23 novembre 2010

Religion, féminisme et laïcité : le débat au sein du NPA

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L'hebdomadaire du NPA Tout est à nous! a publié trois textes de débat sur la question dont l'énoncé paraît en tête de cet article. Vous pouvez les consulter ici ...

Le débat a bien avancé depuis celui sur la loi de 2004 interdisant le foulard à l'école. Le NPA (globalement en tout cas) n'est plus dans le déni de l'islamophobie, et il y a une large reconnaissance que celle-ci joue un rôle important dans la montée actuelle du racisme et des mouvements politiques nationalistes et xénophobes.

Un pas en avant, deux pas en arrière ?

La principale question qui fâche reste celle de la possibilité ou pas pour une personne portant des signes religieux visibles (dont le foulard dit 'islamique' est naturellement le plus controversé dans la société française) de se présenter aux élections ou de jouer un rôle de porte-parole du parti. Je suis de ceux qui ont défendu la candidature de la camarade Ilham Moussaïd (la jeune femme voilée qui figurait sur la liste du NPA aux régionales dans le Vaucluse) et qui ont dénoncé la campagne raciste à son égard - une campagne qui a malheureusement rencontré des échos (au nom du féminisme et de la défense de la laïcité) à l'intérieur même du NPA.

***La décision, que je viens d'apprendre, d'Ilham et de l'essentiel des militants du comité quartiers populaires du NPA à Avignon de quitter le NPA vient démontrer que les quelques avancées sur ce sujet au sein du parti ne sont malheureusement pas suffisantes. Voir ici la lettre de démission du camarade Abdel. ET ce commentaire acerbe sur le site Oumma.com.***

Je m'associe, à quelques formulations près, au troisième texte, présenté par la sensibilité A Egalité, que je reproduis ci-dessous. On doit regretter, cependant, qu'aucun des trois textes ne parle de comment le parti  peut, avec d'autres forces notamment au sein de la communauté musulmane, combattre concrètement l'islamophobie:

Des cheminements divers, un engagement commun anticapitaliste, féministe, antiraciste et laïque, des droits égaux (Sensibilité À Égalité)

Après le 11 septembre 2001, le « nouvel ennemi » terroriste a servi à légitimer les guerres pour le contrôle de l’or noir et à diviser les fronts de résistance aux oppressions croisées. Le climat qui a régné en France autour de (et depuis) la loi de 2004 a été marqué par une composante raciste se camouflant derrière l’hostilité à l’islam, mais aussi par l’identification croissante de la « visibilité » de l’islam à une menace contre la laïcité ou/et une trahison de la solidarité à l’égard des femmes résistant aux courants intégristes voulant imposer le port d’un foulard islamique.

Notre « sensibilité » s’exprimant sur une liste « À_Égalité » a combattu ces tendances et la vision unilatérale des rapports de force mondiaux (et c’est un débat qui se poursuivra évidemment après le congrès) : face à la montée des intégrismes, nous avons souligné les résistances intérieures provenant des croyantEs et critiqué les approches a-temporelles de « la religion », de l’islam et du foulard islamique, à partir d’une « essence » faisant fi des contextes et logiques antagonistes à l’œuvre. Enfin, nous considérons comme un acquis la séparation de l’État de tout pouvoir d’ingérence politique de l’Église et de tout clergé. Mais nous avons contesté toute identification de la laïcité à un renvoi de la religion dans l’espace privé : de ce point de vue, la visibilité du foulard (en dehors de la fonction publique) n’est pas antilaïque.

Dans les motions présentées au vote du congrès, cette interprétation de la laïcité domine, et donc nous nous retrouvons en accord avec elle – ce qui laisse évidemment bien des débats à approfondir.

Dans la mesure où il n’y a pas de courants défendant l’idée que le NPA doit être un parti d’athées, les divergences sur les motions présentées au congrès se concentrent sur la façon de présenter le foulard islamique et sur le statut des croyants dans le parti.

L’amendement que nous défendons sur le premier thème est le suivant : « Nous dénonçons [...] toutes les idéologies et pratiques de contrôle par les pouvoirs patriarcaux, religieux ou athées, des choix vestimentaires des femmes. Le voile a été utilisé sous diverses formes et à diverses époques par les trois monothéismes comme instrument de soumission des femmes et reste imposé aujourd’hui par certains régimes et courants intégristes. Par ailleurs, à un niveau personnel, le port comme le retrait du voile sont des choix complexes pour chaque femme concernée, selon les contextes. On ne peut donc désigner un sens global, unilatéral et univoque du voile. Pour notre part, en accord avec notre conception de la laïcité, nous opposons systématiquement à la fois à l’imposition du voile et à son interdiction. »
C’est cette interprétation sous-jacente, et l’accent sur l’accord sur notre programme politique qui fondent à nos yeux l’égalité des droits : « Un militant ou une militante manifestant une croyance religieuse a, comme tous les autres adhérentEs, le droit le droit de postuler pour représenter le parti lors d’élections. Cette candidature qui, comme toutes les autres, s’appuie sur l’engagement du-de la camarade dans les luttes sociales et locales, défend exclusivement et intégralement les principes (notamment de laïcité) et le programme du NPA ».
Sur des bases programmatiques communes, le parti a tout à gagner à « montrer » sa diversité comme élément de sa cohérence et de droits égaux.
Lire ici une contribution de deux militants du NPA écrite pour le bulletin de discussion du NPA pour le prochain congrès du parti : Pour un combat actif contre l'islamophobie, par John Mullen et Marie Geaugey

1 commentaire:

Anonyme a dit…

si vous aimez les textes parfois décalé pour traiter de sujets serieux

RELIGION et SOUMISSION (categorie religion et laicité)

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