3 avril 2013

Islamophobie: des militants de la FASE s'expriment

Refuser la confusion et la xénophobie

Après le début de polémique irresponsable à la suite de l'arrêt de la Cour de cassation dans l'affaire du licenciement d'une salariée de la crèche Baby-loup, nous tenons à réagir.

Les risques de dérapages et de division sont énormes. Va-t-il encore nous tomber dessus un de ces débats destructeurs « sur la laïcité », que la France a connus depuis 25 ans   ?

Des membres de la FASE, avec d'autres, proposent quelques éléments de prise de position pour que des discussions aujourd'hui indispensables aient lieu.

Nous sommes une première liste de signataires et nous souhaitons des avis et des éléments de discussion : le libre débat est sans doute la meilleure façon de réagir pour ne pas subir les calculs et les excommunications en tous genres.

C'est pourquoi ce texte est publié sur le site de la FASE et le sera sur tous les sites qui le voudront. Nous créons une adresse à laquelle des contributions peuvent être envoyées et un groupe pluraliste assurera leur
diffusion :  laicite@lafederation.org

Refuser la confusion et la xénophobie

Enquêtes et études se multiplient avec les mêmes constats : avec la xénophobie et l'antisémitisme, l'islamophobie est, en France, un mal qui va croissant. Ces dérives inquiétantes sont favorisées par les campagnes médiatiques consacrées à un « islam » construit médiatiquement pour faire peur, ignorant la volonté de paix de l'immense majorité des musulmans ; et aussi par des prises de positions émanant de tout le spectre politique. Cela constitue un problème auquel nous devons faire face.

En effet, cette forme de racisme s'en prend d'abord aux populations les plus précaires, au salariat dans ses catégories les plus défavorisées et stigmatise - au prétexte de leur religion réelle ou supposée - une grande partie des habitants et surtout des habitantes des quartiers les plus déshérités. Ce sont aussi celles et ceux dont l'exclusion politique est la plus marquée et la plus préoccupante. Ce sont celles et ceux que les forces
de gauche devraient avoir pour vocation première d'écouter et d'entendre pour engager des luttes communes.

Le combat indispensable pour le droit à la libre critique et pour les droits des femmes à disposer de leur vie - rendu nécessaire par certaines conceptions, en particulier religieuses, que ce soit au nord, au sud de la Méditerranée ou ailleurs - n'est jamais passé par des mesures de stigmatisation de signes religieux.

La lutte pour l'émancipation passe par des combats qui incluent la défense de la laïcité, contre les discriminations, les inégalités, les dominations. Il est donc stérile et dangereux de jouer de la logique répressive. La Cour de cassation a réaffirmé le cadre légal du Code du travail. Pour ces raisons, il est insupportable d'entendre des membres du gouvernement socialiste mêler leurs voix à ces campagnes. Tel est le cas pour les réactions publiques à l'affaire « Baby-Loup » de Manuel Valls, ministre de l'intérieur, et de Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement.

Sur cette affaire nous ne partageons pas la position exprimée par le Parti de Gauche.

Nous, membres de la FASE, avec d'autres, entendons être solidaires des personnes victimes de l'islamophobie comme de celles victimes de toutes les autres discriminations, lesquelles constituent l'une des armes de division dont l'ordre dominant use et abuse en permanence. Ces fantasmes xénophobes traduisent la peur de l'avenir dans toute l'Europe : pour nous, cela même souligne l'importance de faire émerger un horizon politique commun. Les monstres sortent quand la nuit dure trop !

Nous prendrons tous les contacts utiles, dans la prochaine période, pour développer les initiatives de lutte contre ces discriminations et pour construire une alternative dont le Front de Gauche est porteur.

Premiers signataires     :

Étienne Adam,
Gilles Alfonsi,
Clémentine Autain,
Bally Bagayoko,
Tarek Ben Hiba (Conseiller régional Front de Gauche-FASE),
Catherine Bottin-Destom,
Jean Brafman,
Patrick Braouezec (membre honoraire du Parlement),
Jean-Claude Charitat,
Pierre Cours-Salies,
Julien Dioudonnat,
Véronique Dubarry (élue EE-LV),
Mustapha El Hamdani (conseiller municipal Fase 67),
Jean-Marie Fouquer,
Florence Haye,
Yannick Hervé,
Rémy Jean,
Catherine Krcmar,
Pierre Laporte,
Stéphane Lavignotte
Philippe Leclercq
Francis Lecomte
Olaf Lek
Cécile Leroux
Jean-Paul Leroux
Laurent Lévy
Madjid Messaoudène (élu FdG)
Martine Michaudet-Rainaud
Patrice Moingeon
Gilles Monsillon
Jacqueline Rouillon
Patrick Silberstein
Pierre Zarka

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