6 septembre 2015

Le Liban: Déclaration commune de plusieurs organisations d'extrême gauche

La déclaration en français ... en anglais

Soutien au mouvement populaire au Liban, contre la répression d'Etat

Ces dernières semaines, des manifestations se sont amplifiées à Beyrouth contre la gestion désastreuse des ordures par le gouvernement, au point d'atteindre une échelle nationale. En cause, une gestion libérale et privatisée du traitement des ordures dont les conséquences écologiques désastreuses touchent en premier lieu les habitants des quartiers et régions les plus pauvres du pays : l'un des premiers lieux touchés a été la petite ville côtière de Na'ameh, (sud de Beyrouth) dont la fermeture du site d'enfouissement pour cause de surcharge et suite aux mobilisations locales, a entraîné un déplacement des ordures jusqu'aux quartiers les plus huppés de la capitale. La solution proposée par le régime est la création d'un nouveau site dans la région pauvre de Akkar, au nord du pays : une tentative de plus de la part des classes dirigeantes de faire porter le poids de leurs échecs aux couches les plus vulnérables de la société.

En vérité, l'affaire de la gestion des ordures est le dernier scandale en date d'un régime en état de crise perpétuelle. Les politiques néolibérales, la privatisation à outrance et la spéculation immobilière font que la précarité socio-économique touche la majorité de la population libanaise. La rhétorique sectaire et confessionnelle omniprésente sert la stratégie du régime qui vise à diviser pour mieux régner, mais menace de faire replonger le pays dans la guerre civile. Les institutions démocratiques de l'État central sont de fait désintégrées, et le pouvoir partagé entre des partis confessionnels censés contenir leurs "bases" respectives afin que les oligarques et les capitalistes proches du régime puissent continuer à piller les ressources du pays.

La radicalité exprimée lors des manifestations ces dernières semaines par les couches sociales les plus pauvres témoigne du ras-le-bol de la population qui ne se taira pas face à la répression de l'Etat qui a déjà fait des centaines de blessés, et à la campagne de diabolisation cherchant à diviser bons et mauvais manifestants. Désormais, la question d'une gestion collective des ordures est devenue un élément catalyseur de la population contre toute solution se basant sur des critères sectaires et confessionnels, un système politique qui, rappelons-le, est le mode de gouvernance hérité du système colonial français. C'est donc en toute logique que les manifestants réclament la fin d'un régime confessionnel et sectaire.

En solidarité avec la campagne "Le peuple veut", à laquelle nos camarades du Forum Socialiste au Liban participent, nous appelons à relayer les demandes exprimées par les manifestants et à soutenir toute initiative de solidarité internationale pour un État laïque démocratique qui consacre la justice sociale, la liberté et l'égalité.

solidaritéS (Suisse)
Nouveau Parti Anticapitaliste (France)
Ligue Communiste Révolutionnaire (Belgique)
Socialist Workets Party (Angleterre)
LCR-SAP (Belgique)
SAP-Grenzeloos (Pays-Bas)
Internationale Socialisten (Pays-Bas)
Vrede vzw ( Belgique)

Ensemble! (France)

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In support of the popular movement in Lebanon, against state repression
Beirut has been the scene of growing demonstrations over the past few weeks in reaction to the government’s disastrous management of waste disposal and treatment; this market-based privatised approach has catastrophic environmental consequences, hitting first and foremost the most impoverished regions of the country.
The closure of the open-air landfill site in Na’ameh following local mobilisations means that tons of rubbish are left on the streets of the country’s major cities. The regime proposed to open another landfill site in the impoverished region of Akkar, another attempt by the ruling classes to make the most vulnerable layers of society bear the brunt of their failures.  
In truth, the waste management affair is the latest scandal of a regime in a state of perpetual crisis. Neoliberal policies, mass privatisations and real estate speculation mean that the majority of the Lebanese population lives in precarious socioeconomic conditions.
The omnipresent religious sectarian rhetoric serves the regime’s divide-and-rule strategy but threatens to plunge the country into another civil war. The democratic institutions of the State are de facto disintegrated, and power is shared among religious sectarian parties supposed to contain “their people” so the looting of the country’s resources by the regime’s oligarchs and capitalists can continue.
The increased radicalisation of the protests by the poorest layers reflects the mass discontent of a population that will not be silenced by State repression, which already wounded hundreds or propaganda campaigns that seek to divide protesters.
The waste management question has become a catalyst for the rejection of religious sectarian-based solutions, a mode of governance inherited from French colonialism. It is therefore normal for protesters to demand the end of the sectarian regime.
In solidarity with “The People Want” campaign, in which our comrades of the Socialist Forum in Lebanon participate, we relay the demands expressed by the protesters for a secular democratic State dedicated to social justice, freedom and equality.
Internationale Socialisten (Netherlands)
Ligue Communiste Révolutionnaire-Socialistische Arbeidersparti (Belgium)
Nouveau parti anticapitaliste (France)
Socialist Workers Party (Britain)
Socialistische Alternatieve Politiek-Grenzeloos (Netherlands)
SolidaritéS (Switzerland)
Socialistische Alternatieve Politiek
Vrede vzw (Belgium)
Ensemble! (France)

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