25 février 2010

L'éditorial du journal Anticapitaliste (n° 10)

Voici l'édito à paraître dans le numéro 10 du journal Anticapitaliste (à paraître sous peu) :

" A la table de jeu du capitalisme, rien ne va plus, malgré l'optimisme hypocrite et indécent qu'affiche la classe dirigeante occidentale. Au Portugal, le chef d'un gouvernement socialiste a annoncé un budget d'austérité prévoyant des tailles dans la fonction publique en invoquant le déficit du pays, inacceptable pour l'Union européenne. La crise économique sert, encore une fois, de justification pour faire payer l'addition aux travailleurs. En Espagne, en Grèce, les dettes rachetées par la banque centrale européenne ont un prix. Ce prix sera social.

Compétitivité. Rentabilité. Privatisation. Ces mots sont leur hymne de bataille. Nous ne sommes pas leurs variables d'ajustement. Dans le marasme dans lequel se retrouvent les gouvernements européens, tous promettent, et Nicolas Sarkozy le premier, d'engager des réformes structurelles de leur appareil défaillant.

Le gouvernement sort du débat nauséabond de l'identité nationale, qui fut l'occasion de « contester le monopole de l'extrême droite », comme l'a déclaré Eric Besson lui-même . Le monopole de la haine, du racisme et de la xénophobie. Face à cette idéologie qu'ils peinent à faire taire dans leurs rangs, la classe ouvrière, dans sa diversité, dans tout ce qu'elle compte de différent et de riche, doit se dresser unie pour répondre non au racisme.

L'islamophobie qui règne en France, autant à droite qu'à gauche, montre que les préjugés coloniaux ne sont pas tout à fait digérés. Il n'y aurait qu'une façon, républicaine et franchouillarde, d'accéder au droit et à la liberté. Nous n'avons rien à faire de leur volonté civilisatrice ! Depuis quand prétend-on libérer les hommes et les femmes par des interdictions, comme le sont toutes ces lois en Europe contre le voile ou les minarets ? Les immigrés, disent-ils, sont des chômeurs, des voyous, des racailles. Quand ils sont musulmans, ils sont potentiellement la cible des islamistes. Cette campagne malsaine ne fait que trop stigmatiser une partie du peuple sur d'idiots fantasmes.

Nous devons être au rendez-vous de l'agenda social de Sarkozy. Il n'a rien dit de précis sur ce que deviendront la masse des chômeurs en fin de droit tandis que l'emploi demeure la principale préoccupation des travailleurs français. Il a dit qu'il s'attaquerait à nos retraites qui coûtent trop cher aux capitalistes. Les deux pistes qu'il aborde, et sur lesquelles le PS a déjà plié, sont l'allongement de la durée de travail et le recul de l'âge légal de départ à la retraite. Nous ne donnerons pas notre vie entière au travail. Après avoir démantelé le service public, la droite va saigner notre système de solidarité.

On ne veut pas crever à la tâche, et pour nous défendre nous devons mettre la droite à terre. Les élections régionales sont l'occasion par un bulletin de résistance d'envoyer un signal fort. Voter pour les listes antilibérales à la gauche du PS, c'est se permettre un climat plus favorable pour nos luttes. Nous devons y déclarer notre engagement, et plus large sera notre rassemblement, plus nous pourrons dépasser les directions syndicales attentistes, et convaincre de la nécessité de notre unité."

Thibault Leroy.

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