25 novembre 2014

L'Ecosse: après l'échec de la campagne pour l'indépendance, montée fulgurante du principal parti pro-indépendance !

Situation politique paradoxale en Ecosse. L'échec du camp pro-indépendance lors du referendum a eu comme effet de booster ... le SNP (parti national écossais), autrement dit la principale force qui a fait campagne pour le 'oui' !

Selon les sondages, le SNP écrasera son principal rival, le parti travailliste écossais, lors des élections législatives britanniques de 2015. Rappelons que les travaillistes se sont opposés à l'indépendance et ont fait bloc avec la droite et le centre lors du referendum.

Plus remarquable encore, non seulement il n'y a pas de rejet des partis politiques, mais toutes les organisations prônant l'indépendance ont vu l'arrivée massive de nouveaux adhérents. Le SNP, qui a choisi une femme, Nicola Sturgeon, pour remplacer son dirigeant démissionnaire, a même vu ses effectifs tripler en quelques semaines (il revendique aujourd'hui plus de 90,000 membres).

Le weekend dernier, le SNP a organisé un rassemblement à Glasgow auquel ont assisté 15,000 personnes.

En même temps, à quelques centaines de mètres du lieu du rassemblement du SNP a eu lieu un grand meeting de la Radical Independence Campaign (RIC), un regroupement qui est soutenu par la gauche radicale pro-indépendance, avec 3,000 personnes.

Dans cette situation, la gauche radicale est traversée par un débat stratégique important.

Pour une partie, la priorité est de soutenir le SNP en 2015, pour appuyer la revendication d'un nouveau referendum. En effet, la présence d'un bloc de pluseurs dizaines de députés nationalistes au parlement britannique risque de rendre difficile la formation d'un gouvernement. Le SNP serait donc en position de force dans toute nouvelle négociation sur l'indépendance ou sur la réforme constitutionnelle promise par le gouvernement actuel.

Pour une autre partie, l'urgence est de former un nouveau parti de la gauche radicale en unifiant les groupes existants. Selon elle, le SNP est un parti réformiste avec des positions souvent bien à gauche du parti travailliste - mais un parti réformiste quand même, avec tout ce que cela comporte comme compromissions et trahisons (sur l'austérité ou l'avenir de la base de sous-marins nucléaires de l'OTAN à Faslane etc). Les milliers de nouveaux adhérents du SNP risquent donc d'être fortement déçus dans les mois et années à venir.

Le succès du meeting de la RIC est un très bon signe, mais il n'y a pas eu de signal fort capable de fédérer les divers groupes de la gauche radicale.

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