1 avril 2010

Elections régionales : l'analyse de la FASE

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Sur les élections régionales

Les principales caractéristiques du scrutin ont été une forte abstention, une défaite majeure pour la droite gouvernementale, un relatif succès du parti socialiste, un résultat appréciable des listes Europe Écologie, et un retour de vigueur du Front National. Le NPA paye le prix de son refus de l’unité par la baisse de ses résultats. Les listes du « Front de Gauche » constituées, dans une démarche trop étroite maintiennent le pourcentage acquis lors des élections européennes, sans toutefois se hisser à la hauteur des possibles. La Fédération s’est engagée, parfois avec succès pour la constitution de listes larges et s’est impliquée dès le premier tour dans onze régions métropolitaines, dans des configurations très variées, allant de listes de large union de l’ensemble de la gauche radicale à des listes de rassemblement partiel, avec différents partenaires, le plus souvent le Front de Gauche. L’attitude dominatrice des partis institués – NPA et partis du Front de Gauche – ont été des obstacles à la réalisation d’une unité plus large, et d’une dynamique populaire qui aurait permis des résultats plus substantiels.

La très forte abstention, particulièrement dans les zones urbaines les plus défavorisées et dans la jeunesse, est la manifestation d’un rejet des formes dominantes de la politique – rejet parfois vécu comme un rejet « de la politique » tout court. Elle est aussi le résultat de l’absence désespérante d’alternative crédible au système en place, un PS discrédité par sa renonciation à tout changement significatif apparaissant comme la seule opposition susceptible de remporter l’élection. Ce refus de se rendre aux urnes doit être considéré comme l’indice de la crise du système politique dans son ensemble, d’un système délégataire, accaparé par les partis politiques.

Cette crise politique frappe particulièrement la droite gouvernementale, qui ressort affaiblie et divisée de cette séquence, ce qui peut ouvrir de nouvelles perspectives pour les mobilisations, si elles sont à la hauteur.

Le résultat du Front National est à la fois l’effet de la déception d’une partie de l’électorat que Sarkozy lui avait durant un temps capté, en particulier dans les milieux populaires, et de la légitimation donnée par le pouvoir aux thèmes favoris de l’extrême droite xénophobe et raciste, et singulièrement les thèmes islamophobes. Ils traduisent aussi, sous un mode réactionnaire, la crise de la représentation et le discrédit du système politique. Lire la suite ...

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