27 janvier 2012

Assistantes maternelles : une « neutralité » d'exclusion

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Communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH)
Paris, le 24 janvier 2012

Voir également le communiqué du NPA

et cette excellente prise de position de Jaques Perreux, conseiller général, conseiller régional Europe Ecologie-Les Verts, La laïcité, c'est d'abord le respect de la liberté de conscience

100,000 signatures contre le dernier délire laïcard et islamophobe: l'interdiction du foulard à la maison!!

La Ligue des droits de l’Homme ne peut se satisfaire de l'adoption, le 17 janvier par le Sénat, de la proposition de loi visant, selon ses termes officiels, à étendre l’obligation de neutralité des professionnels de la petite enfance aux structures privées de la petite enfance et aux assistants maternels à domicile. Si elle ne souhaite pas respecter cette neutralité, la personne concernée devra le stipuler dans son contrat de travail.

Outre le fait qu’on risque de voir resurgir des débats sans fin sur ce qui pourra être considéré comme une manifestation contraire à la neutralité, les termes et les conséquences de cette proposition de loi dont l’application sera inévitablement compliquée sont à bien des égards inadmissibles. D’une part, elle contrevient à la liberté de conscience et d’opinion inscrite dans la loi de 1905, ainsi qu’à la liberté d’expression garantie par cette même loi, par la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) et par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. D’autre part, elle inaugure un nouveau type de contrat de travail, celui où le salarié devra déclarer ses convictions religieuses, alors même que le Code du travail interdit toute discrimination directe ou indirecte basée notamment sur la religion.

En réalité − et personne n’est dupe − cette loi s’inscrit dans la brèche ouverte par les diverses lois votées depuis 2004 en matière de laïcité. Hier de jeunes élèves, puis des mères désireuses d’accompagner leurs enfants en sortie scolaire, puis des futures mariées se sont vues exclues de l’espace public ou social parce qu’elles portaient un signe religieux. Aujourd’hui, c’est le tour des « nounous ». Demain ?

A travers cette proposition de loi, on assiste à une nouvelle tentative de dénaturer la laïcité en un moyen d’exclusion qui, dans les faits, vise tout particulièrement les femmes de confession musulmane, dans ce qui représente parfois pour elles la seule possibilité d’activité rémunérée donc d’autonomie. Ce n’est pas cette conception de la laïcité que défend la LDH, attachée à une démocratie qui crée les meilleures conditions du vivre ensemble dans le strict respect de la liberté de conscience.

Commentaire: Excellent ce communiqué de la LDH ! Notons au passage qu'il reconnaît implicitement que l'utilisation abusive du principe de la laïcité à des fins islamophobes date de la Loi du 15 mars 2004 (dite loi anti-foulard) interdisant les signes religieux à l'école. Revendiquer son abrogation est une nécessité pour la gauche et le mouvement antiraciste, faute de quoi la "brèche" à laquelle la LDH fait référence ne sera pas comblée.

English: The French Senate has voted in favour of a Bill which would oblige women who work as childminders in their own homes not to wear a 'Muslim headscarf' - or to stipulate in their contracts  that they do not respect the principle of secularism ("laïcité"). Shamefully, the Bill was introduced by a Socialist party senator and supported by a majority of Socialists. Even the Right, which until recently had a majority in the Senate, did not dare propose such a measure. This new attack against the rights of Muslim women comes at a time when Islamophobic politicians, supported by some teachers, are attempting to exclude Muslium women who wear the headscarf from accompanying groups of pupils on school trips. 

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Les actes anti-musulmans ont augmenté de 34 % en 2011

LEMONDE.FR avec AFP
01.02.12

Les actes et menaces anti-musulmans répertoriés sur le territoire français en 2011 ont augmenté de 34 % par rapport à l'année précédente, a annoncé mercredi 1er février l'Observatoire national contre l'islamophobie.

Selon Abdallah Zekri, président de cet observatoire rattaché au Conseil français du culte musulman, ces chiffres proviennent de statistiques de la sous-direction de l'information générale (SDIG), communiquées à l'AFP.

"Les actions et les menaces qui ont fait l'objet de plaintes déposées officiellement auprès des services de police et de gendarmerie sont passées de 116 en 2010 à 155 en 2011, soit une augmentation de 33,9 %", précise M. Zekri. Pour les seules actions, les statistiques de la SDIG pour 2011, qui concernent notamment les violences et voies de faits, les incendies et les dégradations, leur nombre passe de 22 à 38 d'une année sur l'autre.

"J'aurais aimé que le président Sarkozy, à qui j'ai adressé une lettre en décembre, fasse une déclaration. Qu'il dénonce ces actes inqualifiables. Bref, qu'il cherche à apaiser les inquiétudes des musulmans, qui sont des citoyens au même titre que les chrétiens ou les juifs", a déclaré M. Zekri.

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