droit de présenter une liste au 1er tour plutôt que de se présenter avec le PCF etc comme l'a fait LO, autant j'ai désapprouve son refus d'appeler clairement à voter pour la gauche au 2ème tour, même si sa demande d'une fusion purement technique a été refusée. On n'obtient pas ce qu'on veut et on boude !