10 septembre 2012

L'impasse d’une politique sans ruptures avec le libéralisme

Il n’aura fallu que quelques petits mois pour que le volontarisme mis à l’affiche par le candidat Hollande - « le changement, c’est maintenant ! » - se mue en molle politique d’adaptation à la crise économique et aux remèdes libéraux. Dans cette voie-là, les sanctions citoyennes pour impuissance ne tarderont peut-être pas à tomber.

Cela ne signifie pas que toutes les mesures ou lois annoncées ne tranchent pas avec les années Sarkozy. Mais il n’y a pas de changement général de sens et les politiques les plus structurantes - économique, sécuritaire… - restent en place. Par ailleurs, certaines mesures ressemblent à la politique de la gauche plurielle, comme si elle n’avait pas été sanctionnée et comme si rien avait changé depuis 10 ans. La mise au pas de la finance ? La brochette de ministres présents à l’université d’été du Medef ne l’aura guère illustrée ! On semble revenir au « l’État ne peut pas tout  » de Lionel Jospin, malgré le déni du premier ministre concernant l’austérité.
Dans ce paysage, l’intention antidémocratique d’obliger - par quels moyens ? - les parlementaires à voter le nouveau traité européen est à la fois un scandale éthique et un bel aveu de faiblesse : il faut obéir à l’injonction libérale, coûte que coûte !
Pour le moment, les forces critiques du libéralisme et les partisans d’une alternative à gauche n’ont pas réussi à mettre à l’ordre de jour des mesures de ruptures. Mais de la prise de position de la CGT contre le traité à l’exigence unitaire d’un référendum, des mobilisations solidaires des Rroms à l’organisation de la manifestation de fin septembre, un rebond des exigences de transformation est possible. Qu’on se souvienne de la Bastille, le 18 mars dernier !
L’actualité montre que le Front de gauche a eu raison de ne pas participer au gouvernement. Il suffit de voir la maltraitance et les contradictions que rencontre Europe Ecologie les Verts. Reste que le Front de gauche et les mouvements sont au pied du mur : ils doivent ouvrir le champ d’une dynamique citoyenne, faute de quoi les périls européens et mondiaux risquent de prendre tout l’espace politique.

Gilles Alfonsi, dans Cerises

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