2 juin 2010

Piraterie israélienne : un argumentaire utile















Des manifestants à Glasgow (Ecosse)

Aussi étrange que cela puisse paraître, certains défenseurs d'Israël tentent de justifier l'opération armée qui a fait des morts parmi les militants pro-palestiniens à bord du bâteau turc en pleine mer. Voici quelques arguments utiles à employer pour convaincre ceux qui hésitent. Nous ne convaincrons évidemment pas les sionistes eux-mêmes, pour lesquels le seul argument utile est celui de la force.

Contre-arguments au discours de propagande sioniste qu'on entend partout, réalisés par un camarade du NPA

Arguments/contre-arguments, premières remarques (rapides)

J.S. 1er juin

Après avoir lu, écouté et regardé, je crois que leur argumentaire tourne autour des points suivants :

1) Israël était dans son bon droit en arraisonnant les bateaux, y compris violemment

2) Les soldats israéliens ont été agressés (images à l’appui) et n’avaient pas d’autre choix que de « se défendre »

3) Les objectifs de la flottille n’étaient pas humanitaires : certains passagers étaient armés, il y aurait pu y avoir des armes à destination de Gaza

4) La Flottille a des liens avec le Hamas

5) L’aide humanitaire peut entrer à Gaza par Israël

1) L’assaut s’est produit dans les eaux internationales. Les eaux territoriales sont limitées à 12 miles nautiques des côtes, alors que les bateaux ont été attaqués à plus de 35 miles nautiques. Qui plus est, la situation ne pouvait en aucun cas justifier l’emploi de la violence armée : l’article 51 de la Charte des Nations Unies définit de manière précise le droit à la légitime défense : « dans le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée ». Or il n’y avait aucune menace militaire qui planait sur Israël.

2) Effectivement, certaines images montrent que des soldats israéliens ont pris des coups lors de l’assaut. Et alors ? C’est l’armée israélienne qui a attaqué les navires, pas l’inverse. Des commandos armés investissent un bateau par la force, en violation du droit international (cf au-dessus), et il n’est pas logique que les passagers du bateau, qui sont dans leur bon droit, se défendent ? Pour faire une comparaison, c’est comme si un pirate de l’air auquel l’équipage résisterait physiquement prétendait que c’est l’équipage qui l’a agressé.

3) Israël n’a, à l’heure actuelle, pu montrer aucune arme. Les seules images que l’on a pu voir, en boucle, c’est un couteau, deux lance-pierres (soyons sérieux…) et des objets métalliques (barres, haches…) comme on en trouve sur tous les bateaux… Et on peut facilement faire le pari qu’ils n’en trouveront pas : les bateaux ont été fouillés de fond en comble à Chypre, qui n’aurait jamais laissé partir des bateaux avec des armes, pour éviter tout incident avec Israël ; les militants de la Flottille savaient qu’il était très probable qu’ils soient arraisonnés et n’auraient jamais pris le risque de transporter des armes.

4) Evidemment ! La Flottille avait prévu de débarquer à Gaza. Or, jusqu’à preuve du contraire, le Hamas est l’organisation politique majoritaire au Parlement palestinien et c’est lui qui administre la Bande de Gaza : il est logique et conforme au droit international de s’adresser aux autorités locales et de se coordonner avec elles. Et juste une question : avec qui l’Etat d’Israël discute-t-il pour tout ce qui concerne Gaza, ou encore Gilad Shalit ? La Flottille a donc fait comme tous ceux qui se rendent à Gaza ou qui veulent s’y rendre, qu’ils s’agissent d’ONG, de représentants de l’ONU ou de parlementaires européens : elle a pris contact avec le Hamas.

5) Israël laisse, depuis quelques semaines, « un peu plus » d’aide humanitaire pénétrer dans la Bande de Gaza. Mais ce sont des quantités dérisoires ! Le Haut Commissaire de l’ONU pour les Droits de l’homme, Navi Pillay, déclarait hier : « Les augmentations marginales dans le volume des marchandises autorisées à entrer à Gaza sont de loin insuffisantes pour permettre à la population de mener une vie normale et digne ».

Depuis 2007, ce sont 95% des entreprises qui ont fermé et 98% des emplois du secteur privé qui ont été détruits. Les centrales électriques fonctionnent par intermittence. Les restrictions drastiques sur les importations de ciment et de nombreux produits chimiques empêchent la reconstruction des infrastructures détruites lors des bombardements, qu’il s’agisse des maisons ou des stations de traitement des eaux usées, avec les conséquences sanitaires que l’on imagine.

Les derniers chiffres de l’ONU indiquent que 70% des Gazaouis vivent avec moins de 1 dollar par jour, que 80% de la population dépend des aides alimentaires internationales, ou encore que plus de 60% des habitants de Gaza n’ont pas accès à l’eau courante. Israël prétend que les produits humanitaires peuvent pénétrer à Gaza, mais a interdit tous ceux qui peuvent être « détournés à d’autres fins »… Selon les diverses estimations, 80% de l’économie de Gaza dépend des tunnels souterrains qui relient l’Egypte et la Bande de Gaza, dans lesquels plusieurs Palestiniens meurent chaque semaine.

Conclusion : Israël n’avait pas le droit d’intervenir là où il l’a fait, rien ne peut justifier une telle violence, les passagers n’ont fait que se défendre avec des armes de fortune. La Flottille entendait transporter de l’aide pour une population qui en a besoin et dénoncer un blocus illégal et criminel, dénoncé par nombre d’ONG et d’agences de l’ONU. Pour mettre toutes les chances de son côté, elle a voulu agir en toute transparence, n’avait aucune intention belliqueuse et s’est logiquement coordonnée avec les autorités palestiniennes locales.

Et sur le fond, voici un article paru sur le site du NPA:

Etat d'Israêl, Etat terroriste, par Julien Salingue et Alain Pojolat

/.../ Depuis plus de 60 ans, Israël nie les droits, pour ne pas dire l’existence, du peuple palestinien. Massacres, expulsions, confiscations de terres, colonisation, répression contre toute forme de résistance… Durant plus de six décennies, l’État sioniste a tenté, par tous les moyens, de se débarrasser des Palestiniens et n’a subi, sauf en de rares occasions, que quelques remontrances des dirigeants des grandes puissances. Ces derniers considèrent en effet Israël avant tout comme un allié de poids dans une région aux enjeux économiques et géostratégiques majeurs, sur l’autel duquel les Palestiniens sont sacrifiés.


Nous-mêmes, dans le dernier numéro du journal Anticapitaliste, avons publié cet article de John Rose, miliant juif antisioniste britannique : Israël reste le chien de garde des Etats-Unis. Le journal est disponible à la librairie La Brèche (27 rue Taine, 75012 Paris), auprès de nos vendeurs que vous rencontrerez dans les rassemblements pour la Palestine, ou en laissant un message sur ce blog.

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