27 mai 2010

Résister à la crise



Editorial du journal Anticapitaliste, n° 11 (mai 2010). Articles sur la mobilisation sociale, les retraites, l'éducation, l'hôpital public, la sécurité aérienne, les enjeux pour la gauche antilibérale, la remontée de l'extrême droite, la social-démocratie, les élections régionales, l'unité comme stratégie révolutionnaire, le Congrès du NPA, la Grèce, la Palestine, Déclaration d'organisations anticapitalistes européennes sur la crise, rencontre avec Ilham Moussaïd. 24 pages. Prix: 1 €. Disponible en laissant un message sur ce blog, en écrivant à redaction.anticapitaliste @ yahoo.fr ou en téléphonant au 06 64 28 04 25. En vente à la Librairie La Brèche, 27 rue Taine, 75012 Paris.
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Après une année 2009 marquée par des dividendes records pour les actionnaires, renfloués et subventionnés par les Etats, ce sont maintenant aux travailleurs de payer la facture. Grèce et Espagne subissent les plans d'austérité du FMI, auparavant réservés aux pays pauvres: droits sociaux, services publics et salaires sont sacrificiés pour obtenir des prêts qui serviront à rembourser des banques spécularices. Dans toute l'Europe, les classes dominantes s'apprêtent à faire subir un régime sévère aux travailleurs.

En France, le gouvernement se sert de la crise grecque pour nous faire accepter toujours plus de sacrifices pour les salariés: gel des salaires et augmentation des taxes alors que se multiplient les cadeaux aux patrons, réduction du nombre de postes dans l'éducation, la santé, les collectivités territoriales.

L'attaque principale reste à venir: la réforme des retraites, qui constituerait le plus important transfert des richesses depuis la seconde guerre mondiale. Mais le gouvernement aborde cette confrontation décsisive en position de faiblesse, sans aucune légitimité et sans soutien solide parmi ses propres troupes.

De nombreux travailleurs ont été démoralisés par l'absence de volonté sérieuse des dirigeants syndicaux de pousser les mobilisations du printemps 2009 au-delà des journées d'action isolées, mais notre camp n'a pas subi une défaite décisive. Les luttes pour les salaires qui se multiplient montrent que les travailleurs ne sont pas prêts à payer pour la crise des capitalistes.

Le Parti Socialiste sort renforcé des élections régionales, en l'absence d'une gauche anticapitaliste unie et déterminée. Mais le PS ne représente pas une alternative à un système capitaliste qu'il entend gérer loyalement. Dominique Strauss-Kahn, dirigeant du PS et directeur général du FMI se dit "admiratif de l'extrême rigueur choisie par le gouvernement Papandreou qui a préféré de durs sacrifices". Et les salariés grecs vont encore devoir se serrer la ceinture pour rétablir les profits: "Il n'y avait pas d'autre moyen que de baisser drastiquement les coûts, puisque le défaut de compétitivité grecque est d'environ 25%." (Le Monde, 4/5/2010)

Nous pouvons faire reculer le gouvernement sur la question des retraites, mais nous ne pouvons nous permettre de laisser le gouvernement poursuivre son programme de casse sociale. La lutte pour virer ce gouvernement et pour rompre avec le système sera un test pour la gauche anticapitaliste.

Adrien Nicolas

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