14 juin 2013

Violences racistes et policières à Argenteuil

par Collectif Contre l'Islamophobie en France

Dans la fin d’après-midi du mardi 11 juin aux environs de 19h près de la Basilique d’Argenteuil, les policiers de cette ville ont procédé au contrôle d'identité d'une femme portant le niqab. Bien qu'elle ait obtempéré, elle a été malmenée avant d’être conduite au poste de police.
















Rassemblement devant l'Hôtel de Ville d'Argenteuil, 14 juin

L’appel à témoin lancé par le CCIF hier a permis de préciser les éléments de cette affaire notamment avec le témoignage direct de la victime.

En effet, celle-ci a indiqué au responsable juridique du CCIF, que l’un des quatre agents de police aurait durci le ton et abusé de ses prérogatives en faisant preuve de zèle en arrachant violemment le sac de la victime et en la collant au mur. La victime assure avoir gardé son sang froid durant toute son interpellation. Cependant, les cris du policier sur la victime en pleurs ont suscité un attroupement et l'intervention d'un jeune demandant qu'on la relâche. Les versions diffèrent quant au nombre d’argenteuillais s’étant arrêtés pour s’enquérir de cette jeune femme (50, 60, 80 ?) révèlent toutes les imprécisions et la confusion médiatique de cette arrestation. Pour notre part, une commerçante, témoin de toute la scène, évoque quarante à cinquante personnes (commerçants, pères et mères de famille, élèves au sortir du collège, jeunes gens...), qui n'étaient pas là pour en découdre mais pour comprendre ce qui se passait, interpellés par cette interpellation musclée.

En aucun cas, il n'a été question de l’illégitimité du contrôle de la victime, elle-même ayant coopéré sans protester depuis le début de son interpellation. Les policiers ont répondu par un gazage massif à la bombe lacrymogène et ont tiré sans discernement au flash-ball pour disperser les gens, qui ont dû se réfugier dans les commerces. Ces agissements ont conduit le maire de la commune à saisir le préfet au motif, selon ses dires, "peut-être que l'usage de la force [par les forces de l'ordre] n'a pas été totalement proportionné".

La jeune femme a, entre-temps, été dirigée dans le fourgon de police par l’un des agents qui lui a lancé : « T’es contente de toi, fallait y réfléchir, c’est ta faute tout ça ». Direction le commissariat, où la victime a subi des invectives et des insultes de la part des agents. Au poste, les policiers sont chaleureusement accueillis par leurs collègues. Après une heure d’attente et d’intimidation, elle est auditionnée et interrogée sur : les raisons du port du niqab, le nombre de fois où elle a lu le Coran, l’Afghanistan.... A 21h, la jeune femme a quitté le commissariat son sac déchiré, un livre abimé et son téléphone brisé.

Ce matin 11h30, trois agents de police sont revenus à la charge en s’invitant au domicile de la victime pour s’assurer de son identité, qu'ils ont en principe contrôlé la veille, et de celle de sa sœur. On l’intimide et on demande à pénétrer chez elle, ce qu’elle refuse. Finalement les agents de police lui demandent de se présenter au commissariat à une heure ultérieure.

Le CCIF assure que tout sera mis en œuvre pour défendre les droits des victimes, nous lançons un appel aux autorités pour que l’enquête soit rapidement menée et que des mesures fortes soient prises pour rétablir la justice dans cette affaire.

Le CCIF appelle chacun des acteurs à un sens aigu des responsabilités et lance un appel à chaque argenteuillais afin de faire preuve de retenue et de sang-froid, qu’il s’agisse des victimes ou de tous les citoyens qui se sentent, inévitablement, indignés par la gravité des faits qui ont été énumérés.

Le CCIF ne souhaite pas que la communauté musulmane soit prise en otage et utilisée comme un instrument dans les manœuvres qui vont émailler la course aux municipales de 2014 à Argenteuil.

Aucun commentaire: