18 janvier 2011

Tunisie : la révolution sociale et démocratique est en marche

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Un article de Fathi Chamki

C’est un grand jour pour nous toutes et nous tous, que nous partageons avec toutes celles et tous ceux qui luttent contre l’ordre capitaliste mondial ! Avant tout, nous avons reconquis notre dignité et notre fierté, longtemps bafouées et trainées dans la boue par la dictature. Maintenant, nous avons une nouvelle Tunisie à construire : libre, démocratique et sociale.

Mais, d’ores et déjà la contre révolution est en marche ! Le pouvoir de Ben Ali est tombé mais son régime, certes déstabilisé et affaibli, tente de se maintenir en place. Le Parti/Etat destourien est toujours là, sa politique économique et sociale capitaliste libérale aussi. (...)

Tariq Ramadan dénonce les tentatives de récupération du mouvement populaire tunisien par "des esprits soit colonisés, soit achetés, soit vendus" et appelle à son extension aux autres pays arabes : "On aimerait tant que de tels mouvements de population, déterminés et non-violents, prennent corps dans tous les pays arabes – et partout où règne la dictature ce faisant – et que cet exemple soit un chemin vers un avenir plus lumineux."

Tunisie, la révolution trahie, par Taoufik Ben Brik

Une révolution ne l’est - n’est une révolution - que si elle fait table rase du passé. On ne tourne pas la page, on la déchire. Il est vrai qu’on s’est débarrassé de Ben Ali mais son legs est toujours resplendissant. On a coupé la tête mais le canard court toujours, vif. Le système bâti minutieusement par le général des services de Renseignements, Ben Ali, perdure à travers ses PPP. Pègre, Parti, Police. Son régime de Renseignements, unique au monde, fondé sur l’auto-délation, garde toujours sa capacité de nuisance. Sa police, la gardienne du temple du «benalisme», défend toujours ses «bastillons».

Le RCD, le parti-Etat, l’antre de tous les maux (régionalisme, clientélisme, élection truquée, dictature de proximité), affiche avec superbe son hégémonie. Le parlement unicolore-non-élu légifère. La justice et ses juges corrompus hantent toujours les dédales du Palais de l’injustice. La classe affairiste alliée à Ben Ali est rassurée. La constitution, ce parchemin hétéroclite confectionné sur mesure pour «El Presidente», n’est pas caduque. L’administration reste aux mains des orphelins du benalisme: gouverneurs, sous-préfets, ambassadeurs, consuls, PDG et directeurs généraux. (...)

Threatening the power of Arab rulers, by Bassem Chit (article en anglais extrait d'un dossier sur la révolution tunisienne dans l'hebdomadaire britannique Socialist Worker)

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