20 juin 2012

Au chevet du NPA

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Par Colin Falconer (20 juin 2012)

Actuellement, tout le monde se met au chevet du Nouveau Parti Anticapitaliste (2009 -     ). Certains tels des vautours prennent leurs désirs pour la réalité, en prononçant le parti d'Olivier Besancenot et de Philippe Poutou cliniquement mort - ou au moins atteint d'une maladie terminale. Mais la question doit quand même se poser, en vue de la crise qui le secoue actuellement (départs de nombreux militants, scission imminente du courant Gauche Anticapitaliste, impasse de la stratégie électorale qui s'est soldé par un cuisant échec aux présidentielles et au législatives ...). La plupart de ses commentaires viennent de courants d'extrême gauche dont certains étaient hostiles au projet d'un nouveau parti anticapitaliste dès le début, d'autres y ayant cru et participé. Comme toujours, leurs analyses sont souvent pertinentes, mais butent sur la question: quelle solution, quelle alternative ?

Je publie ici une petite sélection d'articles sur cette question, dont ma propre (et modeste) contribution:

Lorcan Gray, Letter from France, in Irish Marxist Review (Vol. 1, n° 2, juin 2012).

En anglais, un article assez bien informé écrit par un militant irlandais du NPA à Lyon. Des critiques bien fondées. Comme beaucoup de camarades, l'auteur pense qu'il faut tout faire pour transformer le NPA, mais ne dit pas comment y arriver.

Colin Falconer, NPA: A Missed Opportunity ?(avril 2012)

Un petit article que j'ai écrit pour d'autres camarades irlandais. J'insiste inévitablement sur les défauts et les erreurs (selon moi) du NPA et surtout de sa tendance majoritaire. Mais je ne suis pas de ceux qui crachent dans la soupe, ni qui tirent sur l’ambulance: les militants du NPA sont en général parmi les plus actifs et les plus dévoués des militants de gauche.

NPA: le point de non-retour ? (juin 2012)

Un court article de deux militants d'Alternative Libertaire, Aurélien et Julie. Assez juste sur l'électoralisme et la structuration en tendances permanentes, mais - comme tout anarcho-syndicalo-libertaire qui se respecte - les auteurs pensent que le problème vient du centralisme démocratique, alors que le NPA ne l'a jamais pratiqué.

Après l’autodestruction du NPA : nouveaux « châteaux en Espagne » (et en Grèce !) ou pragmatisme révolutionnaire et libertaire ?

Un texte de Philippe Corcuff, comité de Nîmes du NPA, écrit pour le débat à la Conférence Nationale du 7-8 juillet, 2012. Le plus littéraire des intellectuels organiques du parti.

Le projet NPA a ouvert le chantier enthousiasmant d’une nouvelle force anticapitaliste, dont la majeure serait l’implication dans l’action extra-institutionnelle et la mineure la présence critique dans les institutions existantes (dont les élections). Cela s’est inscrit dans la perspective de l’auto-émancipation des opprimés au moyen de l’auto-organisation. Un tel NPA n’est jamais vraiment né, étouffé dans l’œuf par la combinaison de logiques autodestructrices ne devant pas grand-chose à nos « méchants » adversaires (la Bourgeoisie, le PS, le Front de gauche….) mais surtout à nous-mêmes, justement ! Parmi les principaux facteurs autodestructeurs, j’en retiendrai deux ici. Tout d’abord, une tendance précoce à la structuration de nos débats nationaux autour de deux pôles politiciens éloignés du projet NPA : 1) le pôle d’un investissement privilégié - pratiquement - dans le jeu institutionnel dominant (avec, au fur et à mesure, une absorption par la logique du Front de gauche) ; et 2) le pôle de l’avant-gardisme prétendant « substituer » (selon l’expression lucide de Trotsky contre Lénine en 1904 dans Nos tâches politiques) le rôle « dirigeant » du parti à l’activité autonome des opprimés. Deux façons de récuser en pratique l’invention d’une politique libertaire de l’auto-émancipation via l’auto-organisation. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que, parmi les leaders nationaux de ces deux pôles, des militants passés par le même moule des pratiques micro-bureaucratiques de l’UNEF aient joué un rôle de premier plan. Deuxième facteur autodestructeur : un défaut de pratiques expérimentales novatrices, du « sommet » à « la base », dans l’inertie des routines.
Éludant nos responsabilités écrasantes dans ce gâchis, certains se sont déjà lancés dans de nouveaux « châteaux en Espagne ». Comme nous avons lamentablement échoué à faire exister un « petit parti populaire » de 10 000 membres, alors faisons mine de peser sur l’avenir du monde ! D’où une prolifération rhétorique dans nos rangs sur « l’opposition de gauche au gouvernement Hollande » (dont nous serions – sans rire ! – l’âme future) et sur la situation grecque (grâce à notre « grande intelligence », nous serions presque pour quelque chose dans ce qui s’y passe !). Bref des dérivatifs tragi-comiques, remplaçant la praxis par des fantasmes et qui, en nous éloignant de l'examen critique de notre passé récent, nous nous laissent guère la possibilité de rebondir.
Il est pourtant à peine temps, avant le précipice, de réagir. Soyons révolutionnaires en étant pragmatiques (si la révolution sociale est bien avant tout une question pratique plutôt que de simples discours) et soyons pragmatiques en étant révolutionnaires (souvent conservateurs au niveau du militantisme nous ne cherchons guère à commencer ici et maintenant à révolutionner les pratiques) !

Appel à la gauche du parti pour une plate-forme commune (juin 2012)

Un texte de camarades qui appartiennent à la tendance la plus 'trotskiste orthodoxe' du NPA. Tout n'est pas faux, mais leur principale caractéristique est le refus permanent de toute recherche de l'unité, sauf avec les petits courants les plus proches de leurs idées - et la longueur de leurs interventions. Une conception du front unique typiquement gauchiste, partagée dans la théoriser par une grande partie de l'organisation.

Alex Callinicos, France: L'anticapitalisme politique en crise

Ecrit par un des dirigeants du Socialist Workers Party britannique, qui conclut ainsi:

(...) Comme il a été dit, l’effondrement du NPA serait un désastre pour la gauche révolutionnaire à une échelle internationale. Il faut espérer qu’il peut encore être évité. Le NPA a encore des ressources considérables - les excellents militants des deux côtés de la principale division interne, le meilleur des traditions de la LCR, et la position unique de Besancenot en tant que propagateur des idées anticapitalistes en France. Il faut ajouter à cela les forces très importantes du mouvement ouvrier français, l’un des plus combatifs en Europe. Il est dans l’intérêt de tous ceux qui combattent le capitalisme dans le monde entier que ces ressources aident le NPA à éviter le pire.

Callinicos prudemment ne prend pas position dans le débat interne au NPA, et se souvient de l'échec d'une autre tentative de regrouper les anticapitalistes, le parti Respect en Angleterre. Il n'a pas de recette miracle, non plus.

La crise du NPA (juin 2012)

L'analyse des camarades de La Riposte - petite organisation d'origine trotskiste militant au sein du PCF - qui pensent que les difficultés du NPA  sont dus à son "opportunisme" et au fait que, comme Lutte Ouvrière, ils s'entêtent à vouloir construire une organisation en dehors du PCF (ou du Front de Gauche).

La Gauche Révolutionnaire, une autre petite organisation trotskiste, faisant partie du Comité pour une Internationale Ouvière, a quitté le NPA en février 2012. Ici, ils expliquent pourquoi.

Une tribune de la Gauche Anticapitaliste (20 juin 2012) , Réorienter le NPA

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