20 octobre 2009

Grève des salariés de Pôle Emploi

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Les salariés du secteur public comme des entreprises privées sont touchés de plein fouet par la crise. Pas forcément de la même manière, mais assez pour que la révolte les gagne. L'idéologie libérale encourage ceux du privé à considérer les fonctionnaires et assimilés comme des 'nantis', en oubliant que des services publics comme La Poste ou les hôpitaux fonctionnent de plus en plus comme des entreprises privées, en généralisant le management par objectifs voire le management par le stress, la sous-traitance aux sociétes de service privées et les contrats précaires. Ce 'racisme anti-fonctionnaire' a eu un certain succès, mais comme le racisme tout court il est contredit par l'expérience personnelle de millions de travailleurs (beaucoup de couples compte un époux dans le privé et l'autre dans le secteur public, par exemple).

Aujourd'hui c'était journée de grève chez les cheminots (contre la réorganisation du frêt et pour les salaires) et chez les salariés de Pôle Emploi (anciennement ANPE et Assedic).

Sarkozy a peur des luttes y compris 'sectorielles', qui peuvent être plus efficaces qu'une nième journée d'action interprofessionnelle appelée d'en haut par la bureaucratie syndicale. A condition de les populariser chez les autres travailleurs et de créer des points de rencontre entre les différents secteurs en lutte.

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322 agences, sur 1.500, fermées dans toute la France. Mardi, plus du tiers (34,5%) des 45.000 salariés de Pôle emploi étaient en grève, selon la direction. Ils étaient 40% selon les syndicats.

L'appel à la grève de sept syndicats n'était pas le premier depuis la fusion ANPA-Assedic en janvier dernier. Mais ce mardi a enregistré la mobilisation la plus forte.

Surcharge de travail avec l'afflux massif de demandeurs d'emploi depuis le début de la crise, effectifs insuffisants, fusion à marche forcée, formations trop courtes pour devenir polyvalents, management par objectifs, sous-traitance au privé. Les griefs des salariés sont nombreux.

Un suicide et cinq tentatives de suicide sur le lieu de travail ont été reconnus par la direction. Le stress monte également de l'autre côté des guichets : 63 agressions physiques et 2.093 agressions verbales ont été enregistrées en huit mois.

La semaine dernière, le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, Laurent Wauquiez, avait annoncé que les plateformes téléphoniques de Pôle emploi, créées mi-août pour alléger le travail des agences saturées, seraient maintenues et élargies. Il avait par ailleurs refusé de faire une pause dans le processus de fusion, estimant que les difficultés rencontrées étaient liées à la crise.

Un questionnaire sur le stress au travail sera envoyé à tous les agents de Pôle emploi à partir du mois de novembre. Une ligne d'écoute et un réseau d'assistante sociales ont déjà été mis en place pour les employés.

Europe1

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