16 octobre 2010

Et avec un chapelet, ça va marcher ?

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L'éditorial du n° 38 de la Newsletter de la FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique) :

Le futur Empereur élu pour dix ans, maître des médias et de l’UMP, devrait, si on en croît les familles des morts de l’attentat de Karachi, être poursuivi en justice pour détournement de « commission d’entente » lors de la vente de vedettes au Pakistan. Ce dessous de table commercial et diplomatique, réalisé par « Nicolas », aurait servi pour payer la campagne de Balladur, son mentor de l’époque. Sans oublier l’attentat qui a coûté la vie de 11 salariés expatriés et qui constituerait la vengeance des victimes de l’arnaque.

Quel monde ! On comprend que Woerth dise qu’il n’a rien fait que du banal. Il n’empêche qu’une image reste gravée dans nos têtes : celle d’une bourgeoisie dirigeante en crise, mise à nu sous les feux des projecteurs de l’actualité, univers de profiteurs à mille lieues des réalités de la vie du peuple. Souvenons-nous : « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! ». Cela se paie !

Le succès de l’autocollant « INSURGÉ-E » fait écho à la banderole du Théâtre du Soleil : « Elle est bientôt finie cette nuit du Fouquet’s ?».

Crise de leur monde, de leurs mœurs d’exploiteurs et de profiteurs « sans complexes ».

Autre catastrophe pour ce gouvernement : au lieu de passer en force et vite sur la réforme des retraites, voilà qu’il perd sa légitimité. 71 % de la population pense que cette loi est mauvaise ; 61 % soutient les grèves et souhaite qu’elles soient assez fortes pour ne pas trop durer.

L’agité de l’Élysée se vantait de dire : « quand il y a une grève, cela ne se voit pas ! ».

Maintenant, verra-t-il les 3,5 millions de manifestants comme des « fauteurs de troubles » ?

Et verra-t-il la jeunesse de ce pays angoissée par l’avenir, réalisant qu’elle sera la première touchée par cette réforme et s’insurgeant avec une lucidité et une détermination remarquables ?

Que faire, quand les ministres attendent leur reclassement et quand les conseillers ont perdu la boussole de leurs tactiques ?

Que faire quand le contrôle de l’activité économique est bousculé par des grévistes ?

Une solution simple et démocratique serait possible : rejouer la légitimité devant le peuple. Ces députés, qui ont voté une loi pour laquelle ils n’étaient pas mandatés et pour laquelle le président lui-même avait dit qu’il l’excluait, prétendent tous, comme le MEDEF, que c’est justifié. C’est leur choix ! Mais qu’ils acceptent donc, dans un élan de démocratie, de dissoudre l’Assemblée ! De Gaulle l’a fait en 1968, avec succès. Mais Sarkozy ne le veut pas !

Il pourrait encore jouer sur un autre registre : faire une campagne pour dire : « je fais voter un référendum pour cette loi qui sauve le système de retraites par répartition».

Nous ferions alors une campagne pour le Non et développerions toutes les propositions pour avoir un système de retraites annulant tous les mauvais coups depuis les réformes Balladur (1993) et Fillon (2003). Vous le voyez prendre ce risque démocratique ? Sans doute pas ! Il préfère s’en prendre aux plus faibles, aux « étrangers ». Et entend-il la réponse dans les manifestations : « Nous sommes tous des Roms » ?

Que va-t-il maintenant se passer ? Qui donc a dit « Casse toi, pauvre con ! », formule devenue célèbre ? Sarkozy s’est mis à couvert : il s’est rendu auprès du Saint Père à Rome, à genoux, se signant sous les flashs des photographes puis se faisant offrir un chapelet par le pape. Peut être, selon lui, y a-t-il encore assez de sots du côté des chrétiens pour se faire pardonner, électoralement, ses mesures racistes. Un conseil ? Qu’il dise un « Notre Père » et trois « Ave » avant chaque repas et avant de s’endormir.

Quant à nous, occupons nous de lui botter les fesses par les grèves, par les manifestations, en exigeant que cela finisse. Et puis, qu’il ait le courage d’un débat sur les retraites : une bonne campagne référendaire s’il ne retire pas sa loi tout de suite...et qu’il fasse ses prières !

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