6 décembre 2013

Congrès de fondation de Left Unity en Grande-Bretagne

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J'ai eu l'occasion d'assister, samedi 13 décembre à Londres, en tant qu'observateur pour la Gauche Anticapitaliste, au congrès de fondation d'un nouveau mouvement ou regroupement, composé en grande partie de militant-e-s non-encarté-e-s mais aussi de quelques petites organisations politiques comme Socialist Resistance, Workers Power, l'Anticapitalist Initiative ou l'International Socialist Network (je ne parle pas de quelques autres pour ne pas leur donner de la publicité!). La personnalité la plus connue qui participe au processus est le cinéaste de gauche Ken Loach.

Environ 500 personnes étaient présentes, ce qui constitue un succès important.

Les principaux débats tournaient autour du nom, du profil de l'organisation - doit-elle être explicitement révolutionnaire ou ouverte à des socialistes et anticapitalistes au sens large - et de la place des femmes, des jeunes et des minorités opprimées, sexuelles ou autres. S'il faut saluer le souci des délégué-e-s de s'opposer à toute forme d'oppression et de discrimination au sein de l'organisation, il faut noter que la salle était très largement composée d'hommes de la quarantaine d'années (au moins) et que le nombre de 'non-blancs (ou blanches)' était plus que réduit.

Si les débats sur ces sujets ont occupé une grande partie du temps et soulevé quelques controverses, l'état du mouvement ouvrier, et donc de l'activité de Left Unity sur le terrain des luttes et dans les syndicats, n'a pratiquement pas été abordé. Même la question de l'oppression a été traitée essentiellement du point de vue des relations entre les individus appartenant au mouvement, plutôt que comme un problème systémique qui ne pourra être résolu que par une action politique collective - ce qui est compréhensible pour un congrès de fondation mais qui pourrait poser des problèmes par la suite.

Finalement les délégué-e-s ont choisi le nom de 'Left Unity' (sans 'Party') et une majorité substantielle a voté pour le texte de la 'Left Platform' (tendance créé pour le congrès mais qui s'est immédiatement dissoute) pour laquelle le mouvement doit rester largement ouvert, plutôt que pour celle de la 'Socialist Platform', pour laquelle sans un programme explicitement révolutionnaire, il y aurait un risque que l'organisation sombre dans des compromis avec l'Etat et les partis bourgeois, comme l'ont fait, selon cette tendance, des partis comme Syriza, le Front de Gauche et Die Linke. Deux autres courants, la 'Class Struggle Platform' et la 'Communist Platform', étaient nettement plus minoritaires encore.

Les délégué-e-s ont approuvé, après un débat long et assez fastidieux lors de la séance de l'après-midi, des statuts qui accordent une très large autonomie aux comités locaux - la méfiance envers toute forme de 'centralisme' étant très répandue - et qui imposent un quota d'au moins 50% de femmes dans les instances représentatives. La direction provisoire du mouvement a été reconduite jusqu'au prochain congrès, au printemps 2014.

Enfin, il faut noter que les deux principales organisations de l'extrême gauche britannique, le Socialist Workers Party et le Socialist Party (trotskiste), sont restées à l'écart du regroupement en tant que telles. Ces deux organisations, même affaiblies voire en crise, restent très actives dans le mouvement social et sont bien implantées dans certains syndicats.

Je reproduirai ici des réactions et des textes relatifs à cet événement, si possible en français.

Site internet de Left Unity

Left Unity, c'est parti, par Liam Mc Uaid de Socialist Resistance

Hundreds attend conference to launch a new Left Unity party, dans Socialist Worker




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