15 février 2013

Résolution politique de la Réunion Nationale de la Gauche Anticapitaliste - membre du Front de Gauche

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Extrait de la résolution

(...) le Front de gauche en France doit représenter l’espoir d’une politique de gauche capable d’occuper un terrain de propositions politiques alternatives cohérentes. Sa composition pluraliste correspond aux nécessités de l’heure, mais il doit se développer de la base au sommet en intégrant des représentant-es des mouvements sociaux, d’associations, des non-encarté-es, pour donner à la dynamique tout son élan dans une situation politique complexe. Cette alternative politique doit se situer en toute indépendance vis-à-vis de la politique du PS, sans concession ni compromis avec une orientation gouvernementale d’un social-libéralisme sans fard.

2/ Développer des campagnes de masse

Beaucoup d’échéances nous attendent : enjeux du mariage pour tous, mobilisations autour de NDL, lutte contre le racisme et pour le droit de vote des immigré-es, questions liées à l’austérité, lutte contre les licenciements, contre la déréglementation du travail, l’attaque sur les retraites, indemnisation de chômage, protection sociale, santé, école, etc. Le Front de gauche a choisi de se déployer, en particulier face à l’austérité. C’est un choix que nous partageons pleinement même si ce n’est pas exclusif d’autres terrains de mobilisation.

La mobilisation contre l’austérité, la dette, doit se développer dans un cadre unitaire non subordonné au FdG, mais le FdG a une responsabilité dans le déblocage de la situation en développant à une audience de masse des propositions alternatives. Rien n'est facile sur le terrain des mobilisations sociales, des luttes pour le maintien de l'emploi, contre les licenciements, mais des tentatives existent pour regrouper les salarié-es victimes de suppression d'emplois, de fermetures d'entreprises (par liquidation ou délocalisation). Les initiatives prises par ces regroupements, en général très critiques par rapport à la politique suivie par les directions syndicales, se situeront en dehors de la campagne initiée par le Front de gauche. Raison de plus pour que le FdG soit attentif et présent sur le terrain lors de ces mobilisations. C'est également valable pour tout ce qui concerne les questions liées au logement avec des occupations-réquisitions de bâtiments inoccupés alors qu'il y a 3,5 millions de mal-logé-es, et pour le soutien aux sans-papiers vis-à-vis desquels la politique du gouvernement n'a guère changé par rapport au quinquennat précédent.

Cette campagne « une alternative à l’austérité » marque la possibilité d’un rebond après l’atonie sociale de l’après-campagne présidentielle (travail sur les axes, les initiatives, l’articulation aux cadres unitaires). Il s’agit de rendre visible et crédible une politique radicalement alternative à celle que mène aujourd’hui le gouvernement, en mettant en avant quelques axes et mesures phares (sur la dette, les banques, l’emploi, les salaires et minima sociaux, la reconversion écologique…), déclinés dans des initiatives (réunions, meetings) et du matériel (4-pages, affiches) communs. Ce doit être l’occasion de faire militer le FdG dans les départements, les villes, les assemblées citoyennes. Les militant-es de la GA y prennent toute leur place. C’est aussi l’occasion « à chaud » d’ouvrir le FdG à des non-membres des composantes, comme discuté au conseil national du FdG.

D’autres questions ont toute leur importance : le mariage pour toutes et tous cristallise des enjeux qui dépassent cette question contre le camp réactionnaire. Poussée par l’opinion et la mobilisation, la loi qui vient d’être votée marque un changement profond et positif de la société dans la marche pour l’égalité et contre l’homophobie. Malgré le recul du gouvernement sur la PMA, une brèche est ouverte pour imposer cette mesure par la mobilisation.

La campagne unitaire pour le droit de vote des étrangers aux élections locales sera l’occasion de réactiver les luttes antiracistes dans un moment où le gouvernement refuse de rompre avec les politiques racistes de Sarkozy. Le Fdg qui lance aussi une campagne nationale d’agitation sur cette question devra aussi  participer pleinement à la réussite de la mobilisation unitaire

La mobilisation NDL va continuer, peut s’élargir à d’autres fronts touchant aux mêmes programmes productivistes d’équipements datés et avoir des effets politiques dans l’espace écologique. Ainsi, pour éviter l’isolement inhérent à ce type de mobilisations, nous devons proposer la mise en place d’un collectif national contre les projets d’équipement inutiles et/ou dangereux, regroupant associations locales, forces sociales et politiques et visant à « nationaliser » les enjeux et les mobilisations. (...)

Texte de la résolution adopté par la Réunion Nationale qui s'est tenue à Montreuil le 10 février 2013.

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