7 août 2011

Police shooting sparks London riots

NOUVEAU
Deuxième nuit de violences à Londres (en français)

Police shooting sparks London riots - Europe - Al Jazeera English

Rage at the police hits the streets of north London (Socialist Worker)

La réaction de la députée travailliste Diane Abbott (The Independent)

Les violences traversent la Tamise: Scènes de pillage à Brixton (BBC)

Second night of violence in London - and this time it was organised (The Guardian)

Petit résumé des émeutes en Grande-Bretagne depuis les années 1980, par Maev Kennedy (en anglais)

Le site du journal réactionnaire et raciste, le Daily Mail, a de superbes photos des émeutes ici ... Le journaliste parle d'une foule de "200 anarchistes" à Enfield !

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Contrairement une idée reçue - et répétée par un journaliste de France 2 aux informations de 20 heures d'hier soir - la Grande-Bretagne a bel et bien une tradition de violences urbaines et politiques. Voir ici un rappel de celles de l'été 1981 sur le blog History is made at night.

Il serait évidemment trop long de dresser une liste complète, même si on arrivait à se mettre d'accord sur la définition d'une émeute. Mais le pays a sans aucun doute une longue et honorable histoire en la matière.

Un des épisodes les plus célèbres, mais pas forcément les plus 'progressistes', de cette histoire de 'tumultes' populaires eut lieu entre le 2 et 10 juin 1780 (nous sommes en pleine guerre contre les 'insurgents' américains, la France, l'Espagne et les Pays-Bas): les Gordon Riots (du nom de Lord George Gordon) qui prit d'abord la forme d'émeutes anti-Catholiques mais dont la dimension sociale est évidente.

Le soir, des manifestants saccagent les chapelles privées des ambassades catholiques. Les jours suivants, les émeutes sont sporadiques. Le Parlement ajourne son débat, ce qui accroît la violence. Les 6 et 7 juin, les manifestants sont maîtres de Londres, et l’émeute prend un caractère social. On brûle les maisons somptueuses sans distinction de religion ni de nuance politique. Le 8 juin, les « riches » s’organisent dans une « association de défense » qui lève des milices. L’émeute, durement réprimée, se calme le 10 juin, après avoir coûté la vie à 300 personnes. (Source: Wikipedia)

Dernière en date de ces émeutes, celle du quartier de Stokes Croft à Bristol en avril 2011 fut liée à l'opposition d'une partie de la population à l'ouverture d'un supermarché Tesco - la chaîne de supermarchés la plus rentable du Royaume. La ville de Bristol a même une place d'honneur dans l'histoire de la révolte populaire en Angleterre: celle de 1793 (11 morts) fut provoquée par le renouvellement du péage d'un pont et la démolition de plusieurs maisons pour la création d'une bretelle d'accès; celle de 1831 (4 exécutions) par le refus de la Chambre des Lords de voter la réforme du système électoral ; celle de 1980 (130 arrestations) par une opération anti-drogue de la police qui a mal tourné dans le quartier pauvre de St. Paul ...

Parfois ces violences sont plus ouvertement politiques, et plus organisées. Le 4 octobre 1936 est toujours célébré comme une grande victoire du mouvement antifasciste en Grande-Bretagne: 100,000 manifestants réussirent à stopper par la force une marche des Chemises Noires de Sir Oswald Mosely, dirigeant de la British Union of Fascists.

Glasgow en Ecosse connut un des épisodes le plus glorieux de son histoire le 31 janvier 1919 quand une manifestation syndicale eut lieu à George Square, la place très élégante située juste devant la Mairie de la ville. Des heurts entre les manifestants et la police tournèrent rapidement en émeute, mais les manifestants se regroupèrent et tinrent tête à la police locale. Craignant le 'bolchévisme', le gouvernement britannique envoya dix mille soldats équipés de canons et de chars pour faire règner l'ordre capitaliste dans la région.

Le 31 mars 1990 eut lieu à Londres, dans le quartier de Trafalgar Square, la fameuse émeute contre la Poll Tax, un impôt injuste voulu par le premier ministre de droite Margaret Thatcher. Mais il y a eu de nombreuses batailles de Trafalgar au même endroit, dont l'emplacement même des célébres fontaines s'explique par la volonté des pouvoirs publics d'empêcher des regroupements trop importants de contestataires. Pensez-y la prochaine fois que vous y donnez à manger aux pigeons ...

Dans cet article dans la revue International Socialism, l'historien Keith Flett passe en revue les débats sur la question de l'intervention de la "populace" (mob) ou la "foule" (crowd) à Londres depuis le milieu du 18ème siècle.

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