13 août 2011

A lire sur les émeutes en Grande-Bretagne

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Jail the Tories, not young people ! (Socialist Worker)

Londres. Pourquoi ici? Pourquoi maintenant? par Tariq Ali

(...) S’il y avait dans ce pays un réel parti d’opposition, il serait en train de revendiquer le démantèlement de l’échafaudage fragile du système néo-libéral avant qu’il ne s’écroule et lèse encore plus de gens. Partout en Europe les traits distinctifs qui séparaient jadis le centre gauche du centre droit, les conservateurs des sociaux-démocrates, ont disparu. L’uniformité des politiques officielles dépossède les secteurs les moins privilégiés – autrement dit la majorité – de l’électorat. (...) Il y aura probablement quelques enquêtes pathétiques pour découvrir pourquoi Mark Duggan a été abattu, des regrets seront exprimés, des fleurs seront envoyées par la police pour ses funérailles. Les protestataires arrêtés seront punis, et tout le monde lancera un soupir de soulagement et passera à autre chose jusqu’à ce qu’une nouvelle explosion se produise.

Le texte qui fait parler toute l'Angleterre (ici résumé en français): celui de Peter Oborne, éditorialiste du Daily Telegraph, qui est un peu l'équivalent du Figaro français. De la nostalgie pour un capitalisme 'propre' qui n'a jamais existé, peut-être. Mais étonnant quand même !

Il estime que « la criminalité dans nos rues ne peut pas être dissociée de la désintégration morale des plus hauts rangs de la société moderne britannique. Les deux dernières décades ont vu un déclin terrifiant des standards au sein de l'élite gouvernante britannique. Il est devenu acceptable pour nos politiciens de mentir et de tricher. (.) Il n'y a pas que la jeunesse sauvage de Tottenham qui a oublié qu'elle a des devoirs aussi bien que des droits, mais aussi les riches sauvages de Chelsea et Kensington ».

Peter Oborne considère la plupart de l'élite londonienne « aussi déracinée et coupée du reste de la Grande-Bretagne que ces jeunes hommes et femmes sans emploi qui ont causé de si terribles dommages ces derniers jours. (.) Peu d'entre eux s'embêtent à payer leurs impôts britanniques s'ils peuvent les éviter et encore moins sentent un sens d'obligation envers la société, un sentiment pourtant naturel il y a encore quelques décades pour les riches et les mieux lotis ».

Feral capitalism hits the streets, par l'économiste David Harvey

(...) A political economy of mass dispossession, of predatory practices to the point of daylight robbery, particularly of the poor and the vulnerable, the unsophisticated and the legally unprotected, has become the order of the day. Does anyone believe it is possible to find an honest capitalist, an honest banker, an honest politician, an honest shopkeeper or an honest police commisioner any more? Yes, they do exist. But only as a minority that everyone else regards as stupid. Get smart. Get Easy Profits. Defraud and steal! The odds of getting caught are low. And in any case there are plenty of ways to shield personal wealth from the costs of corporate malfeasance.

Les motivations des émeutiers: pauvreté, police, système ... (Le Monde)

The Tottenham Outrage: Quelle violence à Tottenham? (sur le site des Indigènes de la République)

Riots and the underclass, by Alexander Cockburn

The competing senses of the riots, by Richard Seymour

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