18 juillet 2010

Seul et contre tous ! (Editorial du journal Anticapitaliste n° 12, juillet 2010)

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par Ben Lormet

Sarkozy ne sait plus à quel saint se vouer. Les journalistes qui l'avaient encensé en 2007 s'en donnent à coeur joie pour foutre en l'air Woerth et l'UMP au sujet de supposées malversations financières. Pour Nicolas c'est clair que c'est un complot "trotskyste-fasciste" des années '30, fomenté par Edwy Plenel, le Canard Enchaîné et le PS.

En tout cas, c'est pas sa faute à lui. L'Inspection Générale des Finances, elle l'a dit. Woerth n'a rien à se reprocher. Il n'y a pas d'affaire.

33, c'est le chiffre qu'il a lu en buvant son café. 33 personnes qui déclarent encore soutenir le président, selon le dernier sondage d'opinion. A moins qu'il n'ait mal lu, et que ce soit 33 pour cent. Toujours est-il que même Fillon le regarde bizarrement ces derniers temps. Encore plus depuis le dernier remaniement ministériel. Comme si ça ne suffisait pas que Villepin et Copé la jouent cavalier seul. Décidément, Sarkozy est bien seul avec Woerth et ses 32 amis.

Lunaire et déphasé, Sarkozy se traîne jusqu'aux studios de France 2. Oui parce que Nicolas aime passer à la télé. Le Président a beau faire des effets de manche sur la crise, le fait de rétablir la confiance des marchés. Il avait beau la jouer déterminé sur les retraites. Rien, non rien n'y fait. Il n'y a plus personne pour le croire.

Que cela ne tienne, il tient bon le président. Il décorera de la Légion d'Honneur Martin Bouygues, le patron du BTP et de TF1, le 14 juillet - comme ça aux prochains sondages peut-être que 34 personnes diront qu'ils lui font confiance.

Pourtant, le discours de rigueur, ça marche. Y a qu'à regarder Strauss-Kahn à Washington, il affame des pays entiers et tout le monde l'apprécie. Non, franchement, Sarkozy ne sait plus quoi faire. Il paraÎtrait que Carla lui aurait demandé de prendre des vacances au bord de la mer, au Cap Nègre sans doute. Effectivement, l'exil, pourquoi pas ? Partir loin et revivre sa vie aux Etats-Unis ça lui dirait bien à Nicolas. Mais il n'y a pas de reculade.

Le 14 juillet, Nicolas assiste à la parade des milices des dictateurs africains suivies par les barbouzes bien franchouillards. Il n'aurait jamais du soutenir Balladur, l'affaire de l'attentat de Karachi va lui retomber dessus. Il en est sûr. Il le sait, c'est toujours lui qui trinque. C'était déjà comme ça à l'école. Il aurait du soutenir Chirac. C'est ça, c'est de la faute à Chirac.

Nicolas dort mal. Des cauchemars incessants le tourmentent. Celui où la France est paralysée comme en '68 mais à l'automne 2010. Celui où l'Elysée est envahi par des hordes de pauvres menées par des humoristes à l'air jovial, Guillon et Porte sans doute. La rentrée va être chaude, oh oui, très chaude !

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