16 novembre 2015

Après les attentats du 13 novembre, renforcer la solidarité, préserver la démocratie

Vous trouverez en bas de cet article quelques unes des premières réactions aux attaques terroristes qui ont eu lieu le vendredi 13 novembre à Paris et à Saint-Denis et ont eu une suite sanglante de nouveau à Saint-Denis le mercredi 18 novembre. Comme la liste commence à être très longue, et de nombreuses analyses circulent dans les médias, j'arrête la liste là. Mais il y aura beaucoup d'autres choses à dire et à faire dans les semaines et les mois à venir.

Cet article est signé par mon organisation, Ensemble (membre du Front de Gauche)

Déclaration d'Ensemble! Après les attentats, renforcer la solidarité, préserver la démocratie

Plusieurs jours après les attentats du 13 novembre, il est encore difficile de prendre la mesure du choc qui a frappé la société française. Plusieurs milliers de personnes ont eu un-e proche, un-e ami-e, un-e collègue de travail frappé-e par les terroristes. L’ensemble de la population a su faire preuve de solidarité. Les nombreux hommages publics qui ont eu lieu en témoignent. La peur ne doit pas l’emporter. Il faut dans les prochains jours, amplifier les initiatives qui démontrent notre capacité collective à la mobilisation citoyenne, l’expression populaire, à la convivialité et à la solidarité, afin de surmonter cette épreuve.
Des moyens suffisants doivent être mis en œuvre pour arrêter les responsables de ces crimes atroces, protéger les populations et prévenir de nouveaux attentats. Le « pacte de stabilité » qui arrime la France à l’austérité généralisée dans l’Union Européenne ne doit plus être suivi dans cette situation exceptionnelle pour donner place à un « Pacte de solidarité », dégageant les moyens pour renforcer la cohésion sociale, la justice et l’égalité (services publics, collectivités territoriales, prévention, éducation et santé en priorité), et qui ne peut se réduire au seul renforcement des effectifs de personnels de sécurité.
Cela peut et doit se faire dans le cadre de l’État de droit et sans remettre en cause les libertés publiques et la démocratie. Mais la fuite en avant dans l’état d’urgence que François Hollande propose dans son discours au Congrès en le prolongeant pour trois mois est inquiétante. En reprenant les propositions de la droite et de l’extrême droite visant à faciliter les expulsions et la déchéance des binationaux/nales, il stigmatise une partie des citoyen-ne-s françai-se-s, sans répondre au défi auquel nous sommes confronté-e-s.
De même la proposition d’engager dans la précipitation une révision de la Constitution visant à créer un véritable « État d’urgence permanent » constitue une rupture politique dangereuse. Ce n’est pas d’une refondation sécuritaire et autoritaire de la République en cherchant à s’entendre avec la droite dont nous avons besoin, mais au contraire de la refondation d’une République sociale et démocratique, de la construction d’une démocratie plus forte, qui permette réellement à chacun-e de s’impliquer dans les affaires collectives. Nous avons besoin de plus d’égalité, de justice sociale, de libertés. Il faut préserver le droit de se réunir et de manifester notamment pendant la réunion de la COP 21 et dans le cadre de la solidarité avec les migrant-e-s.
Nous devons renforcer l’aspiration à une société ouverte que l'organisation État Islamique veut détruire. Nous refusons tous les amalgames entre Islam et terrorisme. Nous combattons toutes les provocations et les agressions violentes des groupes d’extrême droite. Contrairement à ce que propose Marine Le Pen, qui en fait des boucs-émissaires, il faut poursuivre l’accueil des réfugié-e-s notamment syrien-ne-s, irakien-ne-s, libyen-ne-s… qui ont été victimes, elles et eux aussi, des violences de milices et de groupes armés terroristes tels que l’organisation de État Islamique – et pour les syrien-ne-s, celles du régime de Bachar El Assad.
Alors que l'organisation État Islamique a multiplié ces dernières semaines les attentats en Égypte, au Liban, en Libye, en Turquie, c’est à l’échelle internationale qu’une issue pourra se dessiner. L’organisation de État Islamique est le produit des guerres qui ravagent le Moyen-Orient depuis plusieurs décennies maintenant, et, en particulier, des conséquences de l’intervention américaine en Irak et de la guerre meurtrière menée contre son propre peuple par Bachar El Assad.
De ce point de vue, la nécessité de la lutte contre l’EI ne peut justifier une alliance avec le dictateur syrien comme le réclament de nombreux responsables politiques français. Bachar El Assad depuis trois ans mène une guerre sans pitié contre son peuple qui a fait plus de 200 000 morts. Bien au contraire c’est la solidarité avec le peuple syrien, qui se bat en même temps contre l’ÉI et contre Bachar El Assad, qu’il faut renforcer. Comme il faut soutenir le combat mené par les kurdes, à l’encontre de la politique d’Erdogan. Il y a urgence à construire des initiatives internationales, qui permettent de mettre en échec le projet totalitaire de l'organisation État Islamique, qui imposent un embargo sur le pétrole et les armes qu’il utilise, et qui fassent prévaloir les droits des peuples syriens et irakiens à un régime politique démocratique sous contrôle populaire, et aux droits nationaux du peuple kurde.
C’est la responsabilité des forces de gauche et des forces du mouvement social de contribuer à faire entendre la solidarité entre les peuples contre toutes les barbaries.
Il est nécessaire aujourd’hui d’ouvrir un large débat sur la politique étrangère de la France qui concerne tous les citoyens. La fuite en avant dans une logique de guerre accentuée ne peut permettre de faire émerger des solutions durables. Pas plus que le maintien d’une « bonne entente » avec les dynasties et dictatures du Moyen-Orient.
Aux agressions meurtrières contre la liberté, il faut opposer très vite une mobilisation, à l’échelle nationale comme à l’échelle européenne, pour faire valoir les exigences de la démocratie, de l’égalité des droits et de la justice sociale à la place de l’austérité, une fraternité universelle, un accueil européen des réfugiés, une humanité solidaire.
Nous souhaitons que, dans la rue, dans les jours qui viennent, cela soit exprimé par la plus large convergence possible.
Le 18 novembre 2015.


Socialist Workers Party (SWP-GB): After Paris: no to racism and imperialist wars that breed horror

Ensemble: Contre la peur: la solidarité ! English translation

John Mullen: Paris three days after the attacks: state of emergency, profiteers and confusions

Nouveau Parti Anticapitaliste: Solidarité avec les victimes du terrorisme, non à la guerre et au racisme

Leurs guerres, nos morts: la barbarie impérialiste engendre celle du terrorisme English translation

Solidarity (Australia): Paris tragedy is the bitter fruit of war and racism

Vos guerres, nos morts, par Julien Salingue

Union Départementale, CGT Paris: Plus jamais ça !

ATTAC France: Après les massacres de Paris: épouvante, révolte, action

SolidaritéS (Suisse), A Manca (Corse)

Left Unity (Grande-Bretagne): Statement on the Paris attacks
Déclaration sur les attaques terroristes de Paris
Left Unity condamne les atrocités terribles qui ont frappé Paris la nuit dernière. Elle est en solidarité contre ses attaques effroyables. Nous exprimons nos condoléances les plus profondes aux familles at aux amis de ceux et celles qui ont été tué-e-s si brutalement et à ceux et celles qui souffrent de blessures et de la détresse.
Nous sommes en deuil pour les victimes des atrocités terroristes. A Beyrouth, des douzaines de personnes furent tuées quelques heures avant les tueries de Paris. En Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Libye et ailleurs c’est par des centaines de milliers que nous comptons les victimes. Nous déplorons les conditions de guerre sous lesquelles vivent des populations entières, au Moyen Orient en particulier. Nous rejetons les politiques de nos gouvernements et autres qui ont conduit à la misère et à la souffrance pour des millions d’habitants de la région.
Nous sommes opposés à la continuation ou à l’escalade de l’intervention occidentale et de la guerre au Moyen Orient, soit come réponse aux atrocités de la nuit dernière, soit comme solution aux problèmes de la région. La ‘guerre contre la terreur’ a créé ce cauchemar, après plus d’un siècle de colonialisme qui a nourri la montée des organisations terroristes.
D’autres guerres et interventions ne feront qu’empirer la situation, encourageant le soutien aux organisations terroristes. La guerre n’est pas une réponse. Seule une solution politique négociée peut rétablir la paix dans la région – et une telle solution doit inclure la justice pour le peuple palestinien. L’engagement du président Hollande à mener une ‘guerre impitoyable’ ne peut que conduire à de nouveaux cycles de violence et à de nouvelles tragédies, en Europe et à travers le Moyen Orient. Nous nous opposons à ceux et celles qui en Grande-Bretagne battent les tambours de guerre.
Nous rejetons toute tentative de diviser nos communautés, de souffler sur les braises du racisme et de l’islamophobie, d’instrumentaliser les souffrances du peuple de Paris à des fins politiques. Nous défendons les réfugiés, dont beaucoup fuient la guerre et la violence – et pour certains, qui fuient ceux-là mêmes qui ont infligé cette tragédie à la France. Ni les réfugiés, ni nos propres communautés musulmanes ne peuvent être tenus responsables des actions des terroristes.
Left Unity défend l’idée d’une nouvelle politique étrangère et un nouveau rôle pour la Grande-Bretagne dans le monde. Nous rejetons son passé - et son présent – impérialiste, et son interventionnisme, qu’il soit militaire, politique ou économique. Le chemin long vers la paix ne peut être construit que par le respect, l’égalité et la solidarité entre les peuples.
Left Unity, 14 novembre 2015

MRAP: Face aux attentats, agissons pour un monde plus juste

Un article de fond paru dans International Socialism (traduit ici en français): Daesh et la contre-révolution: pour une analyse marxiste (Anne Alexander)

Roger Martelli, dans le journal Regards: La justice, pas "l'état de guerre"

Jonah Birch sur le site de Jacobin Magazine: Turning Tragedy into War

Richard Boyd Barrett, député irlandais (People Before Profit): Irish government must speak our against further bombing of Syria in response to Paris atrocity

Lutte Ouvrière: Quand la barbarie du monde nous rattrape
(Un bon éditorial qui ne me fait pas oublier que cette organisation a soutenu toutes les lois et exclusions islamophobes, de la Loi de 2004 interdisant les signes religieux à l'école à l'affaire de la crèche Baby Loup.)

Parti Communiste Français:

Face aux attentats, rassemblons-nous pour la liberté, l'égalité, la fraternité, et la paix (Pierre Laurent)

Parti de Gauche: 

Déclaration de Hollande : La reconnaissance d’erreurs et la constitutionnalisation d’un Patriot Act (Danielle Simonnet et Eric Coquerel)

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