22 janvier 2010

André Gérin, député 'communiste', prône l'Union Sacrée


Une affiche ancienne du PCF.








"Toute la France" est pour l'interdiction de la burqa, au moins dans les lieux 'officiels' et les transports (pourquoi les transports ?), selon André Gérin, parlant au nom, semble-t-il, de la mission parlementaire sur le port du voile intégral qui a été créée à son initiative. De quoi réjouir l'innommable Jean-François Copé, que l'ambition et l'opportunisme pousse à jouer à fond la carte de l'islamophobie, et encourager ceux comme Nicolas Dupont-Aignan qui revendiquent une représsion encore plus drastique. Cela en dit long sur les idées politiques de ce parlementaire 'communiste'.











Depuis quand, en effet, un communiste parle-t-il au nom de "toute la France" ? Quand on est communiste véritable on ne s'en orgueillit pas de représenter l'"unité nationale". On ne se trouve pas dans le même camp qu'un Brice Hortefeux ou qu'un Frédéric Lefebvre, dont la dernière déclaration ne fait même pas rire : "Si des femmes tiennent à tout prix à porter la burqa, qu'elles le fassent dans d'autres pays", a-t-il dit (propos relayé par France 2 aux informations de 20 heures). Autrement dit "Aimez la France ou quittez-la", slogan rendu tristement célèbre par les nazis du Front National.












Au fond, cependant, il n'est pas étonnant qu'une frange du PCF adopte ou cautionne cette position chauvine. Gérin ne parle pas pour "tout le Parti communiste", mais il est bien le produit d'une longue histoire de compromission de ce parti avec l'Etat français et le chauvinisme qui va avec. Le PCF est à ses débuts "la section française de l'Interntionale Communiste", mais à partir des années 1930 et sous la pression de la bureaucratie stalinienne il abandonne l'internationalisme prolétarien ("prolétaires de tous les pays unissez-vous") pour la défense des valeurs "républicaines" et une alliance avec la "bourgeoisie progressiste". Sa stratégie politique pendant la deuxième guerre mondiale, assortie de slogans anti-"boches", et sa participation au gouvernement d'union nationale avec De Gaulle vont dans le même sens. Les années 1970 et '80 sont celles du slogan "fabriquons français", alors que certains maires communistes - pas tous heureusement - prônent la "politique du bulldozer" pour résoudre le problème des foyers insalubres occupés par des travailleurs immigrés.










Mais bien sûr, il ne faut pas mettre tous les communistes dans le même sac. La plupart des militants communistes ne vont pas jusqu'à faire du combat contre la burqa la question centrale. Ils pensent surtout à la défense du pouvoir d'achat, des services publics et des retraites. Mais ils sont aussi du côté des travailleurs sans-papiers et ils restent convaincus que leur parti est sincèrement engagé dans le combat antiraciste.

Tous les antiracistes, communistes ou pas, sont en droit de demander pourquoi Gérin n'a pas été exclu du PCF.

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