12 novembre 2009

Des propos inacceptables de Djemila Benhabib dans le Journal de Saint-Denis :

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Saint-Denis est une ville multiculturelle où se cotoient des gens de cultures, de religions et d'opinions très différentes. Il y en a qui l'aiment comme ça. Et d'autres qui essaient d'imposer une vision totalitaire de la société, comme Djemila Benhabib, en prenant le risque de dresser une partie de la population contre une autre. Je reproduis ici un extrait d'un entretien que le Journal de Saint-Denis (journal gratuit distibué dans toutes les boîtes aux lettres de ville) en la personne de Gérald Rossi lui a accordé. Elle en est sans doute contente, car cela fera vendre un peu plus son dernier livre. Personnellement, cela me révolte.

Le JSD : Vous faites allusion là au voile…
D.B. : Oui, car les femmes voilées sont les premières victimes. C’est là encore un phénomène récent qui n’a rien de religieux ni de traditionnel. Le voile avant tout veut marquer l’appartenance à une idéologie et marquer la différence. C’est en cela qu’il est gênant, car il tourne le dos aux valeurs de la République dont une est l’égalité hommes-femmes. Le foulard est sexiste, ce sont les femmes qui le portent. Comment peut-on tolérer le sexisme ? Pour moi, il devrait être considéré comme un délit, au même titre que le racisme ou l’homophobie. Il faut en finir avec cette permissivité héritée de 2 000 ou 3 000 ans de patriarcat.

Oui, vous avez bien lu. DB pensent que les femmes voilées - dont beaucoup sont nos voisines ou nos collègues de travail, des résidentes sans histoire de notre ville (je ne dirais pas "bien intégrées", ce serait insultantes pour elles) - doivent être considérées comme des criminels. Allons-nous demander à la police municipale de les verbaliser, ou bien créer une nouvelle police des moeurs à l'iranienne ?

Ce sont des propos haineux et complètement inacceptables. Le Journal de Saint-Denis nous doit des excuses pour avoir laissé passer une telle énormité. Et vive Saint-Denis !
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Sarkozy a franchi une nouvelle étape dans l'islamophobie avec ses dernières sorties sur la burqa. Toujours en campagne électorale, en mal dans les sondages, et de plus en plus tourné en dérision pour ses gaffes répétées et celles de ses "lèches-bottes" (dixit Cohn-Bendit) , le petit caporal voit son salut dans l'exploitation du racisme et de l'ignorance d'une partie de l'électorat. Mais il n'y a pas qu'en France. En Grande-Bretagne, l'islamophobie est l'axe central de l'offensive politique de l'extrême droite nazie (British National Party de l'eurodéputé Nick Griffin). En Belgique, aussi, des politiques se servent des musulmanes voilées pour répandre une vieille idéologie nationaliste, comme nous pouvons lire dans cet excellent article de Mouedden Mohsin, Les musulmanes, un (en) jeu poilitqiue ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je ne vois pas de haine dans les propos de Djamila Benhabib au contraire les femmes sont désignées comme victimes et non coupables d'un quelconque délit.si vous jugez sa déclaration inacceptable alors rien de plus simple que de ne pas l'accepter mais ne demandez pas au journal de renier sa raison d'être et de procéder à une censure qui, j’en suis convaincu, vous fera réagir plus fermement.

Colin Falconer a dit…

Justement, D Benhabib voit en les filles voilées des victimes, et pas des actrices. Elles seraient incapables de choisir pour elles-mêmes. Si ce n'est pas de la haine c'est du mépris. Par contre dans un climat islamophobe qui s'est encore alourdi depuis avec le vote suisse pour l'interdiction des minarets, les propos insultants de Morano etc. sa campagne contre le voile attise les haines.
Quant à la censure, loin de moi de vouloir censurer la presse locale. Mais je m'insurge contre la publicité gratuite faite à cet auteure qui n'en mérite pas autant. En particulier quant elle suggère de criminaliser une partie de la population d'une ville où grosso modo les femmes voilées font partie du paysage sans que cela ne trouble l'ordre public.
Mais il faut lire l'ensemble des articles sur ce blog sur l'islamophobie pour bien comprendre le contexte.