6 décembre 2011

2012: pour un printemps des quartiers populaires!

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Six ans après le début des révoltes qui ont suivi le décès de Zyad et Bouna, le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, un vaste «regroupement de militants et de personnalités de gauche, d'associations des quartiers, d'organisations politiques ou syndicales anti-racistes et décoloniale», veut «aider à l'action et l'expression des populations exclues».

Chacun le sait... ceux qui vivent dans les quartiers populaires, les femmes et les hommes, issus de l'immigration ou pas, souvent musulmans, noirs ou roms, sont soumis à la ségrégation, au chômage, au racisme, et au contrôle policier au faciès –et ne trouvent dans les institutions et la vie politique aucun moyen d'exprimer leurs attentes et aspirations. Les oppressions et les résistances qui se tissent dans les banlieues sont traitées en termes de problème sécuritaire ou de réactivation de l'«identité nationale» –les musulmans d'aujourd'hui étant de plus en plus stigmatisés comme les juifs d'hier.

Quel journaliste, quel discours politique voudra prendre à bras le corps ces questions et dénoncer l'islamophobie sur les plateaux de télévision, faire le bilan de toutes les lois répressives contre l'immigration? Qui confrontera les lectures sectaires de la laïcité et leurs projets liberticides à l'expérience quotidienne de leurs victimes et aux fondements juridiques des droits? Si la nécessité de combattre le racisme est évoquée, pour faire pièce à Marine Le Pen ou à Nicolas Sarkozy, rien n'est fait pour que la lutte contre la ségrégation urbaine, les discriminations raciales et la précarité, soit un axe fondamental de réponse aux exigences portées par les révoltes de 2005 dans les quartiers populaires.

La misère et les inégalités s'élargissent avec les crises financières et les pseudo plans de «sauvetage» détruisant sur leur passage emplois et acquis sociaux; les Etats renflouent les banques mais veulent supprimer les services publics et rendre les populations coupables et comptables de la crise; le fossé se creuse entre les minorités privilégiées et la grande masse des populations de plus en plus précarisées, pendant que les puissances impériales poursuivent leur déploiement militaire, semant partout la désolation et la guerre.

Pour notre part, puisant notre énergie et notre inspiration dans la révolte des quartiers en 2005, dans les luttes pour l'égalité réelle, dans l'élan révolutionnaire des peuples du monde arabe et la lutte du peuple palestinien pour ses droits, dans les mobilisations exemplaires en Afrique, à Mayotte et celles des «Indignés» de la Grèce aux Etats-Unis, de l'Espagne au Chili, nous refusons de n'imaginer le futur que sous la forme d'une droite libérale, sécuritaire et raciste ou sous celle d'une gauche gestionnaire d'un ordre admis. Nous sommes convaincus qu'existent des alternatives au désastre. Tout un monde d'oppression n'en finit pas de s'écrouler sous nos yeux qui appelle des solutions radicales qui doivent s'imposer dans les débats et accompagner les prochaines présidentielles.

Nous sommes un regroupement de militants et de personnalités de gauche, d'associations des quartiers, d'organisations politiques ou syndicales anti-racistes et décoloniales, déterminés à forcer le débat notamment durant la campagne présidentielle. Nous voulons aider à l'action et l'expression des populations exclues de tels débats, femmes et hommes, et porter quatre préoccupations:

- contre le racisme, en premier lieu le racisme d'Etat, l'islamophobie, la surexploitation, le harcèlement et l'expulsion des sans papiers; contre les inégalités, la ségrégation urbaine –en nous revendiquant des droits égalitaires ;

- contre les violences institutionnelles de la police, de la justice, et, de l'école au Pôle Emploi, pour l'invention d'institutions démocratiques au service de toutes et tous ;

- contre les politiques libérales porteuses de la crise économique, en défense des droits sociaux fondamentaux ;

- contre les rapports de domination internationaux et néo-coloniaux en particulier en Palestine et en Afrique ou dans les DOM-TOM, en soutien aux exigences portées par les processus révolutionnaires en cours.

Cette dynamique « commence » le 27 octobre, jour anniversaire de la révolte de 2005.

Voir la liste des premiers signataires et signer l'appel en cliquant ici....

JEUDI 8 DÉCEMBRE, 19h

" 2012 : Printemps des Quartiers "

Présentation publique

Au Cin'Hoche, 6 rue Hoche, Bagnolet, métro Gallieni (Ligne 3)

• Violences policières •

• Discriminations, racisme, islamophobie •

• Solidarité internationale, Révolutions arabes, Palestine •

• Justice sociale, égalité et démocratie réelle •

• Youcef Brakni •Omar Slaouti • Ndella Paye • Ismahane Chouder • Omar Alsoumi • Alain Gresh• Ali Elbaz • Monique Crinon • Houria Bouteldja • Tariq Ramadan •

Un direct du Gauche !

La mise en opposition, bien trop fréquente à gauche, entre les luttes dites « sociales » et les luttes spécifiques des populations discriminées est une impasse mortifère. Il s’agit en fait d’aspects d’une seule et même chose : la lutte pour l’égalité.

C’est dans les quartiers populaires que la question de l’égalité se pose avec le plus d’acuité : que le chômage et la précarité atteignent les niveaux les plus élevés, que la misère et les difficultés de la vie quotidienne sont les obstacles les plus importants à la participation de toutes et de tous à la vie de la société. C’est là que l’exclusion sociale se redouble de l’exclusion politique la plus caractérisée. Le taux d’abstention record qu’on y enregistre à chaque consultation électorale n’en est qu’un témoignage parmi d’autres.

Comment ne pas voir que les populations de ces quartiers sont l’objet de discriminations et d’inégalités de traitement qui redoublent leur exclusion sociale ? Ces quartiers sont aussi ceux où les violences policières, le racisme quotidien, les stigmatisations de tous ordres viennent s’ajouter au délabrement urbain, à l’abandon scolaire, au démantèlement des services publics, à la précarité d’un avenir bouché. Et comment s’étonner de ce que ces mêmes populations, et singulièrement leur jeunesse, restent à l’écart des combats politiques d’une gauche qui ne répond pas à leurs préoccupations ?

Les renoncements successifs de celle-ci, au pouvoir comme dans l’opposition, ont à juste titre été vécus comme autant d’abandons. Loin de soutenir les revendications spécifiques des quartiers populaires, la gauche ajoute trop souvent sa voix au discours dominant de stigmatisation. (...)

Lire l'article de Farid Bennaï sur le site de la FASE.

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