14 décembre 2012

Le 19 janvier: Journée antifasciste

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Declaration d'artistes, d'universitaires et d'autres pour la journée antifasciste du 19 janvier. Signatures can be sent to antiracismfascism @ yahoo.gr

Contre le fascisme et le racisme

Six mois après l’entrée de l’Aube Dorée au Parlement, plus personne ne peut prétendre ne pas savoir.
Le serpent a craché son venin, et son poison menace des vies humaines : les vies de pauvres gens, qui ont eu la malchance de naître avec la « mauvaise » couleur de peau et sont aujourd’hui les malheureuses cibles des « bataillons d’assaut » nazis, la vie des immigrés, des hommes de gauches et des anarchistes, des artistes qui contreviennent aux goûts des nazis, des homosexuels, des syndicalistes, des roms, de tous ceux qui diffèrent des critères des miliciens.
Cette ascension des néonazis nous fait peur. Particulièrement en ce contexte actuel de crise. Les gouvernements des trois dernières années, qui appliquent les politiques des Mémorandums, ont légalisé le programme de l’Aube dorée, par la banalisation du racisme contre les immigrés, les opérations de « nettoyage », les camps d’internement et la ségrégation, avec la révoltante opération « Zeus hospitalier ».
Au nom des versements des prêts des créanciers, ils en sont arrivés à sacrifier les vies d’enfants de 17 et 18 ans. Les attaques du gouvernement de Samaras contre la naturalisation sont autant de résurgences des sacrifices des jeunes athéniens au Minotaure de la Troika et de l’Union européenne. Les enfants d’immigrés qui ont terminé l’école grecque et vont redevenir des immigrés d’une patrie qu’ils n’ont jamais connu, nous rappellent nos propres enfants qui reprennent aujourd’hui le chemin de l’exil.
Dans la nuit de l’Aube dorée et des politiciens qui la nourrissent, pourtant, les feux de la résistance nous donnent espoir et optimisme: les manifestations antifascistes dans les quartiers, les élèves qui ont défilé le 28 octobre avec au bras des brassards antinazis, les immigrés pakistanais qui n’ont pas eu peur de manifester le 24 octobre à Omonia contre les attaques policières et fascistes, les artistes qui continuent leurs œuvres sans crainte du terrorisme nazi. Et, aussi, tous ces actes de résistance isolés, dans un bus, un service public, un parc, contre la barbarie nazie, qui nous confortent dans la lutte qui s’annonce.
Le 19 janvier, c’est ton cri, ta bataille !
Dans l’histoire du fascisme, la lutte à son encontre s’est toujours structurée en deux temps : dans le « très tôt » ou le « trop tard ». Pour tous ceux qui signent cette initiative, il n’est ni très tôt, ni trop tard. La lutte contre le fascisme, c’est maintenant.
Est-il possible d’unifier toutes les actions éparses de résistance en une journée d’action de masse contre la menace fasciste ? Nous pensons que oui ! C’est pour ça que nous commençons le mouvement du 19 janvier. Pour unir toutes les forces qui veulent lutter contre le fascisme. Pour unir, surtout, toutes les sensibilités antifascistes, de quelque milieu de la société qu’elles viennent, de quelque mouvement qu’elles soient issues, en un mouvement de masse qui ramènera l’Aube dorée à la place qui lui revient : aux basfonds de l’Histoire.
Le lieu le plus cohérent de rassemblement de ce cri antifasciste n’est autre que la place Syntagma : c’est là, sur cette place, que souffle depuis trois ans l’esprit des grandes grèves et où plane l’odeur des gaz lacrymogènes d’une police qui a perdu toute légitimité démocratique, que nous choisissons d’organiser notre grand rassemblement antifasciste ainsi qu’un concert, qui montrera qui constitue la véritable majorité.
Nous, hommes de la culture, des lettres, des arts et de la science, nous avons un devoir particulier de soutien à cette initiative. Il ne peut y avoir de vrai art ou de science en huis clos, à l’heure où devant nos portes, nous entendons les bottes de ceux qui ont brûlé des livres avant de brûler des hommes. Dans cette lutte, dans cette époque monstrueuse, nous redécouvrirons le vrai sens de l’art et du savoir.
Nous sommes optimistes et certains de notre victoire dans cette lutte contre la menace fasciste, à condition de se battre ensemble. Et l’heure de cette bataille est maintenant.

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