16 mars 2010

Déclaration(s) du NPA au soir du premier tour des régionales

NOUVEAU Un bilan assez lucide des résultats électoraux du NPA, sans langue de bois pour une fois (l'abstention n'explique pas tout). Des courants radicalement opposés du NPA (les unitaires de Convergences et Alternative et les sectaires de la tendance CLAIRE) demandent la convocation d'un congrès, actuellement prévu seulement pour la fin de l'année. L'affrontement interne risque d'être assez rude, aussi bien sur la stratégie que sur la question des femmes voilées, certains s'opposant radicalement - et laïcardement - soit à l'adhésion des musulmanes voilées au parti soit à leur candidature aux élections. Pour les plus 'identitaires' des militants, la candidature d'Ilham Moussaïd à Avignon aurait fait perdre des voix au NPA. De telles considérations purement électoralistes sont indignes de militants se réclamant de l'antiracisme.
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dimanche 14 mars 2010

Deux enseignements majeurs sortent de ce premier tour des régionales:

- L’ampleur de l’abstention choisie par des millions de jeunes, de travailleurs, de chômeurs qui ont en grande partie voulu signifier leur désaveu vis-à-vis des partis qui se succèdent au pouvoir et qui sont responsables de l’aggravation de leurs conditions d’existence;

- La vigueur du rejet de la droite et de Sarkozy au pouvoir, complices des grands actionnaires et des classes les plus riches, qui font payer la facture à la majorité de la population, qui détruisent les services publics et les acquis sociaux, a nourri la poussée du PS et d’Europe Ecologie.

Ce rejet de la droite a permis au PS et à ses alliés qui gouvernent 20 régions depuis 2004 de ne pas être sanctionnés sur leur bilan.

Par ailleurs, la campagne de premier tour qui s’achève a été pourrie par le déferlement d’un racisme inquiétant dont le FN a largement bénéficié.

Nous remercions les électrices et les électeurs qui se sont exprimés en faveur des listes présentées par le NPA ou des listes unitaires auxquelles il participe. Globalement notre score est décevant même si certaines listes semblent obtenir un score encourageant. Nous analyserons plus en détail ces éléments et leurs causes dans les jours qui viennent.

Pour dimanche prochain, nous appelons les électrices et les électeurs à confirmer et amplifier les résultats du premier tour en infligeant la défaite la plus importante possible aux listes soutenues par Sarkozy et l’UMP. Sanctionner la droite est une nécessité absolue, même si nous pensons que les futures majorités de gauche ne seront pas plus un rempart contre la politique de Sarkozy qu’elles ne l’étaient ces dernières années. Cependant, ce ne sera pas suffisant pour bloquer sa politique.

A l’image de ce qui se passe en Grèce, sous un gouvernement socialiste, cela risque fort d’empirer dans les semaines qui viennent. Pas question de payer leur crise ! Comme le font les jeunes, les travailleurs, les chômeurs et les retraités grecs, il faut préparer un troisième tour social !

Le 23 mars doit constituer une première étape de la convergence des luttes pour les retraites, les salaires, l'interdiction des licenciements. Et c'est bien autour de ces exigences que nous voulons construire l'unité la plus large contre la droite, les patrons et les banquiers.

Paris, 14 mars 2010, 20H15.

Comité exécutif du Nouveau parti anticapitaliste.

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Déclaration de "Convergences et Alternative" (courant unitaire du NPA)

Battre la droite le 21 mars, avancer vers un front permanent de toute l'autre gauche

Le verdict du premier tour des régionales 2010 est sans appel: c'est une vraie claque, un désaveu de la droite et du gouvernement de Sarkozy. Le mythe du "travailler plus pour gagner plus" ne fonctionne plus, et la manipulation du thème de l'identité nationale aboutit à relancer le Front national. Ces discours démagogiques, cachant des politiques antisociales, provoquent une abstention massive et ouvrent une crise politique qui va rebondir sur le terrain social. Qu’une minorité décide pour une majorité devienne l’habitude électorale démontre un échec du système de représentation politique.

Car la prétendue « pause » annoncée par Sarkozy ne masquera pas longtemps sa volonté de mettre en place, dès maintenant, une austérité renforcée contre les régimes de retraite, la fonction publique, la protection sociale, les salaires et l’emploi. Sarkozy cherchera à faire payer la crise économique aux salariés et à la population, et surtout pas aux banques et aux actionnaires qui en sont responsables. Ce qui se passe en Grèce, Islande, Espagne, Portugal, présage de ce que la droite a l'intention de faire en France.

Il faut enfoncer le clou en battant la droite et le FN au second tour le 21 mars

Toute la gauche doit s’unir pour infliger une défaite cuisante au gouvernement. Plus il sera en difficulté, moins seront légitimes ses attaques antisociales, meilleur sera le rapport de force pour les salariés dans les combats qui s’annoncent. Pas une seule région ne doit passer aux mains de la droite pour servir de relais à la politique du gouvernement. Et l'unité doit se faire à gauche, pas avec un parti de droite comme le Modem.

Les listes de gauche recueillent, à ce premier tour, plus de 50% des voix. Beaucoup se sont servis du vote PS pour sanctionner cette droite insupportable, sans pour autant adhérer à la politique du Parti socialiste. Le score important des listes Europe Ecologie, malgré l'impasse qu'elles font sur la nécessaire rupture avec le libéralisme pour forger une alternative écologique, souligne que la lutte contre les dangers menaçants notre environnement est devenue une préoccupation majeure. Mais tout projet de transformation sociale et écologique doit intégrer la rupture avec les modes de production et de consommation engendrés par la logique du profit.

Faire bloc pour une autre gauche rassemblée

Les résultats soulignent encore la nécessité d’accentuer l'unité sociale et politique de l'autre gauche, cruciale si l’on veut construire des résistances à la droite et fournir une alternative à la politique du Parti socialiste. L'absence d'union complète entre toutes les composantes de la gauche de transformation sociale a affaibli ses résultats. Mais ils montrent clairement que cette volonté d'unité est dominante en son sein ; les écarts entre des listes « Ensemble/Front de gauche », ou les listes d’unité plus partielle, et celles du NPA isolé sont sans appel : les électeurs ont préféré choisir les listes qui indiquent le début d’un rassemblement, à la posture du NPA, qui a été désavoué. Cet échec exige du NPA qu’il se tourne vers une autre politique, qu’il rediscute du projet même du NPA, qui ne peut prétendre représenter à lui seul l’alternative dont les salariés ont besoin et se dérober aux exigences de l’union. Un congrès rapproché du NPA s'impose.

Là où l’unité a été complète, du Front de gauche au NPA, là où des rassemblements unitaires ont vu le jour, des dynamiques se sont créées dans les urnes mais aussi sur le terrain de l’action collective. Elles montrent la voie à suivre: un front politique et social permanent, capable de fournir une alternative politique à gauche et d’aborder ensemble les prochaines échéances sociales et électorales. Capable aussi de construire collectivement une autre représentation politique. C’est à cette urgence et à cette nécessité unitaire que le NPA doit répondre dès maintenant: un bloc de l’autre gauche, large, ouvert à toutes les composantes, aux représentants et acteurs du mouvement social, s’appuyant sur des collectifs unitaires locaux. Cette fois, personne ne doit manquer: les militants de toutes les forces, et notamment du NPA, doivent engager ensemble les initiatives allant dans ce sens.

Le 14 mars, « Convergences et Alternative »

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