6 février 2011

L'islamophobie ordinaire dans l'Education Nationale

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Une mère voilée interdite de sortie scolaire à Pantin (93)
(...) De son côté, Marc Bablet, inspecteur d’académie adjoint de Seine-Saint-Denis, reconnaît une forme de « zèle » et de « maladresse » de la part de la directrice. « Pour le moment, le texte de référence est celui de Xavier Darcos il y a trois ans, mais cette position peut encore change. Ainsi, la Haute Commission à l’intégration vient de rendre un rapport dans lequel elle préconise d’assimiler les parents accompagnateurs sous le même statut que les agents publics, et donc soumis à la loi de 2004 » explique cet inspecteur d’académie.
Commentaire
On se croirait en 1984 d'Orwell. Les agents publics sont interdits par la loi de porter des signes religieux (ce qui est déjà une restriction plus que contestable). Donc pour interdire le foulard à une simple citoyenne on l'assimile à un agent public. Et après on s'étonne que beaucoup de familles modestes d'origine étrangère préfère faire des sacrifices énormes pour mettre leurs enfants dans le privé.

Pendant ce temps, selon Le Monde, les parents d'élèves du même département s'énervent :

En Seine-Saint-Denis, la colère monte. Lundi 7 février, 20 écoles sur les 28 que compte la ville d'Epinay-sur-Seine devraient être occupées par des parents d'élèves en colère. Devraient s'y ajouter 14 écoles de Saint-Ouen et quelques autres réparties dans quatre autres villes du département.

Les mères en ont assez de repartir avec leurs enfants le matin, dès que les maîtres sont absents. La colère est née à Epinay-sur-Seine. Là, des parents de la maternelle Jean-Jaurès ont craqué au 50 ème jour de classe sans maître et sans remplaçant. " Nous avons connu 58 journées d'absence sur l'école depuis la rentrée et seulement huit jours de remplacement ", regrettait Mathieu Glaymann, un parent d'élève, au début de l'occupation, mi janvier. Au départ, le secteur d'Epinay se croyait plus mal loti que le reste du département en matière de remplacements.

En fait, les quotas sont identiques. Le département compte 7 100 classes et 700 remplaçants, 1 pour 10 classes. Ce qui diffère, c'est le taux d'absentéisme des enseignants. Très éloigné de Paris, pas très bien desservi, le secteur d'Epinay n'attire pas vraiment les demandes de mutation. Souvent les enseignants qui y sont affectés ne déménagent pas escomptant une mutation rapide. Est-ce que le taux d'absentéisme qui monte souvent à 16 % des effectifs en période virale est dû à la grippe ou à un surcroît de fatigue liée aux longs transports ? Et cette spécificité d'une population enseignante très jeune et installée ailleurs doit-elle être prise en compte dans le calcul du nombre de remplaçants ?

En attendant que ces débats soient tranchés –s'ils peuvent vraiment l'être-, les enfants n'ont pas classe et les parents s'impatientent. (...)

Réfléchissons donc un  instant. On reproche aux familles de ces banlieues leur 'refus d'intégrer' - tout en refusant aux mères voilées le droit de participer à la vie de l'école. A une autre femme on refuse le droit de travailler comme puéricultrice dans une crèche. Les femmes voilées n'ont pas le droit de travailler pour les services publics sous prétexte de 'défense de la laïcité'. Les jeunes qui portent le foulard sont priées de s'inscrire à l'école privée religieuse ou de suivre des cours par correspondance. Celles qui portent le niqab devront se cloîtrer à la maison. On prétend que les parents ont 'renoncé' alors que leurs enfants subissent les effets des suppressions de postes dans l'Education Nationale et les enseignants absents ne sont pas remplacés. C'est ça la République dont on vante quotidiennement les bienfaits ?

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