25 décembre 2009

Continuer ensemble ...

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Texte adopté par Convergences et Alternative, le courant unitaire du NPA, le 20 décembre 2009, dont voici un long extrait:

/.../ Retour sur le processus de discussions unitaires pour les Régionales de 2010

· Les six derniers mois ont mis les différentes orientations présentes dans le NPA à l’épreuve, dans le cadre du processus unitaire engagé autour des élections régionales de mars 2010. Comparées au printemps dernier, les mobilisations sociales ont faibli. Mais en retour, l’aspiration à l’unité des forces de la gauche de gauche s’est amplifiée. Les contradictions qui traversent le PS se sont avivées : les régionales voient une accentuation de l’évolution vers des alliances en direction du Modem au second tour, voire au premier. La percée d’Europe Ecologie aux européennes confirme qu’une dynamique électorale peut exister de ce côté mais l’orientation d’alliance avec le Modem et l’absence de lien entre la problématique écologique et la remise en cause du libéralisme sont une impasse face à laquelle il faut faire naître rapidement une alternative écologique et sociale. Il est apparu encore plus nécessaire de s’unir face à la politique de Sarkozy, de rassembler une gauche de gauche offrant une alternative aux politiques d’acceptation du libéralisme et aux alliances avec le Modem, de répondre à l’attente des électeurs et des militants des mouvements sociaux qui attendent un sursaut d’unité.

· Cette aspiration à une unité des forces de la gauche de gauche a entraîné un vote massif des militant-e-s du PCF pour des listes indépendantes du PS, en rupture avec la tradition habituelle de listes d’Union de la gauche au premier tour des élections locales. Elle a bousculé les résistances de secteurs de l’oligarchie communiste qui ne voient le salut de leur parti en déclin que dans l’insertion institutionnelle. Elle accélère une crise du PCF où l’on voit des élu-e-s rejoindre des listes PS au 1er tour même dans les régions où l’indépendance a été votée, d’autres aller vers les listes d’Europe Ecologie, des départements ou sections refuser les orientations d’alliances sur la base d’une orientation sociale-libérale. Une majorité de la direction du PCF a opté pour le choix de l’indépendance et de l’ouverture au-delà du Front de Gauche, mais ses contradictions sont vives et provoquent au sein de la coalition qui se construit certains retours en arrière. Dans plusieurs régions, les choix sont incertains et renaît la tentation d’un rassemblement autour du PCF au lieu d’un rassemblement en commun avec d’autres forces dans une dynamique unitaire.

· Le NPA aurait du prendre la place qui était la sienne dans le rassemblement électoral national qui se met sur pied pour les régionales, avec le Front de gauche, la FASE, les Alternatifs, le PCOF, etc. Sa présence aurait renforcé une dynamique nationale mobilisatrice et une garantie de clarté politique. Mais après quatre mois de discussion qui avaient permis des avancées significatives et suscité un espoir justifié, la majorité de la direction du NPA a fait machine arrière. Les débats avaient acté la nécessité de proposer « un débouché politique aux luttes », des points d’accord existaient, permettant de faire une campagne au premier tour (indépendance face aux listes du PS, fusion pour battre la droite, à l’exclusion du Modem). Les positions différentes sur la participation aux exécutifs (qui ne peuvent se poser que si une dynamique est déclenchée) sont venues au premier plan. Le NPA a posé à ses partenaires l’exigence globale de non-participation à des directions de région, quand le PS ou Europe Ecologie sont en tête. Non pas comme une position du NPA, mais comme une position exigée de toute la coalition. En refusant de faire un pas sur cette question, il considérait donc comme insignifiantes les convergences sur l’indépendance au premier tour face aux listes PS ou Europe Ecologie. Aucun des partenaires nationaux ne l’a suivi sur ce terrain, et le NPA s’est retrouvé isolé. Il ne sera donc pas partie prenante de la coalition unitaire nationale, et ce n’est pas une bonne nouvelle pour tou-te-s celles et ceux qui cherchent à construire un troisième pôle de la gauche, face au PS et à Région Ecologie.

· En deux occasions en moins d’un an, européennes et régionales, le NPA n’a pas été un facteur de rassemblement. Il a réitéré une politique prisonnière d’une construction identitaire de parti au lieu d’être un outil utile agissant pour une recomposition à gauche. Face aux résistances de la direction du PCF d’une alliance avec lui, il n’était pas seul à vouloir que la coalition s’étende au-delà du Front de gauche constitué aux européennes, du PG aux forces rassemblées dans la Fédération et aux groupes et collectifs qui voient cette fois-ci la possibilité d’une plus large unité. Le caractère différent de la coalition par rapport aux Européennes, la possibilité – sans la certitude – d’une dynamique, étaient des raisons supplémentaires pour lesquelles le NPA se devait d’y être présent. C’est aussi pour cela que les « unitaires » du NPA ne doivent pas abandonner la perspective de leur présence au sein des coalitions unitaires, quand les conditions le permettront. L’enjeu est trop important pour que les forces militantes qu’elles et ils représentent se dispersent et renoncent à apporter leur contribution au rassemblement en cours. /.../

1 commentaire:

Michel Cornillon a dit…

Comme quoi il n'y a pas que des fous furieux, des sectaires et des intégristes au sein du NPA !