26 janvier 2015

Victoire de SYRIZA en Grèce: Et maintenant ?


Myriam Martin: 

L'espoir a gagné!


(...) L'arrivée au pouvoir de Syriza en Grèce, c'est un gros caillou dans les rouages du rouleau-compresseur libéral européen. Cela rend crédible à une large échelle pour tous les peuples d'Europe qu'une alternative politique et économique au libéralisme est possible. 
Il va nous falloir construire un mouvement de solidarité qui exige des dirigeants de l'UE (notamment Merkel et Hollande...) le respect des choix du peuple grec.
Plus que jamais doivent s'exprimer, dès ce soir, cette solidarité avec les Grecs, mais aussi la coopération de toutes les forces politiques de la gauche radicale et de transformation sociale.

Eric Fassin:


(...) Bien sûr, en Grèce comme ailleurs, la gauche peut échouer. Soit qu’elle cède devant les chantages européens, soit, si d’aventure elle refusait de capituler, qu’elle en paie le prix fort. Mais puisque l’avenir de l’Europe se joue désormais à Athènes, c’est à nous qu’il appartient de faire pression, en France et ailleurs, sur ceux qui exercent des pressions contre la volonté populaire des Grecs. Car il ne faut pas laisser tuer l’espoir : la victoire de Syriza, c’est un démenti opposé au mantra de Margaret Thatcher que reprennent à leur compte les dirigeants socialistes convertis à son néolibéralisme : « il n’y a pas d’alternative ». Si, il y a encore une alternative ! Et oui, la gauche peut vivre, elle veut vivre, en Grèce aujourd’hui et en Europe demain !

Stathis Kouvelakis

Grèce: lendemain(s) de victoire

(...) Le nouveau gouvernement, dont la composition n’est pas connue à l’heure où j’écris ces lignes, se trouvera confronté à des difficultés proprement hallucinantes. Les caisses sont vides, plus que prévu, les recettes de l’Etat s’effondrent. Il apparaitra très vite que le financement prévu du « programme de Thessalonique » reposaient sur des estimations largement surévaluées, ou fausses, dont le but était de laisser croire qu’il était réalisable en réorientant (pour moitié) des crédits européens (qui sont fléchés, pour une part déjà attribués et dont le versement dépend de toute façon du bon vouloir de l’UE), et pour l’autre moitié par une meilleure collecte de recettes fiscales, sans réforme de la fiscalité et sans avoir recours à des déficits. L’orientation stratégique du gouvernement par rapport à l’UE reste également floue. Tsipras hier soir a voulu rassuré l’UE et les marchés, il a parlé de « dialogue sincère » et de « solution mutuellement avantageuse ». Le mot « dette » n’a pas été prononcé.

(...) La marge de manoeuvre est donc étroite mais les ambigüités n’ont qu’un temps. La société reste pour l’instant passive, mais les attentes sont très concrètes et très fortes. Une tâche redoutable attend les forces qui sont conscientes des dangers et déterminées à défendre les points clé du programme de rupture avec l’austérité qui est celui de Syriza. Plus que jamais il deviendra clair qu’entre la confrontation et le reniement l’espace est proprement inexistant.

Le moment de vérité est imminent.

Aucun commentaire: