14 mai 2012

La bataille de Hénin-Beaumont

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Jean-Luc Mélenchon du Front de Gauche va mener la bataille contre la dirigeante fasciste Marine Le Pen dans le 11ème circonscription du Pas-de-Calais (Hénin-Beaumont). Il aura des concurrents à gauche, y compris une candidate du NPA (ce que je considère comme une erreur politique).

Je posterai ici quelques réactions, à commencer par ce reportage du journal Politis:
Hénin-Beaumont, petite ville post-industrielle de 25 000 habitants, sera donc l’épicentre d’une bataille politique sans précédent. Samedi, le leader du rassemblement des gauches a fait irruption dans cette ancienne ville minière, où Marine Le Pen creuse son sillon depuis plusieurs années. Pour prolonger la campagne présidentielle, le Front de gauche a décidé de faire face au Front national, plaçant la commune au cœur de l’attention nationale « et j’ose le dire internationale », espère Jean-Luc Mélenchon, conscient du « caractère extraordinaire » de son geste.

Devant la presse et plusieurs dizaines de sympathisants, samedi après-midi, Jean-Luc Mélenchon n’a pas tenté une métamorphose impossible. Dans une courte prise de parole aux airs de mini meeting, il livre sans ambiguïté sa vision d’une campagne aux enjeux « nécessairement nationaux et internationaux ». Il défend donc le programme du Front de gauche, « l’humain d’abord », assurant n’être candidat « à aucune bataille locale ». Il insiste surtout sur la « bataille indispensable » contre le Front national, programme contre programme « pour que tout le monde entende (...) le message fracassant que nous sommes en position de faire passer. »

La commune, habituée à ce que l’on parle d’elle comme un creuset de la misère et du « vote contestataire » vibrait samedi d’une étrange euphorie. « Dans le nord, on est accueillant ! », s’amusent Serge et Robert, deux quinquagénaires qui n’en finissent plus de rire de ce qui arrive à leur commune, devant leur petit stand de la braderie d’Hénin-Beaumont, qui n’a jamais connu telle médiatisation. « Nous les recevrons bien et on votera en fonction de leurs propositions », promettent les deux amis.

Dans les rues de la ville, on accueille ce tapage avec plus ou moins bon cœur. Tout sourire, les deux tauliers d’un petit bar PMU de la place centrale prévoient un mois de grosse affluence : « On a eu la télévision croate hier », sourit l’un d’eux sans trop rentrer dans le fond politique de l’événement. « Il nous manquait un George Marchais, souffle-t-il toutefois, nous aurons Mélenchon ».

Un défi électoral osé

La 11e circonscription du Pas-de-Calais est à première vue promise au Front national qui y arrivait en tête au premier tour de la présidentielle avec 31% des voix devant le PS à 28,75%. Conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais de 1998 à 2004, puis conseillère municipale d’Hénin-Beaumont de 2008 à 2011, Marine Le Pen a recueilli 41,65% des suffrages au second tour des législatives en 2007. Jean-Luc Mélenchon est loin derrière, 4ème au premier tour de la présidentielle avec 14,85% des voix.

Pourtant, le pari est à sa portée. Car le département penche à gauche. François Hollande a recueilli 56,18% des votes le 6 mai face à une droite localement faible (15,79% le 22 avril) et divisée. Selon Alexis Corbière, les 14 communes de cette circonscription sont toutes à gauche, exceptée une, dirigée par une maire Modem. 5 d’entre-elles sont aux mains des communistes.

Le défi, pour le Front de gauche, est de parvenir à dépasser le Parti socialiste. Il aurait alors de fortes chances de l’emporter au second tour en jouant la carte du Front Républicain contre Marine Le Pen. Et le PS se trouve justement en état de déliquescence, gangréné localement par des affaires de corruption qui ont conduit le maire d’Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville (PS), en prison et ont éclaboussé la fédération du Pas-de-Calais. Le député sortant a cédé sa place à une personnalité moins connue, Philippe Kemel, le maire de Carvin, qui a déjà annoncé qu’il se maintiendrait face à Jean-Luc Mélenchon. « Il n’y a pas de raccourcis à la tâche, répond ce dernier, nous ne comptons sur aucun accord entre partis, il va falloir convaincre les électeurs 1 par 1 », au cours d’une campagne « homérique ».
Un article de l'entre-deux-tours qui situent bien cette bataille dans son contexte, y compris européen: Le FN, son succès et les droites extrêmes en Europe, de Joseph Confavreux et Ludovic Lamant:
(...) Enfin, comme l’a montré, en France, un certain isolement du Front de Gauche dans son affrontement direct avec la candidate frontiste, plusieurs gauches gouvernementales européennes n’ont pas rompu sans ambiguïté avec les politiques qui ont facilité ce basculement vers la droite la plus dure. Tétanisées par une extrême droite se drapant dans l’image de représentant du peuple souffrant, inquiètes de fâcher un électorat souverainiste de gauche sur les politiques migratoires, soucieuses de ne pas heurter un électorat « laïque », quitte à évacuer le caractère multiculturel des sociétés européennes, elles se sont souvent contentées d’emboîter le pas aux rhétoriques droitières sur la sécurité, l’immigration ou le communautarisme, sur un mode mineur, apparemment compatible avec « l’esprit républicain ».

Au-delà de configurations nationales variables, d’autant plus importantes pour des partis d’extrême droite qui ne pensent qu’à l’intérieur de leurs frontières, la lutte contre l’extrême droite à l’échelle européenne suppose de bien cerner les nouveaux visages qu’elles affichent.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Tu vas avoir droit a ton proçès en diffamation, une plainte va être déposé pour vos insultes.
L'anti-démocratie sera toujours gauchiste.
Attendez vous a avoir la visite ou une convocation a la gendarmerie.