1 octobre 2011

Mobilisation nationale contre le racisme en Suisse, 1er octobre à Berne

***
NOUVEAU : Plus de 5000 manifestants à Berne ... pour la régularisation des sans-papiers

Voici une déclaration du Mouvement Pour le Socialisme (MPS) à l'occasion de cette journée importante dans un pays où le racisme, la xénophobie et l'islamophobie gagnent du terrain.



(...) Dans un contexte de crise du système capitaliste se développe une attaque en règle contre les salaires, l’emploi, les conditions de travail, les droits sociaux (assurance chômage, AVS, AI, assurance maladie…) et contre des droits syndicaux, déjà très réduits. L’objectif prioritaire de cette offensive: augmenter la part de la richesse sociale accaparée par l’oligarchie financière qui est aux commandes du pays. Deux chiffres pour l’illustrer: de 2008 à 2010, la part des salaires dans le Revenu national a baissé: de 62,7% à 55,4%. Celle des profits et des revenus de la fortune a augmenté: de 37,3% à 44,6%.

Pour imposer – sans «désordre» – ce genre d’amputation sociale, les dominants utilisent divers produits anesthésiques. Un est traditionnel: substituer à l’opposition effective entre Capital et Travail un «conflit» construit artificiellement et avec persévérance par les détenteurs du pouvoir: celui entre «Suisses et immigré·e·s».

Le terme immigré peut prendre divers visages, selon les besoins du moment et de ceux qui l’instrumentalisent: «les sans-papiers», «les travailleurs au noir», «les illégaux», «ceux qui volent nos emplois», «ceux qui profitent de l’AI ou de l’assurance chômage», «les extra-européens», «ceux qui ne correspondent pas aux besoins de main-d’œuvre spécialisée des industriels», «les illégaux», les «Roms mendiants», etc.

Il est bon que la gauche radicale suisse participe à cette initiative avec ses propres analyses. Elle fait bien d'aller au-delà de la critique facile du racisme caractérisé de la droite dure: il existe également un racisme 'soft' dans les milieux patronaux - heureux, eux, d'exploiter les travailleurs immigrés tout en jouant quand cela sert leurs intérêts sur la corde nationaliste - et la gauche institutionnelle (PS).

Mais il est surprenant que ce texte ne fait pratiquement aucune référence à l'islamophobie (le mot "musulman" y paraît une fois un peu furtivement) alors que le racisme officiel en Suisse s'est notamment manifesté par l'interdiction hautement symbolique de construction de minarets. Même si la manifestation a été appelée en défense des sans-papiers le sujet aurait mérité un développement dans un texte aussi long.

Cette réticence à parler autrement qu'en demi-mots de l'islamophobie est caractéristique du mouvement antiraciste 'officiel' en France notamment. Mais elle commence à reculer devant l'évidence que l'extrême droite et les gouvernements s'en servent, eux, sans aucune retenue - et que cela paie sur le plan électoral. Plus que jamais, la vigilance s'impose sur cette question, quitte à être accusé de diviser le front antiraciste (et même malheureusement la plupart des partis de gauche) ou d'être hors sujet.

Aucun commentaire: