3 décembre 2015

Syrie: le parlement britannique vote en faveur de bombardements; Corbyn sous pression

Le vote d'hier au parlement britannique en faveur d'un engagement militaire en Syrie par voie aérienne démontre l'extrême difficulté de la position de Jeremy Corbyn, même si personnellement il s'en sort pas mal, malgré des attaques incessantes dans la presse et de la part de la droite de son propre parti.

Sur les 231 députés travaillistes, 66 ont voté avec le gouvernement de Cameron, qui auparavant avait traité ceux qui s'opposent à l'intervention de "sympathisants des terroristes". 152 ont voté contre, dont évidemment Corbyn lui-même et son bras droit John McDonnell, le chancelier de l'échiquier dans le 'cabinet fantôme'.

Corbyn avait accordé la liberté de vote à "ses" députés, ce que certains considèrent comme une trop grande concession à son aile droite.

Parmi les membres du 'cabinet fantôme', que Corbyn a lui-même nommé (en permettant la participation de certains de ses plus farouches opposants au sein du parti), 11 ont voté pour l'intervention, dont le vice-leader du parti, Tom Watson, et les 'ministres' fantômes de la défense et des affaires étrangères. Ce dernier n'est rien d'autre que Hillary Benn (le fils de Tony qui doit se retourner dans sa tombe), qui ne s'est pas contenté de voter avec la droite (soutenue par la majorité des Lib-Dems, les Unionistes nord-irlandais, le seul député UKIP ...) mais, de sa place située à côté de Corbyn, a fait un discours "remarquable" pendant lequel il a présenté les arguments "moraux" et "internationalistes" pour les bombardements.

Du côté des opposants à l'intervention se trouvaient également le SNP (nationalistes écossais) avec leur gros bloc de députés, Plaid Cymru (nationalistes gallois), le SDLP (parti de la communauté catholique en Irlande du Nord), la seule députée des Verts et une poignée de Lib-Dems et Conservateurs. Plusieurs milliers de personnes manifestaient dehors sous la bannière de la Stop the War Coalition.

Résultat final: 397 pour, 223 contre.

Pas facile, donc, pour Corbyn, qui doit faire face à une opposition interne de plus en plus ouverte et confiante, qui a le soutien de la majorité de la presse. Mais il reste très populaire dans et en dehors de son parti. Pour l'anecdote, un article dans le Daily Mirror, un tabloïde proche du parti travailliste, présente Hillary Benn comme une alternative sérieuse à la direction  du parti, dénigre systématiquement Corbyn (son internationalisme se résumerait à "porter des teeshirts pro-Venezuela") et demande aux lecteurs de voter sur la question "Hillary Benn serait-il le meilleur leader du parti travailliste". Résultat à l'heure où j'écris: 92% disent 'Non'.

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