14 juin 2012

Puy-de-Dôme : une campagne dynamique et crédible

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(...) Le pari était loin d’être gagné avec une circonscription charcutée, la démagogie sécuritaire de la députée sortante PS et une attitude fort peu unitaire (euphémisme...) de l’équipe 100 % PCF qui avait imposé son candidat au Front de Gauche, sans vouloir en discuter avec qui que ce soit. Les résultats n’en sont que plus parlants et le succès réjouissant pour la gauche 100 % à gauche rassemblée en soutien à la candidature d’Alain Laffont.
Avec 5, 5 % des voix dans la circonscription (record national des candidatures GA et NPA en dehors de l’exception limousine qu’il convient de saluer), mais surtout 7, 5 % à Clermont-Ferrand et la quatrième place devant le candidat du PCF (et bien plus encore dans les quartiers populaires dont la « pôle position » avec 32 % dans le bureau de vote du quartier des Vergnes), les objectifs sont remplis. C’est mieux que la fois précédente où Alain avait manqué de peu les 5 %. La leçon est claire : il n’y a aucune fatalité à ce que la gauche radicale soit marginalisée pour peu qu’elle soit fidèle à ces principes : 100 % unitaire, 100 % anticapitaliste, 100 % écologiste.
Chacun saura s’inspirer de l’exemple. Menée avec enthousiasme et détermination, la campagne fut belle, dynamique, utile, crédible et reconnue comme telle par notre camp social, pleine de rencontres et de promesses pour le présent et l’avenir des luttes, des rassemblements citoyens comme des échéances électorales. La commune de Clermont pour 2014 n’est pas un objectif hors de portée pour peu que la gauche de gauche cesse d’osciller entre isolement et repli sectaire d’une part, et accords opportunistes avec le PS d’autre part. Sur cette autre voie, il faut s’engager à fond... et faire qu’elle rime avec Laffo.

Extrait d'un article dans Tout est à nous !

Voir sur le site de Gauche Anticapitaliste cette analyse détaillée des résultats de la gauche radicale: Les législatives à la gauche du PS dont voici des extraits:

(...) La sanction est terrible pour le NPA et LO dont le total n’atteint pas 1%. Le NPA a fait le choix imprudent, surestimant sa surface politique, de se présenter dans un nombre maximum (près de 400) de circonscriptions. L’objectif était d’arriver au seuil légal de 1% dans 50 circonscriptions pour obtenir une dotation de l'État. Au total, le NPA, sur sa ligne majoritaire, n’atteint 1% que dans 18 d’entre elles. (...) En trois ans, le NPA est passé de 4,9% aux européennes de 2009 à une moyenne de 0,5% en juin 2012. Même l’électorat traditionnel de l’extrême gauche qui existait encore aux cantonales de 2011 a fondu. 

Cet échec touche aussi le NPA lorsqu’il a eu une ligne unitaire. Parmi la trentaine de candidatures présentées par la Gauche Anticapitaliste, seules deux dépassent les 5%. L’une est dans le cadre d’un accord avec le FDG en Limousin. L’autre est à Clermont-Ferrand, là où le candidat a une longue implantation. Ailleurs, les candidatures font souvent à peine mieux que celle du NPA majo. Aux régionales de 2010, le NPA avait fait sensiblement mieux là où il avait construit une unité partielle que lorsqu’il était isolé. En 2012, les candidatures dans le cadre d’une « petite unité » (avec les Alternatifs ou le MOC) sont aussi des échecs électoraux.

Même lorsqu’il est relativement implanté et unitaire, le NPA n’a pu compenser localement les effets de la ligne nationale du NPA, médiatisée par sa campagne présidentielle. Il n’est pas apparu possible de crédibiliser une démarche unitaire hors du FDG. (...) 

L’effondrement électoral du NPA comme avant celui de LO suivent des succès importants aux présidentielles, et dans les deux cas, les scores retombent en dessous de ceux d’avant la percée relative. LO, en n’essayant pas, puis, le NPA, en multipliant les erreurs, n’ont pas réussi à se projeter à la hauteur de l’attente et des responsabilités que leur donnaient leurs scores aux présidentielles. Cela a été sévèrement et rapidement sanctionné. On peut craindre que l’histoire ne repassera pas le plat d’ici un certain temps.

Des résultats contrastés pour le Front de Gauche
 

Le FDG fait moins bien aux législatives qu’aux présidentielles, alors que le PCF faisait traditionnellement mieux. Le nombre de députés va baisser, car à plusieurs endroits, les sortants PCF ou PG sont arrivés derrière le candidat PS. Ce double échec, la perte de députés et l’incapacité à transformer l’essai de la présidentielle, se cumulent avec l’échec symbolique à Hénin-Beaumont. Cependant, le score du FDG est en progression d’une législative à l’autre. Le FDG fait environ 600 000 voix de plus que le PCF en 2007, avec 6,95% contre 4,63%. 

Mais cette progression moyenne masque d’importantes disparités. Il semble bien que la dynamique JLM n’ait pas pleinement profité au PCF dans ses bastions traditionnels, ou alors celui-ci n’a pas su en profiter. Dans la circonscription de Sète, le PCF faisait 24,38% en 2007, le candidat PCF-FDG, n’a fait que 9,39% en 2012. Le candidat a changé entre temps, mais il est significatif que le retrait du représentant traditionnel et implanté se traduise par un tel recul. Dans la 16e circonscription du Nord-Pas-de-Calais, le candidat est par contre le même. Député sortant, il fait 35,09 % en 2012, contre 32,92% en 2007. En 2007, l’EG y faisait 3%, 1,3% en 2012. Dans la banlieue parisienne, le PS continue de progresser au dépend du PCF. (...) le déclin électoral du PCF dans ses bastions se poursuit ou est juste enrayé. 

Des phénomènes sociologiques (vieillissement, déclin industriel, modification démographiques) sont certainement à l’œuvre. On peut cependant penser que la campagne menée aux législatives n’a pas été à la hauteur de la présidentielle. Malgré ses 11%, le FDG n’a donné aucun signe en terme d’élargissement ou d’approfondissement du rassemblement qu’il avait réussi à construire, intégrant de fait l’idée d’un échec de sa campagne, échec au regard des seuls sondages prometteurs. Les querelles entre les deux principales composantes ont au contraire étaient médiatisées. La campagne a, de fait, été souvent séparée, avec une connotation très PCF là où le PCF était tête de liste, assez opposée à ce qui fut la dynamique ouverte de la campagne JLM. Le profil et le programme ont aussi été moins clairs, hésitant entre l’exigence d’une alternative de gauche au PS et celle d’une majorité de gauche pluraliste. 

Ces éléments pointent les limites du Front de Gauche comme cartel électoral. Il n’en reste pas moins, que c’est sur les bases de ce que ce front a accompli ces derniers mois, notamment dans la dernière phase de la présidentielle, qu’il est possible de construire une opposition de gauche aux politiques d’austérité.

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