3 janvier 2011

Contre l'islamophobie et contre les intégrismes

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Un article de Catherine Samary (en format PDF)

Et dans Libération, L'islamophobie est à la source du nouveau populisme de droite, par Enzo Traverso :

(...) L’élément fédérateur de cette nouvelle extrême droite réside dans la xénophobie, déclinée comme un rejet violent des immigrés et, plus particulièrement, de l’islam. Véritable axe structurant de leur propagande, l’islamophobie joue pour ces mouvements le rôle qui fut jadis celui de l’antisémitisme pour les nationalismes et les fascismes d’avant la Seconde Guerre mondiale. La mémoire de la Shoah - une perception historique de l’antisémitisme au prisme de son aboutissement génocidaire - tend à obscurcir ces analogies pourtant évidentes. Le portrait de l’arabo-musulman brossé par la xénophobie contemporaine ne diffère pas beaucoup de celui du juif construit par l’antisémitisme au début du XXe siècle. Dans les deux cas, les pratiques religieuses, culturelles, vestimentaires et alimentaires d’une minorité ont été mobilisées afin de construire le stéréotype négatif d’un corps étranger et inassimilable à la communauté nationale. Sur le plan politique, le spectre du terrorisme islamiste a remplacé celui du judéo-bolchevisme. Aujourd’hui, l’antisémitisme demeure un trait distinctif des nationalismes d’Europe centrale, où l’islam est quasi inexistant et le tournant de 1989 a revitalisé les vieux démons (toujours présents, même là où il n’y a plus de juifs), mais il a presque disparu du discours de l’extrême droite occidentale (qui parfois affiche ses sympathies à l’égard d’Israël).

Au fond, la phobie du voile islamique, l’obsession des minarets et l’identification des populations migrantes (ou, selon l’expression conventionnelle, « issues de l’immigration ») aux classes dangereuses, ne font que reproduire sous une forme nouvelle, culturaliste plutôt que scientiste, un mécanisme ancien de rejet social et d’exclusion morale que Erving Goffman avait résumé par le concept de stigma. Ses manifestations extérieures sont aujourd’hui inédites, mais sa fonction n’a pas changé. Et même ses matériaux sont parfois empruntés à un imaginaire colonial qui a toujours servi à définir, négativement, des «identités» fragiles ou incertaines, fondées sur la peur de l’étranger (l’envahisseur et l’ennemi). (...)

Et un article d'Anindya Bhattacharyya, Fuelling Islamophobia, dans la toute nouvelle Socialist Review (janvier 2011) (en anglais)

Un entretien avec le sociologue Roland Pfefferkorn, L'islam est posé chez nous comme un problème :

(...) ce qui est particulier à la France, ce sont des hommes au gouvernement qui n’hésitent plus à développer des discours xénophobes. Or, ce sont surtout les musulmans qui sont visés par ces propos ou par certaines mesures, comme l’interdiction du voile.

La moitié des filles exclues des classes en France pour porter le voile le sont en Alsace-Moselle. La loi de 2004 est clairement une loi raciste et les grands défenseurs de la laïcité ne dénoncent pas l’absence de cette dernière en Alsace-Moselle.

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