29 avril 2011

Grande-Bretagne: La promotion de la monarchie fait partie de la 'révolution néo-conservatrice' de David Cameron


L'exécution de Charles I (30 janvier 1649)

Le journal britannique Socialist Worker analyse le rôle de la monarchie et explique pourquoi les conservateurs britanniques font tout pour restaurer l'image d'une famille royale qui fait partie de la classe des parasites ...

A lire : Où va l'Angleterre? de Léon Trotsky (1926) dont voici un extrait du Chapitre II : De certaines particularités des leaders ouvriers anglais:

(...) L'école marxiste a toujours consacré une grande attention à l'originalité du développement de l'Angleterre. Mais, cette originalité, nous l'expliquons par les conditions objectives, par la structure de la société et par ses modifications. Aussi comprenons-nous, marxistes, infiniment mieux le développement du mouvement ouvrier anglais - et en prévoyons-nous mieux les lendemains - que les théoriciens actuels du Labour Party. Le commandement de l'ancienne philosophie : " Connais-toi toi-même " n'a pas été formulé pour eux, Ils se croient destinés, prédestinés à rebâtir la société la plus vétuste, et s'arrêtent cependant, complètement prostrés, devant un trait tracé à la craie sur le plancher. Comment attenteraient-ils à la propriété bourgeoise, s'ils n'osent refuser au prince de Galles son argent de poche ?

La royauté, déclarent-ils, " n'est pas un obstacle " au progrès du pays et lui coûte moins cher que ne coûterait un président, si l'on tient compte des frais d'élection, etc. Ces propos des leaders ouvriers caractérisent un aspect de " l'originalité " anglaise, qu'on ne peut qualifier autrement que de stupidité conservatrice. La royauté est faible, puisque le Parlement bourgeois est le moyen de domination de la bourgeoisie, et puisque celle-ci n'a pas besoin d'armes extraparlementaires. Mais, en cas de besoin, la bourgeoisie peut tirer parti de la royauté avec le plus grand succès, comme du centre de ralliement de toutes les forces extraparlementaires, c'est-à-dire réelles, dirigées contre la classe ouvrière. La bourgeoisie anglaise comprit fort bien elle-même, en de tels cas, le danger que présente la monarchie, même la plus fictive. C'est ainsi qu'en 1837, le gouvernement britannique abolit aux Indes le titre de " Grand Mogol ", en exilant son détenteur de la ville sainte de Delhi, bien que le titre fût à l'époque tout à fait vain : la bourgeoisie anglaise comprenait que le Grand Mogol eût pu, en de certaines conditions, devenir le centre de ralliement des milieux dirigeants hindous contre la domination britannique.

Se revendiquer d'un programme socialiste et déclarer en même temps que la royauté " n'est pas une entrave " et coûte le moins cher, c'est tout comme, par exemple, admettre la science matérialiste et recourir contre les maux de dents à une incantation de rebouteuse, parce que la rebouteuse prend moins cher. Tout l'homme s'exprime dans ce petit détail, et tout ce qu'il y a de fictif dans son adhésion à la science matérialiste, et toute la fausseté de son système d'idées. La question de la monarchie ne se résout pas pour le socialiste du point de vue de la comptabilité d'aujourd'hui et d'autant moins de celui d'une comptabilité fausse. Il s'agit de la transformation complète de la société à se nettoyer de tous les éléments d'esclavage. Ce travail exclut en politique et en psychologie tout accommodement avec la monarchie, MM. Macdonald, Thomas et autres sont indignés de ce que les ouvriers aient protesté en voyant leurs ministres revêtir l'habit bouffon de la Cour. Ce n'est, certes pas, le plus grand des péchés de Macdonald, mais il symbolise à merveille tous les autres. Quand la jeune bourgeoisie se battait contre la noblesse, elle renonçait aux chevelures bouclées et aux vêtements de soie. Les révolutionnaires bourgeois portaient le vêtement noir des puritains. A l'opposé des " cavaliers ", on les surnomma les " têtes rondes ", les " têtes tondues ". Tout nouveau contenu se cherche une nouvelle forme. Certes, la forme des vêtements n'est que conventionnelle, mais la masse ne veut pas comprendre, et elle a raison, pourquoi les représentants de la classe ouvrière doivent se soumettre aux conventions bouffonnes de la mascarade monarchique ? Et la masse apprend de plus en plus à comprendre que celui qui lui est infidèle dans les petites choses le sera dans un grand nombre de choses.



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