23 janvier 2014

Hollande, l'adieu à la gauche ?

"(...) en vingt mois, le gouvernement socialiste a régulièrement été au-devant des revendications du patronat. On notera notamment le vote de budgets amputés dans la droite ligne des méfaits du gouvernement Fillon ; l’abandon des salariés de Florange à leur triste sort ; la soumission de toute ambition économique aux diktats des marchés financiers ; la renonciation à toute réforme fiscale sérieuse ; les vingt milliards de cadeaux aux patrons sans aucune contrepartie via le Crédit  Impôt Compétitivité Emploi (CICE) ; l’Accord National Interprofessionnel qui, avec la complicité de quelques directions syndicales, aggrave considérablement la flexibilité du travail et la précarité des salariés ; l’allongement de la durée de cotisations pour toucher une retraite complète. Et l’on en oublie certainement… Ces rappels sommaires n’épuisent pas le sujet, mais ils permettent de resituer les annonces récentes – notamment le « pacte de responsabilité » avec le MEDEF – dans la démarche générale qui est, depuis le départ, celle de François Hollande et du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. C’est donc plus à une accélération des tendances déjà à l’œuvre qu’a un tournant auquel on a assisté." 

"(...) si l’on voulait dater  le moment où le PS français a commencé à se rapprocher de ses collègues européens, ce serait sans doute ce que l’on a appelé « le tournant de la rigueur ». En 1983, au nom du maintien de la France dans le système monétaire européen (SME), le gouvernement dirigé par Pierre Mauroy va opérer un changement radical de politique économique et mettre en œuvre une politique d’austérité : augmentation des impôts et des tarifs de l’énergie, emprunt forcé, contrôle des changes. Et, surtout, baisse des dépenses publiques et suppression de l’indexation des salaires sur l’augmentation du coût de la vie. Cette dernière mesure aura des conséquences considérables puisqu’elle est l’un des principaux instruments qui permettra au cours des années - et même des décennies - suivantes de modifier la répartition des richesses produites au détriment des salariés et au profit du capital. A l’époque, les dirigeants socialistes  - Lionel Jospin, en premier lieu – tentent accréditer l’idée que la rigueur n’est qu’une « parenthèse ». En réalité, on le sait, la parenthèse ne se refermera jamais…"

François Coustal, pour Gauche Anticapitaliste-Ensemble 

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