6 septembre 2011

Après la chute de Kadhafi, stop aux bombardements de l'OTAN !

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par Gauche Unitaire

Le régime du dictateur Kadhafi a fini par s’effondrer après 6 mois d’une guerre dirigée par la coalition de l’OTAN emmenée par les Etats français et britanniques et de combats menés par les forces rebelles. Personne ne regrettera l’ex chef d’Etat libyen et il faut souhaiter que cette nouvelle page d’histoire qui s’ouvre pour le peuple libyen lui permette de prendre en main son propre avenir. Rien n’est encore gagné car le risque de guerre civile est grand alors que les bombardements de l’OTAN continuent, que les partisans de Kadhafi s’enferment dans une folie meurtrière et qu’Amnesty International a fait état dans le camp rebelle de nombreux actes de tortures, d’assassinats, et d’arrestations de personnes en fonction de leur « couleur de peau » (les Africains subsahariens suspectés d’être des mercenaires pro Kadhafi).

La situation est d’autant plus instable que les grandes puissances occidentales sont avant tout déterminées à profiter de la fuite du « Guide Suprême » pour soumettre le nouveau pouvoir en place à leurs exigences. Une Conférence Internationale s’est tenue à Paris le jeudi 1er septembre pour favoriser une « transition démocratique » et le déblocage des moyens financiers pour permettre la reconstruction du pays. Mais la volonté des pays belligérants de se partager les dividendes de la guerre ne s’est pas faite attendre. Entreprises américaines, italiennes, françaises, britanniques, turques sont sur les rangs pour décrocher des contrats. Le gouvernement et les milieux patronaux français semblent particulièrement assoiffés de pouvoir profiter du leadership que Sarkozy a gagné dans une guerre qu’il considère comme « sa guerre ». Le quotidien Libération a révélé qu’un accord avait été passé en avril dernier entre le gouvernement français et le Conseil National de Transition pour que la France récupère plus de 35% des exportations du pétrole Libyen (même si les changements de rapport de forces entre factions rebelles pourraient modifier la donne). Ce qu’Alain Juppé lui-même a reconnu publiquement : « Le CNT a dit très officiellement que dans la reconstruction, il s’adresserait de manière préférentielle à ceux qui l’ont soutenu, ce qui me paraît assez logique et juste. » Un point de vue partagé par le MEDEF qui organise avec la chambre de commerce franco-libyenne une conférence des entreprises françaises à Paris le 6 septembre pour évaluer les contrats possibles. Selon le quotidien « La Tribune », les industries de la Défense espère même pouvoir vendre au CNT les avions Rafales que Kadhafi avait promis d’acheter !

Les classes dirigeantes françaises ont ici une attitude ouvertement néo coloniale. Ils considèrent le peuple Libyen comme un enfant docile qu’ils vont diriger et qui va devoir accepter tout ce qu’ils exigent. Les gouvernements occidentaux se permettent même de poursuivre les frappes aériennes qui devaient cesser avec la chute de Kadhafi (sans parler du motif initial de « protection des civils »). Mais c’est sans compter la force des bouleversements à l’œuvre aujourd’hui dans les pays arabes. Les peuples ne se satisfont plus d’être mis sous tutelle que ce soit par des dictateurs comme Kadhafi ou par des pays « démocratiques » comme la France, l’Angleterre ou les Etats Unis. Aujourd’hui, les bombardements de l’OTAN en Libye sont plus que jamais injustifiables alors que le régime est tombé. Finalement, cela démontre que les gouvernements occidentaux n’ont en rien modifié leur politique dans les pays arabes malgré l’éclatement des révolutions.

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