10 décembre 2010

Irlande : Les chaînes de l’esclavage pour endettement

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Le 26 novembre dernier, avant l’annonce des détails du plan de sauvetage du capitalisme irlandais et du budget du gouvernement pour l'an prochain, le Socialist Workers Party (SWP) (Irlande) a fait une déclaration que j'ai traduite pour mes lecteurs francophones et que je publie ici. Aujourd'hui l'impact des mesures annoncées pourra être évalué avec plus de précision. Mais le texte exprime bien la colère des Irlandais face à une attaque sans précédent contre leur niveau de vie. La mobilisation continue, alors que des élections anticipées sont prévues pour début 2011 qui pourront se traduire par la défaite de l'actuel taoiseach (premier ministre), Brian Cowen. Une partie de la gauche radicale à formé une nouvelle coalition électorale, l'United Left Alliance, qui présentera une vingtaine de candidats, dont certains ont de sérieuses chances d'être élus au Dail (le parlement irlandais).

En prime deux articles du journal Tout est à nous! du NPA :

Irlande : L'angoisse et la colère et Irlande : Le roi est nu et les pauvres encore plus pauvres par Ingrid Hayes

Brian Cowen, le premier ministre irlandais, est un mort-vivant et son parti, Fianna Fail, doit s’attendre à une implosion électorale. Leur sort peut ressembler à celui des Démocrates chrétiens italiens qui avaient dominé la vie politique pendant des décennies avant de s’effondre dans le bourbier de leur propre corruption.

Mais au moment même où ils risquent l’implosion, nos gouvernants ont forgé une nouvelle technique afin de se maintenir au pouvoir en ce temps de crise.

Une forte pression s’est appliquée à tous les partis pour qu’ils acceptent le plan budgétaire inspiré par le FMI. Ils sont supposés laisser la politique au seuil de la porte et faire la seule chose qui compte – s’y plier. On nous a même dit que si le budget, le plan d’austérité sur quatre ans et le Memorandum of Understanding ne sont pas validés immédiatement, la proposition sera retirée et nous serons tous ruinés.

Rien n’est plus éloigné de la vérité que cette histoire d’épouvantail.

Le seul intérêt du FMI est de sauver les banquiers européens qui ont prêté la somme faramineuse de 500 milliards de dollars aux banques irlandaises. Ils étaient si stupides, si gourmands et si avides de profit qu’ils n’ont même pas évalué le risque qu’ils prenaient. Mais le FMI sait que si les banques irlandaises s’effondrent, leur système bancaire basé sur l’euro tombera en ruines.

L’arnaque est de donner de l’argent au gouvernement irlandais pour qu’il le passe aux banques irlandaises. De cette manière, la Banque centrale européenne, qui a déjà dépensé £110 milliard de livres pour soutenir les banques irlandaises, peut se retirer.

A sa place, ce sera nous, le peuple, qui serons écrasés de dettes non-viables qui paralyseront notre société pendant des années.

A la marge de cette sale arnaque minable, on voit les pitreries du chancelier de l’échiquier britannique, George Osbourne. Il a annoncé un prêt de £7 milliards à l’Irlande, afin, dit-il, « d’aider un ami qui est dans le besoin ».

Ce rupin aristocratique, qui revendique le titre de baron de Ballentaylor dans le comté irlandais de Tipperary, se soucie autant de la population irlandaise que ses ancêtres rapaces qui volèrent et pillèrent le pays.

Mais il a vendu la mèche quand il a affirmé que le prêt « nous aiderait à être au centre des discussions qui détermineront les conditions d’un plan international d’aide qui est d’une importance capitale pour [l’] économie [britannique] ».

Traduction : En proposant un prêt, l’Etat britannique tente de s’assurer de garder la main quand les banques britanniques seront remboursées au dépend de la population d’Irlande. La Royal Bank of Scotland seule est créditeur de £53 milliards.

Même avant le round actuel de ‘prêts’ inspirés par le FMI, le paiement de l’intérêt des précédents plans de sauvetage des banques s’élevait à €1,5 milliard par an, avec une augmentation jusqu’à €1,7 milliard en 2020.

Si nous supposons que le prêt actuel du FMI s’élèvera à €80 milliard à un taux d’intérêt de 5%, cela ajoutera €4 milliards aux remboursements annuels exigés.

En d’autres termes, pendant les dix années à venir, l’Etat irlandais sera obligé à prélever €6 milliards par an. Le budget draconien en préparation, qui, même selon l’Institut de recherche économique et sociale (ESRI), créera une « récession prolongée », deviendra la norme.

Une telle politique est totalement non-viable. Nous n’avons pas d’autre choix que de lutter.

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