31 mars 2013

Quelle stratégie pour les Municipales 2014 : une contribution de la Gauche Anticapitaliste

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Qu'on le veuille ou pas, les municipales de 2014 se préparent déjà. Voici donc une contribution de la Gauche Anticapitaliste, membre du Front de Gauche, au débat au sein du Front de Gauche.

II – Contribution GA pour les municipales

Ci-dessous, le contributions de la GA au débat sur les municipales qui devrait avoir lieu dans la coordination FdG. Cette contribution a été rédigée à partir des différents écrits de la GA et de la discussion qui a eu lieu lors de la dernière réunion nationale.

« Engager le Front de Gauche dans l’affirmation d’une politique contre la droite et alternative à l’austérité de gauche »


Les élections municipales auront lieu en 2014, après deux années d’austérité de gauche. Le dispositif du gouvernement Hollande-Ayrault est déjà bien en place. De la signature d’un traité européen copie conforme du traité « Merkozy » à l’ANI en passant par les cadeaux au patronat, la loi Peillon qui s’inscrit pour l’essentiel dans la continuité de la logique politique des gouvernements précédents en matière d’éducation, avec en perspective une nouvelle « réforme » des retraites, c’est l’ensemble des repères qui fondent traditionnellement l’identité de gauche qui est ostensiblement foulé aux pieds. Le social libéralisme austéritaire se déploie aujourd’hui à visage découvert.

Les échéances municipales seront le premier test national pour l’équipe au pouvoir. Hollande bat déjà des records d’impopularité. Rien dans les projets du gouvernement n’indique que le cours suivi pourrait être modifié dans les mois qui nous séparent des élections. Dès lors, il est difficile de ne pas faire l’hypothèse d’un sérieux revers pour le PS. Les dernières élections partielles, notamment dans l’Oise, en sont une première indication. Bien que la situation politique et sociale soit différente, les élections italiennes doivent être analysées de près, et nous convaincre que les prochaines échéances électorales ne seront pas seulement un revers comme la social-démocratie au pouvoir en a traditionnellement connu : la crise et les politiques d’austérité modifient radicalement les paramètres de la situation. Leurs effets joueront à plein lors des municipales. Ce discrédit – légitime – de la social-démocratie ne peut nous entraîner par le fond, il nous faut indiquer à quel point nous défendons des orientations et des choix radicalement différents. Cela ne peut se faire dans le cadre d’une alliance de premier tour avec le PS.

Il semble peu utile de disserter à l’infini sur la part d’enjeux locaux et nationaux dans ces élections. Nul ne peut nier qu’elles auront aussi une dimension nationale.

L’électorat de droite et d’extrême droite sera au rendez-vous. Dans un tel contexte, il faut absolument prouver qu’une autre gauche existe, qui lutte contre l’austérité, qui a des solutions concrètes à proposer pour ici et maintenant. C’est pour cela que le FdG a vocation à présenter au premier tour des municipales des listes autonomes contre l’austérité et ses applications locales.

Nous souhaitons que cette démarche s'inscrive dans le cadre d'un positionnement national en faveur de listes indépendantes de la politique du gouvernement, de l’austérité, pour en faire un moment de déploiement, d’ouverture du FdG et de popularisation de ses propositions. En effet, à nos yeux, le FdG est porteur d'une alternative à gauche et nous souhaitons soumettre au suffrage du peuple une orientation distincte de l’orientation sociale-libérale tant au niveau national qu'en ce qui concerne la gestion des municipalités. Si les réformes antidémocratiques successives, et la logique même des institutions, laisse des marges de manœuvre limitées, le PS défend, notamment dans les grandes villes, une politique qui n’est pas compatible avec le projet et les ambitions qui sont les nôtres, des « délégations de service public », forme masquée de privatisation, à la privatisation de l’eau en passant par les grands projets d’inutilité publique.

Il nous faut défendre une politique différente, en toute autonomie. Si tel n’était pas le cas, nous laisserions le FN en position de bénéficier seul du mécontentement et d’incarner l’alternative politique. Nous abdiquerions du combat politique pour construire à gauche un large bloc social et politique contre l’austérité.


Si la ligne politique du FdG est un élément structurant de ces listes de rassemblement contre l’austérité, nous pensons que celles-ci ont vocation à s'élargir et à s'ouvrir à d'autres courants politiques, comme à des individus de la mouvance associative et syndicale qui seraient parties prenantes de cette alternative unitaire à gauche. Cela concerne le NPA et LO, des courants comme les Alterékolos, des mouvements décroissants et écologistes radicaux, des groupes ou militants des Verts ou du PS critiques à l'égard de la politique du gouvernement. Localement, les contradictions seront peut-être vives, dès lors que les finances des collectivités locales seront dans le collimateur plus encore qu’en 2013.

Pour résumer donc, la ligne de clivage demeure à nos yeux au premier tour le principe d'une liste autonome par rapport au social-libéralisme ouverte à toutes les forces de gauche en accord avec un programme anti austérité.

L'objectif, défendu dans le texte « stratégie » du FdG, de conserver un maximum de municipalités participe du rapport de forces global. Mais, en dehors de celles-ci, si nous pouvons entendre qu’une situation politique et sociale difficile pousse à préserver l’acquis plutôt que de lâcher la proie pour l’ombre, nous insistons sur le fait que le PS n’en sera peut-être pas le meilleur garant électoral. Nous devons parier ensemble sur la dynamique d’une campagne autonome. Nous pensons que l’évolution rapide de la situation et l’aggravation des politiques d’austérité contribuent et vont contribuer à ce que le FdG dans son ensemble s’en convainque et reprenne confiance dans ses propres forces. Si par malheur les composantes du FdG n’étaient pas toutes convaincues, il reviendrait à celles qui le veulent d’assurer une expression politique minimale du FdG au premier tour des élections municipales. Il ne s’agit cependant pas du cas de figure le plus souhaitable.

Notre objectif est aussi de battre la droite et l’extrême droite, notamment dans une échéance électorale où la porosité entre les deux risques de se faire jour de manière flagrante. Dans ce cadre, nous affirmons notre volonté de fusion des listes de gauche au second tour, à condition que cela n'implique pas pour nous une quelconque obligation de solidarité de gestion. Nous proposons que les élus du FdG gardent leur indépendance par rapport aux majorités issues de ces fusions techniques sans en faire une condition.

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